jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2101257 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | DIALLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires respectivement enregistrés le 2 février 2021 et les 9 janvier et 4 août 2023, Mme B A, représentée par Me Diallo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours administratif formé le 26 août 2020 contre la décision du préfet de l'Essonne du 28 juillet 2020 ayant rejeté sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui octroyer la nationalité française ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de naturalisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle est en capacité de répondre aux questions lui ont été posées au cours de l'entretien d'assimilation du 26 juin 2020, qu'elle vit en France depuis l'année 2007, qu'elle travaille au sein d'écoles françaises, qu'elle adhère aux valeurs de la République française, qu'elle a travaillé pendant la première période de confinement et que son père et ses frères et sœurs sont de nationalité française ;
- l'appréciation de ses connaissances aurait dû, en conformité avec les dispositions de la circulaire du 16 octobre 2012, être réalisée en prenant en compte sa condition et les bonnes réponses qu'elle a apportées, qui sont plus nombreuses que celles auxquelles elle n'a pas su répondre.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 octobre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- sa décision implicite de rejet s'étant substituée à celle du préfet de l'Essonne du 28 juillet 2020, les conclusions dirigées contre cette dernière sont irrecevables ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de la note ministérielle du 15 septembre 2020 est inopérant ;
- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Baufumé a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 28 juillet 2020, le préfet de l'Essonne a rejeté la demande de naturalisation présentée par Mme B A, ressortissante mauritanienne. Saisi d'un recours administratif préalable obligatoire reçu le 26 août 2020, le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté ce recours. Mme A demande l'annulation de cette décision implicite de rejet.
2. En premier lieu, il ressort des écritures en défense du ministre de l'intérieur que, pour rejeter implicitement le recours formé par Mme A contre la décision du préfet de l'Essonne rejetant la demande de naturalisation de la postulante, le ministre s'est fondé sur le même motif que le préfet, à savoir que la requérante ne pouvait être regardée comme justifiant d'un niveau suffisant d'assimilation à la communauté française notamment en raison de sa méconnaissance de l'histoire, de la culture et de la société françaises, ainsi que des droits et des devoirs des citoyens français.
3. Aux termes de l'article 21-24 du code civil : " Nul ne peut être naturalisé s'il ne justifie de son assimilation à la communauté française, notamment par une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue, de l'histoire, de la culture et de la société françaises, dont le niveau et les modalités d'évaluation sont fixés par décret en Conseil d'Etat, et des droits et devoirs conférés par la nationalité française ainsi que par l'adhésion aux principes et aux valeurs essentiels de la République ". Aux termes de l'article 37 du décret susvisé du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, dans sa rédaction applicable au litige : " Pour l'application de l'article 21-24 du code civil : / () 2° Le demandeur doit justifier d'un niveau de connaissance de l'histoire, de la culture et de la société françaises correspondant aux éléments fondamentaux relatifs : / a) Aux grands repères de l'histoire de France : il est attendu que le postulant ait une connaissance élémentaire de la construction historique de la France qui lui permette de connaître et de situer les principaux événements ou personnages auxquels il est fait référence dans la vie sociale ; / b) Aux principes, symboles et institutions de la République : il est attendu du postulant qu'il connaisse les règles de vie en société, notamment en ce qui concerne le respect des lois, des libertés fondamentales, de l'égalité, notamment entre les hommes et les femmes, de la laïcité, ainsi que les principaux éléments de l'organisation politique et administrative de la France au niveau national et territorial () ". Aux termes de l'article 41 du même décret : " Le postulant se présente en personne devant un agent désigné nominativement par l'autorité administrative chargée de recevoir la demande. / Lors d'un entretien individuel, l'agent vérifie que le demandeur possède les connaissances attendues de lui, selon sa condition, sur l'histoire, la culture et la société françaises, telles qu'elles sont définies au 2° de l'article 37. / A l'issue de cet entretien individuel, cet agent établit un compte rendu constatant le degré d'assimilation du postulant à la communauté française ainsi que, selon sa condition, son niveau de connaissance des droits et devoirs conférés par la nationalité française. () ". Enfin, aux termes de l'article 44 de ce même décret dans sa rédaction applicable au litige : " Si le préfet du département de résidence du postulant ou, à Paris, le préfet de police estime, même si la demande est recevable, qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du compte-rendu de l'entretien d'assimilation du 26 juin 2020, qu'en dépit des bonnes réponses qu'elle a pu apporter, la requérante n'a pas été en mesure de définir le principe de laïcité, de citer le nom du ministre de l'intérieur, de donner le numéro de la République française sous laquelle elle vit, le nombre de pays composant l'Union européenne et de départements composant la région Ile-de-France ou encore le nom des habitants de cette région, au sein de laquelle elle vit. Elle n'a non plus été en mesure de citer un devoir du citoyen français, ni de définir la durée obligatoire de la scolarité en France. Dans ces conditions, le ministre a pu rejeter la demande de naturalisation de Mme A pour le motif mentionné au point 2 du présent jugement sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.
5. En deuxième lieu, Mme A ne peut utilement se prévaloir du contenu de la circulaire du 16 octobre 2012, qui ne présente pas de caractère réglementaire et dont les énonciations ne constituent pas des lignes directrices dont l'intéressée pourrait se prévaloir devant le juge.
6. En dernier lieu, la circonstance selon laquelle Mme A serait insérée professionnellement et socialement en France et que son père et ses frères et sœurs seraient de nationalité française est sans incidence sur la légalité de la décision ministérielle attaquée eu égard au motif qui la fonde.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A ainsi que, par conséquent, ses conclusions à fin d'injonction et sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ
La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice
à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026