LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2101594

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2101594

mercredi 29 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2101594
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL CORNET VINCENT SEGUREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 février 2021 et le 19 mai 2021, la commune du Mans, représentée par Me Marchand, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 décembre 2020 par lequel le préfet de la Sarthe a fixé le montant de reprise financière pour l'année 2019 en application de l'article 29 de la loi du

22 janvier 2018 de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022, ensemble la décision du même jour par laquelle le préfet a rejeté sa demande de retraitement des dépenses du centre communal de santé ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article 29 de la loi du 22 janvier 2018 de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 dès lors que le préfet a ajouté une condition non prévue par la loi en refusant de prendre en compte des recettes ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les dépenses relatives à la création d'un centre communal de santé auraient dû être retraitées au titre des éléments exceptionnels ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'Etat aurait dû rechercher une possibilité de retraitement des dépenses pour des motifs non expressément prévus par la loi ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a pour effet d'anéantir les marges d'appréciation de la commune dans la détermination de ses dépenses ;

- l'arrêté est constitutif d'une rupture d'égalité des citoyens devant les charges publiques.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 avril et 7 septembre 2021, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la commune du Mans ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation du courrier accompagnant l'arrêté du 30 décembre 2020, dès lors qu'il ne constitue pas en lui-même un acte faisant grief.

Une réponse au moyen d'ordre public, présentée par la commune du Mans, a été enregistrée le 26 octobre 2023 et a été communiquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 2018-32 du 22 janvier 2018 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier,

- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,

- et les observations de Me Marchand, représentant la commune du Mans.

Considérant ce qui suit :

1. En application des article 13 et 29 de la loi du 22 janvier 2018 de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022, le préfet de la Sarthe a, par un arrêté du

30 août 2018, qui n'a pas été contesté, fixé le niveau maximal annuel des dépenses réelles de fonctionnement de la ville du Mans pour les années 2018 à 2020. A l'issue de la procédure contradictoire prévue par le V de l'article 29 de la loi du 22 janvier 2018, le préfet de la Sarthe a constaté que l'écart entre le niveau de dépenses réelles exécutées en 2019, après retraitement, et le niveau maximal fixé par ledit arrêté s'élevait à 3 314 582 euros. Par un arrêté du 30 décembre 2020, le préfet a appliqué à la commune une reprise financière à hauteur de 75% de cet écart. La commune du Mans demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 30 décembre 2020 et du courrier accompagnant cet arrêté.

Sur les conclusions dirigées contre le courrier accompagnant l'arrêté du

30 décembre 2020 :

2. Le courrier du 30 décembre 2020 par lequel le préfet de la Sarthe a notifié à la commune du Mans l'arrêté du même jour fixant à 2 485 937 euros pour l'exercice 2019 le montant de la reprise financière prévue au V de l'article 29 de la loi du 22 janvier 2018 se borne à rappeler les étapes de la procédure ayant précédé l'édiction de cet arrêté et à en reprendre les termes essentiels. Ce courrier ne peut donc être considéré comme faisant grief. Par suite, les conclusions tendant à son annulation sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 30 décembre 2020 :

3. Aux termes de l'article 29 de la loi du 22 janvier 2018 de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 : " I. - Des contrats conclus à l'issue d'un dialogue () ont pour objet de consolider leur capacité d'autofinancement et d'organiser leur contribution à la réduction des dépenses publiques et du déficit public. Des contrats de même nature sont conclus entre le représentant de l'Etat, les communes et les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre dont les dépenses réelles de fonctionnement constatées dans le compte de gestion du budget principal au titre de l'année 2016 sont supérieures à 60 millions d'euros. / () III. - Les dépenses réelles de fonctionnement s'entendent comme le total des charges nettes de l'exercice entraînant des mouvements réels au sein de la section de fonctionnement des collectivités ou établissements concernés. Elles correspondent aux opérations budgétaires comptabilisées dans les comptes de classe 6, à l'exception des opérations d'ordre budgétaire, et excluent en totalité les valeurs comptables des immobilisations cédées, les différences sur réalisations (positives) transférées en investissement et les dotations aux amortissements et provisions. / () V. - A compter de 2018, il est constaté chaque année la différence entre le niveau des dépenses réelles de fonctionnement exécuté par la collectivité territoriale ou l'établissement et l'objectif annuel de dépenses fixé dans le contrat. Cette différence est appréciée sur la base des derniers comptes de gestion disponibles. / Dans le cas où cette différence est supérieure à 0, il est appliqué une reprise financière dont le montant est égal à 75 % de l'écart constaté. Le montant de cette reprise ne peut excéder 2 % des recettes réelles de fonctionnement du budget principal de l'année considérée. Le niveau des dépenses réelles de fonctionnement considéré pour l'application du deuxième alinéa du présent V prend en compte les éléments susceptibles d'affecter leur comparaison sur plusieurs exercices, et notamment les changements de périmètre et les transferts de charges entre collectivité et établissement à fiscalité propre ou la survenance d'éléments exceptionnels affectant significativement le résultat. Le représentant de l'Etat propose, s'il y a lieu, le montant de la reprise financière. / La collectivité territoriale ou l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dispose d'un mois pour adresser au représentant de l'Etat ses observations. Si la collectivité territoriale ou l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre présente des observations, le représentant de l'Etat, s'il y a lieu, arrête le montant de la reprise financière. Il en informe la collectivité ou l'établissement en assortissant cette décision d'une motivation explicite. / () ".

4. En premier lieu, il est constant que les dépenses relatives au centre communal de santé constituent des dépenses réelles de fonctionnement au sens des dispositions précitées de

l'article 29 de la loi du 22 juillet 2018. Il ne résulte pas des termes de ces dispositions que le préfet est tenu de prendre en compte les recettes générées par les dépenses réelles de fonctionnement pour déterminer le taux d'évolution de ces dépenses. Par suite, et alors au demeurant que la commune ne produit aucun élément comptable relatif aux recettes qui seraient générées par le centre communal de santé, le préfet de la Sarthe n'a pas commis d'erreur de droit en refusant de prendre en compte ces recettes dans le calcul des dépenses réelles de fonctionnement.

5. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées du V de l'article 29 de la loi du 22 janvier 2018 que le niveau annuel des dépenses réelles de fonctionnement des communes ayant conclu avec l'Etat un contrat de maîtrise des dépenses publiques doit être examiné au regard des éléments susceptibles d'affecter leur comparaison sur plusieurs exercices, parmi lesquels la survenance d'éléments exceptionnels affectant significativement le résultat d'un exercice.

6. D'une part, la commune du Mans soutient que les dépenses de fonctionnement du centre de santé doivent faire l'objet de retraitement dès lors qu'elles sont exceptionnelles et affectent significativement le résultat de l'année 2019. Toutefois, si la création du centre de santé en 2018, qui a engendré une hausse significative des dépenses réelles de fonctionnement, témoigne de l'initiative de la commune du Mans pour lutter contre la situation de désert médical, cette circonstance ne permet pas de justifier à elle seule le caractère exceptionnel des dépenses. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation du caractère exceptionnel des dépenses doit être écarté.

7. D'autre part, la commune du Mans soutient que si le niveau des dépenses réelles de fonctionnement a augmenté, les dépenses liées au fonctionnement du centre de santé ont été compensées par des recettes importantes. Toutefois, la commune ne produit aucun élément permettant de mesurer l'incidence sur les finances publiques du centre de santé. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en n'écartant pas ces dépenses pour un motif non expressément prévu par la loi, tiré de ce que les dépenses liées au centre de santé ont pour effet de réduire le besoin en financement de la commune.

8. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la création d'un centre communal de santé doit être regardé comme un changement de périmètre des compétences résultant d'une loi ou d'un règlement. Par suite, la commune du Mans, qui détient une compétence partagée avec le département et la région en matière de développement sanitaire et de promotion de la santé en application de l'article L. 1111-2 du code général des collectivités territoriales, n'est pas fondée à soutenir que les dépenses de fonctionnement du centre de santé auraient dû être retraitées comme résultant d'un transfert de compétences.

9. En quatrième lieu, par une décision n° 2017-760 DC du 18 janvier 2018, le Conseil constitutionnel a déclaré le dispositif prévu à l'article 29 de la loi du 22 janvier 2018 conforme à la Constitution, et notamment au principe de libre administration des collectivités territoriales. Par suite, la commune du Mans n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué anéantit ses marges d'appréciation dans la détermination de ses dépenses.

10. En dernier lieu, la commune soutient que la décision de reprise financière est constitutive d'une rupture d'égalité devant les charges publiques dès lors qu'elle a pour conséquence de faire supporter les charges nouvelles liées au centre de santé par les contribuables. Toutefois, les contribuables de la commune du Mans résident sur le même territoire nécessitant les mêmes investissements et bénéficiant des mêmes services. Par suite, la commune n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté de reprise financière crée une rupture d'égalité devant les charges publiques.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 décembre 2020 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la commune du Mans est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la commune du Mans et au préfet de la Sarthe.

Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Jégard, premier conseiller,

Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.

La rapporteuse,

M. A

SAINT-DIZIER

La présidente,

S. RIMEULa greffière,

A. GOUDOU

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions