vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2101670 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | OUDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 février 2021, régularisée le 25 mars 2021, M. B A C, représenté par Me Oudin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a, sur recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du préfet des Hautes-Pyrénées du 26 mai 2020, ajourné à deux ans sa demande de naturalisation, ainsi que cette décision préfectorale ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- l'ajournement litigieux est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de la circulaire du 16 octobre 2012 relative aux procédures d'accès à la nationalité française et de la circulaire du 21 juin 2013 relative à l'accès à la nationalité française, dès lors qu'il a régulièrement travaillé depuis son entrée sur le territoire français, qu'il se trouve en situation de handicap résultant d'un accident du travail subi en 2015 et qu'il justifie de comptes d'épargne créditeurs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par M. A C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Frelaut a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant cubain né le 7 août 1967, a déposé une demande de naturalisation auprès du préfet des Hautes-Pyrénées qui a ajourné à deux ans sa demande par une décision du 26 mai 2020. M. A C demande l'annulation de cette décision, ainsi que de la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur, saisi d'un recours préalable obligatoire, a rejeté sa demande.
Sur l'étendue du litige :
2. D'une part, il ressort des pièces du dossier que par une décision intervenue le 15 décembre 2021, le ministre de l'intérieur a expressément rejeté le recours préalable de M. A C et confirmé l'ajournement à deux ans de sa demande. Les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite du ministre de l'intérieur doivent être regardées comme dirigées contre cette décision du 15 décembre 2021, qui s'y est substituée.
3. D'autre part, aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. () ". Il résulte de ces dispositions que les décisions par lesquelles le ministre en charge des naturalisations statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont soumises. Par suite, la décision du 15 décembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté le recours de M. A C s'est substituée à la décision préfectorale du 26 mai 2020. Les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale sont en conséquence irrecevables, et la requête de M. A C doit être regardée comme tendant exclusivement à l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur. En outre, le moyen tiré de ce que la décision préfectorale serait insuffisamment motivée doit être écarté comme inopérant.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur :
4. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles 45 et 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française. Elle indique que l'examen du parcours de M. A C, apprécié dans sa globalité depuis son entrée en France, n'a pas permis de considérer qu'il avait réalisé pleinement son insertion professionnelle, ce dernier ne disposant pas de ressources suffisantes et stables. Elle comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " Hors le cas prévu à l'article 21-14-1, l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " () / Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation () sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions () ".
6. L'autorité administrative dispose, en matière de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, d'un large pouvoir d'appréciation. Elle peut, dans l'exercice de ce pouvoir, prendre en considération notamment, pour apprécier l'intérêt que présenterait l'octroi de la nationalité française, l'intégration de l'intéressé dans la société française, son insertion sociale et professionnelle et le fait qu'il dispose de ressources lui permettant de subvenir durablement à ses besoins en France. Pour rejeter une demande de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, l'autorité administrative ne peut se fonder ni sur l'existence d'une maladie ou d'un handicap ni, par suite, sur l'insuffisance des ressources de l'intéressé lorsqu'elle résulte directement d'une maladie ou d'un handicap.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A C a été, alors qu'il travaillait comme commis de cuisine, victime d'un accident du travail le 19 janvier 2015, à la suite duquel il a été licencié en raison de son inaptitude à reprendre son poste de travail. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que cet état de fait aurait ensuite empêché le requérant de trouver un autre emploi adapté à sa situation médicale. Dans ces conditions, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de M. A C au motif qu'il n'avait pas pleinement réalisé son insertion professionnelle. La circonstance que l'intéressé disposerait de comptes d'épargne créditeurs est à cet égard sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
8. En dernier lieu, si M. A C entend se prévaloir de l'interprétation des circulaires du 16 octobre 2012 et du 21 juin 2013, ces dernières ne sont pas au nombre des circulaires publiées sur le site relevant du Premier ministre dénommé " Légifrance ", de sorte qu'elles ne sont pas opposables.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Specht-Chazottes, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
La rapporteure,
L. FRELAUT
La présidente,
F. SPECHT-CHAZOTTESLa greffière,
E. HAUBOIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026