LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2101303

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2101303

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2101303
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantJORION

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2101303 le 4 février 2021, le 9 juin 2022, le 28 février 2023 et le 21 avril 2023, M. O H, représenté par Me Jorion, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 août 2020 par lequel la maire de Nantes a délivré à la SCCV Nantes Jean XXIII un permis de construire, modifié par les arrêtés du 13 août 2021 et du 27 décembre 2022 portant permis de construire modificatifs, pour la construction, après démolition de l'existant, d'un immeuble collectif de quinze logements et de bureaux, d'une surface de plancher de 1 259,73 m2 , sur les parcelles cadastrées section MW n°480 et 481, au 42, boulevard Jean XXIII, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Nantes une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les arrêtés attaqués du 14 août 2020 et du 27 décembre 2022 sont entachés d'incompétence et ont été pris en méconnaissance de l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme ;

- ils ont été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme et de l'article R. 431-10 de ce code ;

- l'arrêté attaqué du 14 août 2020 est entaché d'une erreur de droit dès lors que les prescriptions spéciales dont il est assorti modifient la nature du projet ;

-l'arrêté attaqué du 27 décembre 2022 a été illégalement délivré dès lors que les modifications qu'il prévoit bouleversent la nature et l'économie du projet de sorte que la présentation d'une nouvelle demande de permis de construire était nécessaire ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article B.2.1 et de l'article B.2.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole (PLUm) communes à toutes les zones, relatives à l'insertion dans l'environnement bâti, aux matériaux et à l'architecture ;

-il méconnaît les dispositions de l'article B.2.2.3 de ce règlement communes à toutes les zones, relatives aux toitures ;

-il méconnaît les dispositions de l'article B.2.4 des dispositions de ce règlement communes à toutes les zones et l'article B. 2.2.1 des dispositions applicables à la zone UMa, relatives aux clôtures ;

-il méconnaît les dispositions de l'article B.4.1 de ce règlement communes à toutes les zones, relatives aux dimensions des places de stationnement pour véhicules et au pré-équipement pour la recharge des véhicules électriques ou hybrides rechargeables ;

-il méconnaît les dispositions des articles B.1.1.1 et B.1.1.4 de ce règlement communes à toutes les zones, relatives à l'implantation par rapport aux voies et emprises publiques ;

- il méconnaît les dispositions de l'article B.1.2.1 de ce règlement applicables à la zone UMa relatives à la hauteur ;

-il méconnaît les dispositions de l'article B.1.1.2 de ce règlement applicables à la zone UMa relatives à l'implantation par rapport aux limites séparatives latérales ;

-il méconnaît l'article C.1.2 des dispositions de ce règlement communes à toutes les zones, relatives aux accès aux parkings.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 juin 2021, le 21 juin 2022 et le 12 avril 2023, la commune de Nantes, représentée par Me Vic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 juin 2021, le 5 avril 2023, le 11 avril 2024 et le 26 juin 2024, la SCCV Nantes Jean XXIII, représentée par Me Leraisnable, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en l'absence de qualité pour agir et d'intérêt à agir du requérant ;

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été présentée en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les conclusions dirigées contre le permis de construire modificatif du 27 décembre 2022 sont irrecevables, dès lors qu'elles ont été présentées par une requête distincte en méconnaissance de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des règles d'implantation par rapport aux voies et emprises publiques est irrecevable, en tant qu'il est soulevé contre le permis de construire modificatif du 27 décembre 2022, qui n'emporte aucune modification sur ce point par rapport au projet autorisé par le permis de construire initial ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une lettre du 29 août 2024, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur l'éventualité qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Par des observations en réponse, enregistrées le 18 septembre 2024, la commune de Nantes conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article B.1.1.4 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain doit être écarté.

Par un mémoire, enregistré le 19 septembre 2024, la société SCCV Nantes Jean XXIII conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'une demande de permis de construire modificatif a été déposée le 17 septembre 2024, qui porte principalement sur l'application des nouvelles dispositions de l'article B.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en zone UMa, la réduction de la largeur des balcons en R+1 et R+3 en façade sud et en R +1 sur la façade nord, la création d'une seconde place de stationnement pour les vélos non standards, et la production d'une attestation du respect de la réglementation environnementale.

II. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2101384 le 7 février 2021, le 30 juillet 2021, le 27 février 2023 et le 13 juin 2023, M. E N et Mme L M, représentés par Me Jean-Meire, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 août 2020 par lequel la maire de Nantes a délivré à la SCCV Nantes Jean XXIII un permis de construire modifié par les arrêtés du 13 août 2021 et du 27 décembre 2022 portant permis de construire modificatifs, pour la construction, après démolition de l'existant, d'un immeuble collectif de 15 logements et de bureaux, d'une surface de plancher de 1 259,73 m2 , sur les parcelles cadastrées section MW n°480 et 481, au 42 boulevard Jean XXIII, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux;

2°) de mettre à la charge de la commune de Nantes une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les arrêtés attaqués sont entachés d'incompétence ;

-le dossier de demande de permis de construire est inexact, en méconnaissance de l'article R. 431-6 du code de l'urbanisme ;

- le dossier de demande de permis de construire modificatif déposé le 18 mai 2022 était incomplet, en méconnaissance de production de l'attestation prévue au j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;

-l'arrêté attaqué du 27 décembre 2022 a été illégalement délivré dès lors que les modifications qu'il prévoit bouleversent la nature et l'économie du projet, de sorte que le dépôt d'une nouvelle demande de permis de construire était nécessaire ;

- le projet méconnaît les dispositions des articles B.2.1, B.2.2 et B.2.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole (PLUm), communes à toutes les zones relatives respectivement à l'insertion dans l'environnement bâti, à la protection du patrimoine, aux matériaux et à l'architecture ;

-il méconnaît les dispositions de l'article B.4.1 de ce règlement communes à toutes les zones, relatives aux dimensions des places de stationnement et au nombre de places de stationnement des vélos non standards ;

-il méconnaît les dispositions de l'article B.1.2.2 de ce règlement applicable à la zone UMa relatives à la résersibilité en cas de changement de destination ;

- il est incompatible avec les éléments graphiques de l'orientation d'aménagement et de programmation sectorielle Route de Vannes ;

-il méconnaît les dispositions des articles B.1.1.1 et B.1.1.4 des dispositions de ce règlement communes à toutes les zones, relatives à l'implantation par rapport aux voies et emprises publiques.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 juin 2021, le 8 novembre 2021 et le 12 avril 2023, la commune de Nantes, représentée par Me Vic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 juin 2021, le 5 avril 2023, le 19 avril 2023 et le 26 juin 2024, la SCCV Nantes Jean XXIII, représentée par Me Leraisnable, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en l'absence de qualité pour agir et d'intérêt à agir des requérants ;

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été présentée en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les conclusions dirigées contre le permis de construire modificatif du 27 décembre 2022 sont irrecevables, dès lors qu'elles ont été présentées par une requête distincte, en méconnaissance de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des articles B.1.1.1 et B.1.1.4 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole, soulevé contre le permis de construire modificatif du 27 décembre 2022, est irrecevable dès lors que cet arrêté ne modifie pas par rapport au projet initial l'implantation de la construction par rapport à la voie publique ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par une lettre du 29 août 2024, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur l'éventualité qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Par une lettre du 3 septembre 2024, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur l'éventualité qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Par des observations en réponse, enregistrées le 18 septembre 2024, la commune de Nantes conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article B.1.1.4 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain doit être écarté.

Par un mémoire, enregistré le 19 septembre 2024, la société SCCV Nantes Jean XXIII conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'une demande de permis de construire modificatif a été déposée le 17 septembre 2024, qui porte principalement sur l'application des nouvelles dispositions de l'article B.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en zone UMa, la réduction de la largeur des balcons en R+1 et R+3 en façade sud et en R +1 sur la façade nord, la création d'une seconde place de stationnement pour les vélos non standards, et la production d'une attestation du respect de la réglementation environnementale.

III. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2101226 le 2 février 2021, et le 20 novembre 2023, M. B A J et Mme D A J, représentés par Me Cheneval, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 août 2020 par lequel la maire de Nantes a délivré à la SCCV Nantes Jean XXIII un permis de construire modifié par les arrêtés du 13 août 2021 et du 27 décembre 2022 portant permis de construire modificatifs, pour la construction, après démolition de l'existant, d'un immeuble collectif de quinze logements et de bureaux, d'une surface de plancher de 1 259,73 m2 , sur les parcelles cadastrées section MW n°480 et 481, au 42, boulevard Jean XXIII, ensemble la décision du 15 décembre 2020 portant rejet de leur recours gracieux;

2°) de mettre à la charge de la commune de Nantes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les arrêtés attaqués du 14 août 2020 et du 27 décembre 2022 sont entachés d'incompétence ;

- ils ont été pris en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-6 et R. 431-9 du code de l'urbanisme ;

- les arrêtés attaqués méconnaissent l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ainsi que les dispositions de l'article B.2.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole (PLUm) ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article B.1.1.2 du règlement du PLUm applicables à la zone UMa, relatives à l'implantation des constructions en peigne, et, à supposer que le bâtiment projeté soit une construction sur rue, le projet méconnaît les dispositions de l'article B.1.2.1 de ce règlement relatives au retrait par rapport aux limites latérales séparatives et de fond de parcelle ;

- le nombre de place de stationnement est insuffisant au regard de la norme plancher de stationnement fixée pour les immeubles collectifs par les documents du PLUm.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 juin 2021 et le 4 mars 2024, la commune de Nantes, représentée par Me Vic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 juin 2021 et le 26 juin 2024, la SCCV Nantes Jean XXIII, représentée par Me Leraisnable, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir des requérants ;

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été présentée en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par une lettre du 29 août 2024, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur l'éventualité qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Par des observations en réponse, enregistrées le 18 septembre 2024, la commune de Nantes conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le règlement du plan local d'urbanisme métropolitaine, dans sa version résultant de la modification simplifiée n° 3 approuvée le 15 décembre 2023, a supprimé, à son article B.1.1.2 applicable à la zone UMa, toute règle relative à l'implantation par rapport aux limites latérales des constructions en peigne.

Par des observations, enregistrées le 19 septembre 2024, la société SCCV Nantes Jean XXIII conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'une demande de permis de construire modificatif a été déposée le 17 septembre 2024, qui porte principalement sur l'application des nouvelles dispositions de l'article B.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en zone UMa, la réduction de la largeur des balcons en R+1 et R+3 en façade sud et en R +1 sur la façade nord, la création d'une seconde place de stationnement pour les vélos non standards, la production d'une attestation du respect de la réglementation environnementale.

Par des observations, enregistrées le 29 septembre 2024, les requérants concluent aux mêmes fins par les mêmes moyens.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,

- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,

- les observations de Me Lebargy, substituant Me Cheneval, avocat de M. et Mme A J,

- les observations de Me Jean-Meire, avocat de M. N et Mme M,

- les observations de Me Vic, avocat de la commune de Nantes,

- et les observations de Me Leraisnable, avocat de la SCCV Nantes Jean XXIII.

Une note en délibéré, produite pour M. N et Mme M, a été enregistrée le 1er octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 13 août 2020, la maire de Nantes a délivré à la SCCV Nantes Jean XXIII un permis de construire l'autorisant, après démolition de constructions existantes, à édifier un immeuble de bureaux, d'une surface de plancher totale de 1 381 m2, sur les parcelles cadastrées section MW nos 480 et 481, d'une superficie de 699 m2, situées au 42, boulevard Jean XXIII, classées dans le secteur UMa de la zone urbaine UM du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole (PLUm). Par un arrêté du 13 août 2021, la maire de Nantes a délivré un permis de construire modificatif portant sur l'équipement du parking souterrain en dispositifs pour la recharge des véhicules et vélos électriques. Par un arrêté du 27 décembre 2022, la maire de Nantes a délivré un permis de construire modificatif portant, notamment, sur un changement de destination partiel du bâtiment, dont le rez-de-chaussée reste affecté à la destination de bureaux et les étages à la création de quinze logements collectifs, sur une diminution de la surface de plancher créée de 121,27 m2, la création et la modification de balcons, de terrasses accessibles et d'ouvertures, la suppression des escaliers de secours, ainsi que sur le réaménagement du sous-sol et de l'entrée du bâtiment. M. et Mme A J, M. N et Mme M, et M. H doivent être regardés comme demandant au tribunal l'annulation de l'arrêté du 13 août 2020, modifié par les arrêtés du 14 août 2021 et du 27 décembre 2022 portant permis de construire modificatifs, ainsi que des décisions de rejet de leur recours gracieux.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2101303, 2101384 et 2101226 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision.

Sur les fins de non-recevoir opposées par la SCCV Nantes Jean XXIII :

3. Aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. (). ". Par des actes notariés authentiques, ainsi que par des avis de taxe foncière, M. H, M. N et Mme M justifient être propriétaires de maisons d'habitation sur les parcelles cadastrées respectivement section MX nos 724 et 771, depuis 2016 et 2015, à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet, et aucun élément au dossier ne vient remettre en cause leur qualité de propriétaires à la date d'affichage en mairie de la demande de permis de construire de la société pétitionnaire. La fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de ce que les requérants ne seraient plus propriétaires des biens leur conférant une qualité leur donnant intérêt à agir, doit ainsi être écartée.

4. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient ensuite au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir, lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

6. M. H est propriétaire d'une maison d'habitation sur une parcelle contigüe au terrain d'assiette du projet, dont il est le voisin immédiat. M. et Mme A J sont propriétaires d'une maison d'habitation située sur la parcelle cadastrée section MW n°772, au 34 boulevard Jean XXIII, située à moins de trente mètres de ce terrain d'assiette. M. N et Mme M sont propriétaires occupants d'une maison d'habitation située sur la parcelle cadastrée MW n°771, voisins immédiats de M. et Mme A J. Compte tenu de la nature et des caractéristiques de la construction autorisée, comprenant notamment quinze logements en R+3+attique, et d'une hauteur de plus de quinze mètres, qui sera visible depuis les propriétés des requérants, et offrira des vues sur ces propriétés, en particulier depuis les terrasses accessibles des étages, les arrêtés attaqués sont susceptibles d'affecter directement les conditions de jouissance des biens des requérants, qui justifient ainsi de leur intérêt à agir.

7. M. H, M. N et Mme M, ainsi que M. et Mme A J justifient de l'accomplissement des formalités de notification imposées par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, par la production de copies des accusés de réception par la société pétitionnaire des lettres de notification de leurs recours gracieux et de leurs requêtes. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance des formalités de notification opposée en défense doit être écartée.

8. Aux termes de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance ". Il résulte de ces dispositions que les parties à une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, initialement obtenu sont recevables à contester la légalité d'un permis de construire modificatif, intervenu au cours de cette instance, lorsqu'elle leur a été communiquée, tant que le juge n'a pas statué au fond, sans condition de forme ni de délai. Si cette contestation prend la forme d'un recours pour excès de pouvoir présenté devant la juridiction saisie de la décision initiale ou qui lui est transmis en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, elle doit être regardée comme un mémoire produit dans l'instance en cours. La circonstance qu'elle ait été enregistrée comme une requête distincte est toutefois sans incidence sur la régularité du jugement ou de l'arrêt attaqué, dès lors qu'elle a été jointe à l'instance en cours pour y statuer par une même décision.

9. Le permis de construire modificatif délivré le 27 décembre 2022 a été communiqué aux parties aux instances en cours relatives au permis de construire initial du 14 août 2020. Les requêtes distinctes présentées par M. H, M. N et Mme M dirigées contre ce permis de construire modificatif ont été radiées par des ordonnances en date du 23 juin 2024, et l'ensemble des productions présentées par les parties a été versé aux dossiers des requêtes enregistrées sous les numéros 2101303 et 2101384. Par suite, la société pétitionnaire n'est pas fondée à soutenir que les conclusions de M. H et de M. N et Mme M, dirigées contre l'arrêté du 14 août 2020 modifié par les arrêtés du 13 août 2021 et du 27 décembre 2022 portant permis de construire modificatifs, seraient irrecevables, au motif qu'elles méconnaîtraient les dispositions de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme.

10. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de M. H, de M. N et Mme M, et de M. et Mme A J sont recevables.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la régularité des arrêtés attaqués :

11. Aux termes du dernier alinéa de l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme : " L'arrêté mentionne, en caractères lisibles, le prénom, le nom et la qualité de son signataire ". Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 14 août 2020 mentionne, en caractères lisibles, le prénom ainsi que le nom de son signataire. Il vise en outre l'arrêté de délégation dont il disposait et fait état de la qualité d'adjoint au maire de ce dernier. Dans ces conditions, et alors, au demeurant, que l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme n'imposait nullement que soit précisé le rang d'adjoint du signataire de cet arrêté, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent ne peut qu'être écarté.

12. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté de la maire de Nantes du 20 juillet 2020, dont les mentions attestent du caractère exécutoire, M. G I a reçu délégation de fonction et de signature pour la période du 10 au 16 août 2020 inclus, à l'effet en particulier de signer tous arrêtés, courriers, décisions, actes, mesures, documents, contrats, conventions et avenants en matière d'urbanisme. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, cette délégation ne constitue pas une subdélégation de signature. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 14 août 2020 doit être écarté.

13. Par un arrêté du 19 décembre 2022, dont les mentions attestent également du caractère exécutoire, Mme F K a reçu délégation de fonction et de signature afin de remplacer temporairement M. C pour la période comprise entre le 26 et le 30 décembre 2024. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté du 27 décembre 2024 doit être écarté.

En ce qui concerne la complétude des dossiers de demande de permis de construire :

14. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ".

15. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu ".

16. L'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dispose également que : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

17. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

18. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire délivré le 14 août 2020 comportait l'ensemble des pièces énumérées par les dispositions précitées des articles R. 431-8 à R. 431-10 du code de l'urbanisme. Contrairement à ce que soutient M. H, l'architecte des Bâtiments de France, saisi pour avis, n'a pas considéré incomplet le dossier de demande de permis de construire. En particulier, la lecture combinée de l'ensemble des documents produits par la société pétitionnaire, notamment les photographies de l'environnement proche et lointain, permet d'apprécier de façon suffisante les caractéristiques du projet, notamment sa hauteur, son impact visuel et son insertion dans son environnement urbain, mettant ainsi à même l'autorité compétente de se prononcer valablement sur la conformité du projet aux règles d'urbanisme. Si M. et Mme A J font valoir que les cotations portées sur les plans produits ne correspondent pas à l'échelle qui y est mentionnée et que le plan des niveaux n'est pas coté, ces circonstances, alors que le plan de masse est coté en ses trois dimensions, ne sont pas de nature, en l'espèce, à avoir induit en erreur les services instructeurs. Il en résulte que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté du 14 août 2020 serait intervenu en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme.

19. Il ressort en outre des pièces du dossier que la demande de permis de construire modificatif présentée par la société pétitionnaire le 18 mai 2022 comporte une notice qui présente de façon suffisante les modifications sollicitées, ainsi que de nouveaux plans de masse, de coupe, de façade, de toiture et des documents graphiques d'insertion du projet dans son environnement, qui identifient et localisent les modifications en cause, notamment la création de balcons et terrasses accessibles. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. H, le dossier de demande de permis de construire modificatif comporte tous les éléments utiles, au regard des exigences des dispositions des articles R. 431-8 à R. 431-10 du code de l'urbanisme, pour permettre à l'autorité administrative d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement, les matériaux employés, et les modifications apportées. Le moyen tiré du caractère insuffisant du dossier de demande de permis de construire doit ainsi être écarté.

20. Le dossier de permis de construire comporte un plan de masse des constructions à démolir qui sont également décrites dans la notice et qui font l'objet de photographies attestant de la présence d'une devanture commerciale. Si le formulaire Cerfa qui mentionne la suppression d'une surface totale de 300 m2 ne distingue pas celle qui était à destination d'habitation de celle qui correspondrait à cette activité commerciale, il ne ressort pas pour autant des pièces du dossier que la surface de plancher totale des constructions à démolir serait erronée. Dans ces conditions, l'autorité compétente, qui n'a pas été induite en erreur, a disposé en l'espèce de l'ensemble des informations pertinentes pour se prononcer valablement. En outre, la circonstance, en l'espèce non établie, que cette surface commerciale aurait été créée sans les autorisations d'urbanisme requises est sans influence sur la complétude du dossier de permis de construire en litige, dès lors que le projet en prévoit en tout état de cause la démolition. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme doit être écarté.

21. Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, d'une part dans sa rédaction issue du décret n° 2021-1548 du 30 novembre 2021, entré en vigueur le 1er janvier 2022, et, d'autre part dans sa rédaction issue du décret n° 2022-422 du 25 mars 2022 applicable aux demandes d'autorisation déposées à compter du 27 mars 2022 : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () j) L'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation et, pour les projets soumis aux dispositions de l'article R. 122-2-1 du même code, l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie réalisée en application de l'article R. 122-24-2 de ce code, ou, lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées aux articles R. 172-11 et R. 172-12 de ce code, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 122-22 de ce code, et pour les projets concernés par l'article R. 122-2 ou l'article R. 122-3 du même code, la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnements en énergie, en application de l'article R. 122-23 dudit code ; () ".

22. Le dossier de demande de permis de construire initial déposé le 10 mars 2020 comprend un " formulaire d'attestation de la prise en compte de la réglementation thermique, et pour les bâtiments de plus de 1 000 m2, de la réalisation de l'étude de faisabilité ". Toutefois, la demande de permis de construire modificatif déposée le 18 mai 2022, prévoyant la construction de quinze logements collectifs, devait comporter, dès lors que cette construction était soumise, à l'inverse du bâtiment de bureaux faisant l'objet du permis de construire initial, aux exigences de performance énergétique et environnementale, dite " RE 2020 ", un document établi par le maître d'ouvrage attestant de la prise en compte de ces exigences, au titre du j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme applicable. L'absence de production de tout élément sur ce point au dossier de demande de permis de construire modificatif est ainsi de nature à avoir faussé l'appréciation portée par l'autorité administrative compétente, qui n'a pas été mise à même de pouvoir vérifier la conformité du projet modifié à la réglementation applicable en matière de performance énergétique et environnementale, quand bien même cette dernière n'a pas adressé à la société pétitionnaire de demande de compléments d'information. Par suite, M. N et Mme M sont fondés à soutenir que le dossier de demande de permis de construire modificatif était incomplet au regard des dispositions du j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne les prescriptions dont est assorti l'arrêté du 14 août 2020 :

23. Aux termes de l'arrêté attaqué du 14 août 2020, le permis de construire délivré est assorti de prescriptions spéciales, relatives à la réalisation d'un dispositif de gestion des eaux pluviales, à la réduction de la largeur de balcons au niveaux R+2 et R+3, à l'installation de garde-corps amovibles pour l'entretien des terrasses, à la dissimulation des édicules techniques, à la signalétique du parking et à l'espace d'attente des véhicules, ainsi que diverses prescriptions techniques reprenant notamment l'avis du service départemental d'incendie et de secours. Contrairement à ce que soutient M. H, ces prescriptions, y compris celles de l'architecte des Bâtiments de France, ne sont pas de nature à remettre en cause la nature du projet et par suite n'étaient pas de nature à imposer à la société pétitionnaire la présentation d'une nouvelle demande de permis de construire.

En ce qui concerne le permis de construire modificatif du 27 décembre 2022 :

24. L'autorité compétente, saisie d'une demande en ce sens, peut délivrer au titulaire d'un permis de construire en cours de validité un permis modificatif, tant que la construction que ce permis autorise n'est pas achevée, dès lors que les modifications envisagées n'apportent pas à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

25. M. H, M. N et Mme M ne peuvent utilement à soutenir que l'arrêté du 27 décembre 2022 devrait être regardé non comme un permis de construire modificatif, mais comme un nouveau permis de construire que l'autorité compétente aurait été tenue de refuser pour ce seul motif, dès lors que cette qualification n'a, par elle-même et à elle seule, aucun effet juridique sur la légalité de l'autorisation d'occupation du sol délivrée. En tout état de cause, si la demande de permis de construire modificatif présentée le 18 mai 2022 par la société SCCV Nantes Jean XXIII porte notamment sur un changement de destination partiel du bâtiment, avec la création de quinze logements collectifs pour une surface de plancher créée de 970,69 m2, ces modifications n'apportent pas pour autant au projet autorisé par l'arrêté du 14 août 2020 des bouleversements tels qu'ils en changeraient la nature même. Par suite, l'arrêté du 27 décembre 2022 doit être regardé comme un permis de construire modificatif modifiant l'arrêté du 14 août 2020 portant permis de construire initial.

En ce qui concerne la conformité aux dispositions du plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm) de Nantes Métropole :

S'agissant de l'insertion du projet dans son environnement :

26. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

27. Aux termes de l'article B.2.1 des dispositions du règlement du PLUm communes à toutes les zones reprenant pour partie les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, et dont il y a lieu de faire application en l'espèce : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son architecture, ses dimensions ou son aspect extérieur est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux environnants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / Le principe ci-dessus défini ne doit pas pour autant aboutir à un mimétisme architectural pouvant être qualifié esthétiquement de pastiche. L'architecture contemporaine peut ainsi prendre place dans l'histoire des différentes architectures de la Métropole et notamment dans les centralités tout en recherchant une harmonie de volumétrie avec les constructions voisines si elles présentent un intérêt architectural, historique ou urbain ".

28. L'article B.2.2 des dispositions du règlement du PLUm applicables au patrimoine dispose notamment que : " Les constructions nouvelles doivent s'inscrire de manière harmonieuse dans leur environnement patrimonial en tenant compte des particularités morphologiques et typologiques marquantes des constructions avoisinantes identifiées en tant que patrimoine protégé, notamment : / - L'implantation ; / - Les gabarits et rythmes ; / - La largeur des parcelles en façade sur voie ; - La volumétrie des toitures et lignes d'orientation des faîtages ; / - Les éléments de façades (modénatures, ouvertures, menuiseries, éléments en saillie, etc.) ; / - Les matériaux et ornements ; L'emploi du PVC ou matériaux assimilé est interdit. Plus spécifiquement, au sein d'une séquence urbaine, les constructions nouvelles doivent reprendre les caractéristiques patrimoniales qui la caractérisent ".

29. Enfin, aux termes de l'article B.2.2.2 des dispositions du règlement du PLUm communes à toutes les zones, relatif au choix des matériaux et à l'architecture : " Dans l'objectif d'assurer l'insertion des constructions dans leur environnement de manière pérenne et qualitative, le choix des matériaux, y compris les dispositifs de végétalisation des façades ou des toitures, doit garantir un aspect satisfaisant des lieux. / L'architecture contemporaine qui réinterprète la mise en œuvre et les matériaux locaux est admise ".

30. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance de ces dispositions, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

31. Il ressort des pièces du dossier que le secteur classé en zone UMa, dans lequel s'insère le terrain d'assiette du projet, est caractérisé par la présence de maisons de faible hauteur mais également d'immeubles de construction relativement récente et d'architecture contemporaine. En dépit de la proximité de l'église Sainte-Thérèse et de séquences urbaines de maisons individuelles mitoyennes, il ne présente pas, quant à son histoire et sa morphologie urbaine caractérisée par un bâti et des matériaux disparates, un intérêt architectural ou paysager particulièrement notable.

32. Le terrain d'assiette du projet est bordé, en limite est, d'un immeuble en R+4+C et, en limite sud, d'une maison individuelle en R+1. Il ressort de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France que la construction projetée ne présente pas de covisibilité avec l'église Sainte-Thérèse. Si le projet entraîne de facto une densification du terrain d'assiette du projet le long du boulevard Jean XXIII, dans une zone urbaine déjà densément construite, cette circonstance n'est pas à elle-seule de nature à caractériser une atteinte aux lieux environnants. La construction projetée est d'architecture sobre et contemporaine, constituée de deux volumes imbriqués, l'un recouvert d'un parement en briques sombres, et le second, en retrait, étant prévu en enduit blanc. La volumétrie du projet, qui présente de nombreux plans, décrochements et balcons, qui préviennent l'effet visuel de masse et de hauteur depuis la voie publique, comme les matériaux employés et leurs couleurs, présents sur des constructions avoisinantes, permettent, eu égard aux documents graphiques d'insertion produits, une intégration harmonieuse dans le tissu urbain environnant. Si M. et Mme A J soutiennent que le projet de construction est situé en face " d'une séquence urbaine de type 2 ", définie par les dispositions du règlement du plan comme un ensemble urbain qui " forme une ambiance urbaine de qualité ", et à proximité d'éléments identifiés par les documents du PLUm de petit patrimoine bâti de la ville de Nantes, l'atteinte alléguée à ces éléments patrimoniaux n'est pas établie. Dès lors et compte tenu de l'ensemble de ces éléments, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées, comme en tout état de cause de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, doivent être écartés.

S'agissant des clôtures :

33. Aux termes de l'article B.2.2.1 du règlement du PLUm applicable à la zone UMa relatif aux clôtures en limite d'emprise publique : " () Lorsque le projet de clôture prévoit une partie pleine, celle-ci ne peut excéder 0,6 mètre ; elle pourra être surmontée de dispositifs ajourés et/ ou végétalisés ". Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans de coupe et de façade que le muret de clôture implanté à l'alignement du boulevard Jean XXIII n'excède pas 0,6 mètre. Par suite, le moyen tiré des dispositions précitées de l'article B.2.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

34. Aux termes de l'article B.2.4 des dispositions communes du règlement du PLUm : " B.2.4 Clôtures / B.2.4.1 Dispositions générales / 1. Objectifs généraux () / Dès lors que le terrain est bordé en totalité ou en partie de murs en pierre, ces murs doivent être, dans la mesure du possible, conservés et le cas échéant restaurés et /ou prolongés ".

35. Les dispositions précitées de l'article B.2.4 n'interdisent pas toute démolition de mur de clôture en pierres mais prévoient seulement leur conservation " dans la mesure du possible ". Il ressort, en tout état de cause, des pièces du dossier que la démolition partielle du muret revêtu d'un parement en pierres bordant le long du boulevard Jean XXIII la parcelle cadastrée section MW n°481, est rendue nécessaire par la réalisation d'un accès pour les piétons et véhicules, ainsi que d'une aire de présentation des déchets. Ainsi, compte tenu de la configuration du terrain, des caractéristiques du projet et du caractère limité de la démolition, comme des caractéristiques techniques du muret en cause, qui n'est pas identifié dans le règlement du PLUm au titre des qualités urbaines et paysagères, et compte tenu, par ailleurs, de la conservation, hors la seule zone d'emprise du nouveau bâtiment, du mur en pierres en limite séparative sud-est du terrain d'assiette du projet, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées des articles B.2.4 du règlement de ce plan doit être écarté.

36. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la végétation implantée en bordure de voie empiéterait sur l'espace public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article B.2.4 du règlement du PLUm doit être écarté.

S'agissant des toitures :

37. Aux termes de l'article B.2.2.3 des dispositions communes du règlement du PLUm : " Qu'il s'agisse de toiture à pente(s) ou de toiture-terrasse accessible ou inaccessible, l'intégration d'accessoires techniques (édicules d'ascenseur, extracteurs, caissons de climatisation, garde-corps, capteurs d'énergie solaire, antennes) doit être recherchée de façon à en limiter l'impact visuel ".

38. Le permis de construire du 14 août 2020 est assorti d'une prescription reprenant les termes de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France imposant à la société pétitionnaire le traitement des " émergences techniques mises en place sur la toiture de l'immeuble (gaines de climatisation et édicule d'ascenseur) () de manière à ne pas être visibles de l'espace public ". Un permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, la seule circonstance que cette prescription pourrait ne pas être respectée lors de l'exécution des travaux, alors que la société pétitionnaire est tenue à une obligation de résultat, n'est pas, par elle-même, de nature à affecter la légalité de cette autorisation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article B.2.2.3 du règlement du PLUm doit être écarté.

S'agissant du stationnement et du parking souterrain :

39. Il ressort des documents graphiques du règlement du PLUm que la norme plancher applicable sur le terrain d'assiette du projet, pour les logements collectifs, est de 0,8 place par logement, la norme prévue pour les bureaux ne constituant qu'un plafond. Le projet prévoyant dans son dernier état la réalisation de douze places de stationnement pour quinze logements, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le nombre de places de stationnement serait insuffisant.

40. Aux termes de l'article B.4.1 des dispositions du règlement du PLUm communes à toutes les zones : " Les places [de stationnement] créées doivent respecter les dimensions minimales suivantes : longueur : 5 mètres / Largeur : 2,30 mètres augmentée de 0,20 mètre par obstacle jouxtant la place (mur, poteau) ".

41. M. H, M. N et Mme M ne peuvent utilement se prévaloir du sous-dimensionnement de certaines places de stationnement dans l'état initial du projet autorisé par l'arrêté du 14 août 2020, compte tenu des modifications apportées sur ce point par l'arrêté du 27 décembre 2022 portant permis de construire modificatif. Il ressort des pièces du dossier qu'au sous-sol de la construction envisagée, telle qu'autorisée par cet arrêté, la largeur de l'ensemble des douze places de stationnement en sous-sol répond aux dispositions précitées de l'article B.4.1. Par suite, le moyen tiré de leur méconnaissance doit être écarté.

42. La notice architecturale du projet, dans son dernier état tel qu'autorisé par l'arrêté du 27 décembre 2022, mentionne le pré-équipement pour la recharge des vélos électriques, des véhicules électriques et des véhicules hybrides rechargeables, conformément aux termes des articles B.4.1 des dispositions générales du règlement du PLUm. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.

43. Aux termes des dispositions de l'article B.4.2 des dispositions du règlement du PLUm communes à toutes les zones : " Norme de stationnement plancher applicable à la sous-destination logement pour le logement collectif uniquement Pour les constructions situées à l'intérieur du périphérique, il est exigé : / Une place de stationnement vélo par logement pour les logements dont la surface de plancher est inférieure ou égale à 50 m2 ; / Deux places de stationnement vélo par logement, pour les logements dont la surface de plancher est supérieure à 50 m2. () Norme de stationnement plancher applicable à la sous-destination Bureau : / Dans les secteurs où la norme de stationnement pour les véhicules à moteur est de 1 place de stationnement pour 120 m2 de surface de plancher (cf. plan n° 4-2-5-2), il est exigé une place de stationnement vélo par tranche de 45 m2 de surface de plancher. En dehors de ces secteurs il est exigé une place par tranche de 75 m2 de surface de plancher. () Dans les cas où une norme de stationnement pour les vélos est définie, des espaces de stationnement libres de tout mobilier au sol permettant le stationnement des vélos non standards (vélos cargos ou assimilés) doivent également être réalisés à hauteur d'une place par tranche de 20 places de stationnement réservées aux vélos ".

44. Il résulte de ces dispositions que le projet litigieux, qui inclut six logements d'une surface de plancher inférieure à 50 m² et neuf logements d'une surface de plancher supérieure à 50 m², et d'une surface de plancher de 289,04 m² à destination de bureaux. Il ressort du plan 4-2-5-2 annexé au règlement du PLUm que le projet se situe en dehors du secteur où la norme de stationnement plafond pour les véhicules à moteur est de 1 place de stationnement pour 120 m2 de surface de plancher, de sorte que s'agissant des espaces de bureaux, une seule place de stationnement vélo est exigée par tranche de 75 m2. Par suite, le projet doit comprendre 24 stationnements pour les vélos dédiés au logement et quatre places de stationnement vélos dédiées aux espaces de bureaux, soit un total de 28 places de stationnement pour les vélos, et, par conséquent, un seul emplacement pour vélo non-standard, dès lors que seule une tranche de 20 places de stationnement réservées aux vélos non-standards est exigée et que les dispositions en cause ne font pas état de " tranche entamée ". Les plans du sous-sol et du rez-de-chaussée de la construction projetée font état de ces 28 places de stationnement au total et, au sous-sol, de cette place de stationnement pour vélo non-standard. Par suite, M. N et Mme M ne sont pas fondés à soutenir que les normes de stationnement pour les vélos et les vélos non-standards ne seraient pas respectées.

45. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse du dernier état du projet tel qu'autorisé par le permis de construire modificatif du 27 décembre 2022, que la pente de la rampe d'accès au parking est de 5% sur une profondeur de quatre mètres. Par suite, elle satisfait aux prescriptions de l'article C.1.2. du règlement du PLUm. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit par suite être écarté.

S'agissant du coefficient de biotope par surface :

46. Aux termes de l'article B.3.1 du règlement du PLUm applicable à la zone UMa : " tout projet de construction neuve et d'extension doit intégrer des surfaces éco-aménagées permettant d'atteindre un CBS de 0,4 ". L'article B.3.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm comprend un tableau détaillant le type de surface perméable et le coefficient de pondération associé. Enfin, le lexique du PLUm définit la notion de " pleine terre " comme suit : " Un espace non construit peut être qualifié de " pleine terre " si les conditions suivantes sont cumulativement réunies : / - Son revêtement est perméable ; / - Son sous-sol est libre de toute construction, installation et équipement sur une profondeur de 10 mètres à compter de sa surface, à l'exclusion du passage de réseaux ; / - Il doit recevoir des plantations ".

47. Il ressort des pièces du dossier que le projet comprend 290 m2 de surfaces éco-aménagées, correspondant à 100 m2 de surface de type 8, affectée d'un coefficient de pondération de 0,5, correspondant à des terrasses revêtues des dalles plantées de terres végétales sur une hauteur d'au moins 15 cm, et à 240 m2 de surface de pleine terre, affectée d'un coefficient de pondération de 1, de sorte que le coefficient de biotope par surface du projet est supérieur à 0,4. D'une part, les requérants font valoir que ces dalles plantées ne sauraient être prises en compte comme des surfaces éco-aménagées de type 8, dès lors qu'elles ne seraient pas réalisables lors de l'exécution des travaux, au motif qu'aucun système permettant leur drainage n'apparaît sur les plans. Toutefois, alors qu'un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire et qu'aucune disposition n'impose la mention au dossier de permis de construire des modalités techniques du système de drainage des balcons et terrasses, il ne ressort pas des pièces du dossier que les caractéristiques des dalles plantées ne seraient pas conformes aux exigences des surfaces éco-aménagées de type 8. D'autre part, M. N et Mme M font valoir que les surfaces libres de constructions ne pourraient être qualifiées de pleine terre mais correspondent à des surfaces éco-aménagées de type 7, dès lors qu'elles présentent, au vu de la notice hydraulique du projet, un coefficient de ruissellement inférieur ou égal à 20%. Toutefois, le lexique du PLUm ne subordonne pas à un coefficient de ruissellement minimal la perméabilité des surfaces de pleine terre, qui, se définissent, notamment, par leur perméabilité, et, contrairement aux surfaces éco-aménagées de type 7, comme étant libres de toute construction et porteuses de végétation. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la surface engazonnée que le projet qualifie de pleine terre, libre de tout élément bâti, et ayant vocation à faire l'objet de plantations, présente une perméabilité de 6 mm/h, et, par suite, est effectivement perméable, au sens et pour l'application de la définition des surfaces de pleine terre telle qu'elle figure au lexique du règlement du PLUm. Si, au vu de la notice hydraulique, la perméabilité de ce sol est insuffisante pour permettre la mise en place d'un assainissement des eaux pluviales par infiltration sur la parcelle, cette circonstance ne suffit pas pour autant à écarter la qualification de surface de pleine terre, correspondant au type de surface éco-aménagée de type 4. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que serait erroné le calcul du coefficient de biotope par surface que prévoit le projet qui par suite ne méconnaît pas les dispositions précitées de l'article B.3.1 du règlement du PLUm.

S'agissant des règles de hauteur :

48. Aux termes de l'article B.1.2.1 du règlement du PLUm applicable aux constructions relevant de la sous-destination logement dans la zone UMa : " La hauteur maximale est définie au plan des hauteurs (pièce n°4-2-3). Elle s'exprime en nombre de niveaux auquel correspond une hauteur maximale hors tout en mètres. Le nombre de niveaux et la hauteur maximale indiqués au tableau doivent être respectés de manière cumulative () En l'absence de précision sur le plan des hauteurs, le couronnement est constitué soit d'un comble soit d'un attique tels que définis au lexique ". Par ailleurs, le lexique du règlement du PLUm dans sa version définit le couronnement par le fait que " la surface de plancher du couronnement doit être inférieure à la surface de plancher du dernier niveau sous le couronnement ". Il dispose également qu'" est considéré comme attique le dernier niveau de la construction dont la surface de plancher ne peut être supérieure à 70% de la surface de plancher du dernier étage sous le couronnement ".

49. Il ressort du tableau de correspondances des hauteurs et du nombre de niveaux auquel renvoient uniquement les dispositions précitées que la hauteur maximale des constructions en R+3+C en secteur UMa est de seize mètres. Le plan des hauteurs - épannelage mentionne sur le terrain d'assiette du projet une hauteur maximale en R+3+C, le couronnement étant soit un attique soit un comble, au sens du lexique du règlement du PLUm. Le terrain d'assiette du projet est donc soumis au respect de manière cumulative d'une hauteur exprimée en nombre de niveaux de R+3+couronnement et d'une hauteur maximale hors tout de seize mètres. M. H n'est pas fondé à soutenir que la hauteur maximale autorisée serait de 13 mètres.

50. Il ressort du tableau des surfaces du dossier de demande de permis de construire modificatif que le dernier niveau du bâtiment présente une surface de plancher égale à 62% de la surface de plancher du niveau inférieur, de sorte qu'il constitue un attique et non un niveau supplémentaire. La construction projetée, qui présente ainsi trois niveaux et un attique, respecte le nombre maximal de niveaux autorisé par le règlement du PLUm dans ce secteur. Il ressort en outre des plans produits que la construction présente une hauteur maximale de 15,78 mètres, soit une hauteur inférieure à celle qu'autorisent le plan des hauteurs et les dispositions de l'article B.1.2.1 du règlement du PLUm. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

S'agissant des règles d'implantation par rapport aux limites séparatives latérales :

51. Aux termes des dispositions de l'article B.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de Nantes Métropole applicables au secteur UMa de la zone UM, relatives à l'implantation par rapport aux limites séparatives latérales : " Les constructions sur rue doivent être implantées sur l'une des deux limites séparatives latérales au moins ; en cas de retrait ce dernier est au moins égal au tiers de la hauteur de la construction à édifier avec un minimum de trois mètres. / Les constructions doivent respecter un retrait du fond de parcelle au moins égal au tiers de la hauteur de la construction à édifier avec un minimum de trois mètres. / () / Dans le cas d'implantation de construction en peigne : / L'implantation en limite séparative latérale est autorisée pour les rez-de-chaussée uniquement ; / L'implantation en retrait des deux limites séparatives est autorisée à condition de respecter un retrait au moins égal à la moitié de la hauteur de la construction à édifier avec un minimum de 6 mètres ". Le lexique de ce règlement, dans sa version applicable au présent litige, définit l'implantation en peigne comme une : " Construction implantée dans le sens de la profondeur du terrain, les façades principales ne donnant pas sur la voie. ". Ce même lexique donne la définition suivante d'une façade : " Les façades d'une construction correspondent à l'ensemble des parois extérieures de la construction hors toiture.() Lorsqu'une façade comporte plusieurs plans, celui qui règne sur la plus grande longueur mesurée horizontalement est considéré comme la façade principale. () ".

52. Par ailleurs, aux termes de l'article B.1.1.2. des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm : " Pour que l'implantation des constructions tienne compte du contexte urbain environnant et des particularités du site, une implantation différente de celle exigée au règlement particulier de chaque zone peut être admise ou imposée dans les hypothèses suivantes : / 1. Afin de prendre en compte l'implantation, la volumétrie des constructions et la morphologie urbaine environnante (de la portion de rue, ou de l'îlot, ou du quartier) afin que le projet s'insère sans rompre l'harmonie des lieux, d'un front bâti constitué ou d'une organisation urbaine particulière ; / 2. Afin de prendre en compte les caractéristiques particulières du terrain d'assiette telle qu'une configuration irrégulière ou atypique, une topographie accidentée, une situation en décalage altimétrique par rapport au niveau de la voie, une localisation au contact de plusieurs voies ou emprises publiques afin d'adapter le projet en vue de son insertion dans le site ; () ".

53. Il ressort des pièces du dossier que la construction dans son dernier état tel qu'autorisée par le permis de construire modificatif du 27 décembre 2022, est un immeuble implanté dans le sens de la profondeur du terrain d'assiette, qui possède une façade sur le boulevard Jean XIII et une façade ouest composée de plusieurs plans échelonnés verticalement faisant face à la limite séparative latérale de la parcelle voisine cadastrée section MW n°479. Il ressort du plan de masse et des plans des niveaux que le plan du rez-de-chaussée et du niveau R+1 de la façade ouest, est d'une longueur, mesurée horizontalement, supérieure aux plans de la façade sud faisant face au boulevard Jean XXIII. De ce fait, ce plan de la façade ouest, qui ne donne pas sur la voie, et qui est le plus long des plans de façade que comporte la construction, constitue, conformément aux définitions du lexique du règlement du plan local d'urbanisme, la façade principale de la construction. Il en résulte que l'implantation de cette construction répond à la définition d'une implantation en peigne au sens du lexique du règlement du plan local d'urbanisme de Nantes Métropole. Dès lors, au regard de l'article B.1.1.2 des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de Nantes Métropole applicables au secteur UMa, cette construction devait, d'une part, être implantée à une distance de retrait au moins égale à la moitié de la hauteur, par rapport à la limite séparative latérale ouest. Il ressort des pièces du dossier qu'une telle distance de retrait n'est en l'espèce pas respectée. D'autre part, par application de ces mêmes dispositions, seul le rez-de-chaussée pouvait être implanté en limite séparative est, et non, comme le prévoit le projet, les étages supérieurs, qui sont implantés sur cette limite. Si la société pétitionnaire fait valoir qu'une implantation différente de celle exigée au règlement applicable au secteur UMa pourrait être admise, il ne ressort pas des pièces du dossier que le contexte urbain environnant et le terrain d'assiette du projet présenteraient des caractéristiques particulières au sens des dispositions alors applicables de l'article B.1.1.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm permettant une implantation dérogatoire, dont il n'y a donc pas lieu de faire application en l'espèce. Si cette société pétitionnaire entend également se prévaloir des dispositions de l'article B.1.1.2 dans leur version actuellement en vigueur, il est constant, en tout état de cause, qu'aucun permis de construire modificatif n'a été délivré sur le fondement de telles dispositions modifiées. Par suite, M. et Mme A J sont fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article B.1.1.2 des dispositions du règlement du PLUm applicables au secteur UMa relatives à l'implantation des constructions en peigne par rapport aux limites séparatives latérales.

54. Compte tenu de ce qui précède, la construction autorisée ayant une implantation en peigne, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article B.1.2.1 relatives à l'implantation des constructions sur rue par rapport aux limites séparatives latérales et de fond de parcelle pour contester l'implantation par rapport à cette limite à l'ouest du bâtiment projeté. De même, M. N et Mme M ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article B.1.2.2 applicable à la zone UMa, relatives à la hauteur minimale des rez-de-chaussée en façade sur rue des seules constructions sur rue.

S'agissant des distances d'implantation par rapport aux emprises publiques et voies :

55. Si M. H se prévaut des dispositions de l'article B.1.1.1 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm, il n'assortit pas ce moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

56. D'une part, les documents graphiques du PLUm prévoient l'implantation des constructions situées en bordure du boulevard Jean XXIII, d'être implantée avec un recul de cinq mètres. Le lexique des dispositions générales du règlement de ce plan précise que le retrait " se mesure horizontalement et perpendiculairement à la limite séparative en tout point de la construction ".

57. D'autre part, l'article B.1.1.4 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm, relatif aux modalités de calcul de la distance d'implantation, dispose : " Pour le calcul de la distance d'implantation par rapport aux emprises publiques et voies, par rapport aux limites séparatives et entre constructions, ne sont pas pris en compte les éléments de saillies tels que les balcons, loggias, etc. / Toutefois, au-delà d'1,50 mètre de profondeur, les saillies sont prises en compte dans le calcul du retrait. / () / Les distances d'implantation (recul, retrait, entre deux constructions) se calculent en tout point des constructions, hors saillies de moins de 1, 50 m de profondeur. / () ". Quant aux saillies, le lexique de ce règlement dispose que " Dans un retrait, un recul, un alignement ou un espace public, la saillie est un corps d'ouvrage ou élément architectural pouvant constituer un volume clos ou ouvert et qui dépasse du plan de la façade, y compris les éléments fixes, tels que les balcons, oriels (bow-windows), auvents, devantures de boutiques, etc. ".

58. Il résulte de ces dispositions que la distance de recul par rapport aux emprises publiques pour l'implantation des bâtiments est calculée de manière glissante, en tenant compte des retraits éventuels des différents plans de façade de ce bâtiment, exception faite des saillies dans la bande de recul, lorsqu'elles sont de moins de 1,50 mètre de profondeur par rapport au nu du plan de la façade. Il ressort des pièces du dossier que la saillie des balcons situés en R+1 et R+3 sur le plan de la façade sud-est de la construction projetée, dans son premier état tel qu'autorisé par le permis de construire initial et non modifié sur ces points par les permis de construire modificatifs, dépasse du nu du plan de façade de plus d'1,50 mètre, de sorte qu'il y a lieu de prendre l'intégralité de la profondeur nord-sud de ces balcons dans le calcul de la distance d'implantation. La distance entre l'extrémité des saillies de ces balcons et la limite de l'emprise publique étant inférieure à la distance de recul de cinq mètres applicable en l'espèce, M. H est fondé à soutenir que le projet en cause, en tant qu'il prévoit sur le plan sud-est des balcons en R+1 et R+3 d'une profondeur de plus de 1,50 mètres, et en saillie dans la bande de recul de cinq mètres, méconnaît les dispositions précitées de l'article B.1.1.4 du règlement du PLUm.

59. Aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ".

60. Le document graphique de l'orientation d'aménagement et de programmation " Route de Vannes " figure une " ligne d'implantation " des bâtiments en recul du boulevard Jean XXIII. En l'absence de précisions sur la ligne d'implantation telle qu'elle figure dans l'orientation d'aménagement et de programmation, et compte tenu de la profondeur limitée, par rapport à cette ligne d'implantation, des saillies que présente le bâtiment projeté, M. N et Mme M ne sont pas fondés à soutenir que le projet ne serait pas compatible avec les prescriptions graphiques de cette orientation d'aménagement et de programmation.

61. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont fondés à soutenir que l'arrêté du 14 août 2020 modifié par les arrêtés du 13 août 2021 et du 27 décembre 2022 est illégal qu'en tant que le dossier de permis de construire est incomplet faute de comprendre les documents prévus au j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, et en tant que le projet autorisé méconnaît les dispositions de l'article B.1.1.2 des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole applicables au secteur UMa relatives à l'implantation des constructions en peigne par rapport aux limites séparatives latérales, ainsi que les dispositions de l'article B.1.1.4 des dispositions communes à toutes les zones du règlement de ce plan, relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

62. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

63. Les illégalités relevées précédemment au point 61 du présent jugement sont susceptibles d'être régularisées par un permis de construire modificatif, qui n'apporterait pas au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

64. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation présentées afin de permettre une éventuelle régularisation par la délivrance d'un permis de construire modificatif qui devra être communiqué au tribunal dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur les requêtes nos 2101303, 2101384 et 2101226 présentées par M. H, M. N et Mme M, et M. et Mme A J.

Article 2 : La SCCV Nantes Jean XXIII et la commune de Nantes devront justifier, dans le délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, de la régularisation, par un permis de construire modificatif, des illégalités mentionnées au point 61 du présent jugement.

Article 3 : Tous droits, moyens et conclusions des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. O H, à M. B A J et Mme D A J, à M. E N et Mme L M, à la commune de Nantes et à la SCCV Nantes Jean XXIII .

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.

La rapporteure,

S. THOMAS

La présidente,

H. DOUETLa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

Nos 2101303,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions