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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2102262

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2102262

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2102262
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 février 2021, M. B A, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de le rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au calcul de l'allocation pour demandeur d'asile dont il a été privé, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, et de lui verser le montant correspondant, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, ou, subsidiairement, de réexaminer son droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, et, le cas échéant, de lui verser le montant correspondant, dans un délai de deux mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 800 euros qui sera versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas démontré qu'il a bénéficié d'un entretien de vulnérabilité par un agent ayant reçu une formation à cette fin ;

- elle est entachée d'un second vice de procédure au regard de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas démontré qu'il a été préalablement informé dans une langue qu'il comprend des conséquences de l'acceptation ou du refus de l'hébergement proposé ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que les conclusions sont dirigées contre une décision inexistante.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 mars 2021.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant guinéen né en 1991, est entré en France le

22 mars 2019 et y a sollicité l'asile. Sa demande a été enregistrée en procédure " Dublin " le

14 mai 2019 et il a accepté le même jour les conditions matérielles d'accueil. Il a été transféré vers l'Espagne, pays responsable de sa demande d'asile, puis est revenu en France et y a déposé une nouvelle demande d'asile, enregistrée le 2 septembre 2020. Par une décision du 22 octobre 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu les conditions matérielles d'accueil dont M. A bénéficiait au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. Par un courrier du 3 novembre 2020, M. A a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite par laquelle l'OFII a refusé de faire droit à sa demande.

Sur la fin de non-recevoir opposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".

3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation de versement de l'allocation pour demandeur d'asile produite par la directrice territoriale de l'OFII, que M. A s'est vu rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 2 novembre 2020. Il ressort de cette attestation que l'intéressé a perçu l'allocation pour demandeur d'asile à compter du mois de janvier 2021 et pour toute la durée de l'instruction de sa demande d'asile. Dans ces conditions, M. A, qui ne conteste pas que la somme qu'il a perçue au mois de janvier correspond à l'allocation pour demandeur d'asile des mois de novembre et décembre, n'est pas fondé à soutenir que sa demande de rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, reçue par l'OFII le 4 novembre 2020, a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant sont dirigées contre une décision inexistante et doivent, dès lors, être rejetées comme irrecevables. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Rodrigues Devesas et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 20 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Jégard, premier conseiller,

Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.

La rapporteuse,

M. C

SAINT-DIZIER

La présidente,

S. RIMEULa greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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