jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2102332 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | CANIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er mars 2021 et le 19 janvier 2024, M. A D, représenté par la société d'avocats Jean Canis et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite ainsi que la décision expresse du 3 février 2021 par lesquelles le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 26 juin 2020 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de naturalisation ;
2°) de faire droit à sa demande de naturalisation ou à tout le moins d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le signataire de la décision expresse attaquée ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision implicite attaquée n'est pas motivée ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une décision du 15 novembre 2021, M. D a été admis à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Milin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant algérien né en 1953, demande au tribunal l'annulation de la décision implicite ainsi que de la décision expresse du 3 février 2021 par lesquelles le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 26 juin 2020 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de naturalisation. Il y a lieu de regarder les conclusions présentées par M. D, dirigées contre une décision implicite de rejet et contre une décision expresse, comme tendant exclusivement à l'annulation de la décision expresse du ministre de l'intérieur du 3 février 2021 rejetant son recours hiérarchique et rejetant sa demande de naturalisation pour une durée de deux ans, qui s'est substituée à la décision implicite initiale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Conformément aux dispositions de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement, le directeur de l'accueil, de l'intégration et de la citoyenneté dispose de la délégation pour signer au nom du ministre chargé des naturalisations, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous son autorité. Par décret du 28 septembre 2016, publié au Journal officiel de la République française du 29 septembre 2016, Mme C a été nommée directrice de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité. Par une décision du 12 septembre 2019, régulièrement publiée au Journal officiel de la République française du 14 septembre 2019, Mme C a accordé à M. B, chef du bureau des affaires juridiques, du précontentieux et du contentieux et signataire de la décision attaquée, une délégation de signature à cet effet. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire doit être écarté comme manquant en fait.
3. La décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle serait insuffisamment motivée doit être écarté.
4. D'une part, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " () / Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le degré d'insertion professionnelle du postulant et le niveau et la stabilité de ses ressources.
5. Pour rejeter la demande de naturalisation de M. D, le ministre s'est fondé sur l'absence de pleine intégration professionnelle du postulant, en l'absence de ressources propres stables et suffisantes.
6. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date à laquelle la décision a été prise, le requérant, qui est entré à l'âge de deux ans en France et y a vécu à l'exception d'une période de dix ans, entre 1997 et 2007, et qui indique avoir régulièrement travaillé à la suite de son retour en France, dans le cadre de contrats de travail à durée déterminée ou de missions d'intérim, était retraité depuis le mois de novembre 2019 et percevait, mensuellement, une retraite personnelle de 54,43 euros, majorée au titre du minimum contributif de 131,30 euros, versée par la caisse d'assurance de retraite et de la santé au travail, une retraite complémentaire de 26,71 euros et une retraite de 20 euros environ versée par une caisse de retraite britannique, ses ressources propres étant complétées par l'allocation de solidarité pour les personnes âgées pour un montant de 579,31 euros. Dans ces conditions, compte tenu du niveau de ressources propres de M. D, dont l'essentiel des ressources provient d'un minimum social non contributif, le ministre de l'intérieur a pu, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose pour accorder ou non la nationalité française, ajourner à deux ans la demande de naturalisation du requérant pour le motif susmentionné sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, nonobstant les efforts allégués fournis par M. D pour intégrer le marché du travail durant sa vie active.
7. Les circonstances que fait valoir M. D, relatives à sa durée de résidence en France et à la nationalité française des membres de sa fratrie, sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, compte tenu du motif sur laquelle elle se fonde.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, Me Canis et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La rapporteure,
C. MILIN
La présidente,
V. GOURMELONLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026