mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2101560 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ARNAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2021, Mme A B, représentée par Me Yseult Arnal, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 octobre 2020 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler son autorisation provisoire de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer cette autorisation provisoire de séjour à titre rétroactif, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, de prescrire à cette autorité, dans le même délai et sous la même astreinte, de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la compétence de la signataire de la décision attaquée n'est pas établie ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et méconnait ainsi les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ; elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale.
Une mise en demeure de produire un mémoire en défense a été adressée au préfet de Maine-et-Loire le 23 février 2024.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme B par une décision du 10 décembre 2020 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes en charge de l'examen des demandes relatives aux affaires portées devant le tribunal administratif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2020-734 du 17 juin 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-328 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative. ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 mai 2024 :
- le rapport de M. Martin, président-rapporteur,
- et les conclusions de M. Labouysse, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante gabonaise, est entrée en France le 16 janvier 2020 munie d'un visa de court séjour valable jusqu'au 6 avril 2020, afin de réaliser une visite à caractère familial. En raison de la pandémie de covid-19 et de la fermeture des frontières que cette pandémie a entraînée, Mme B, dans l'incapacité de rejoindre le Gabon, s'est vu remettre, le 6 avril 2020, une autorisation provisoire de séjour. La validité de cette autorisation expirait le 7 octobre 2020. L'intéressée a fait valoir qu'elle souffrait de problèmes de santé rendant impossible son retour au Gabon et a sollicité le renouvellement de cette autorisation. Par une décision du 16 octobre 2020, le préfet de Maine-et-Loire a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 7° Refusent une autorisation, () ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. Le courrier formalisant la décision attaquée précise que Mme B a sollicité, par courriel du 7 octobre 2020, la prolongation de son autorisation provisoire de séjour remise le 6 avril 2020 et renouvelé jusqu'au 7 octobre 2020 en raison de la pandémie de Covid-19 et de la fermeture des frontières et " rappelle que la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour à la prolongation d'un visa est subordonnée à la justification d'un événement ayant un caractère imprévisible et exceptionnel ". Si le préfet de Maine-et-Loire rejette la demande présentée par Mme B au motif que cette demande, à l'appui de laquelle l'intéressé a invoqué son état de santé, ne fait pas état de difficultés imprévisibles ou exceptionnelles, il ne cite, ni ne vise aucun texte. Il ne précise pas davantage, plus largement, le cadre juridique permettant à l'autorité préfectorale de rejeter une telle demande pour ce motif. Par suite, la décision attaquée ne satisfait pas à l'exigence de motivation découlant des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée du 16 octobre 2020 du préfet de Maine-et-Loire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique seulement, eu égard notamment au motif de l'annulation de la décision attaquée, qu'il soit enjoint au préfet de Maine-et-Loire de procéder, sous réserve d'un changement des circonstances de droit ou de fait, au réexamen de la situation de Mme B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6.Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Toutefois, dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, le versement à Me Arnal, avocate de Mme B, d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 16 octobre 2020 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé d'accorder à Mme B une prolongation de la durée de validité de son autorisation provisoire de séjour est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Maine-et-Loire de procéder, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, au réexamen de la situation de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Yseult Arnal.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. Xavier Catroux, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
Le président-rapporteur,
L. MARTIN
L'assesseur le plus ancien,
X. CATROUX
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026