mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2102486 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mars 2021 et 18 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Seguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 janvier 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'obtention du statut d'apatride ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 812 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides dès lors qu'il ne peut être reconnu ni comme étant de nationalité russe ni comme étant de nationalité géorgienne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2021, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New-York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- les conclusions de M. Guilloteau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 26 janvier 1985 à Tbilissi (Géorgie), est entré en France au mois d'octobre de l'année 2014. Il y a sollicité l'asile mais cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) les 31 octobre 2016 et 10 octobre 2018, puis, par la Cour nationale du droit d'asile par décisions des 5 février 2018 et 20 février 2019. Il a de nouveau saisi l'Ofpra le 3 mars 2018 d'une demande tendant à la reconnaissance de la qualité d'apatride. Cette demande a été rejetée par une décision du directeur de l'Ofpra du 6 janvier 2021, dont M. B demande l'annulation.
2. Selon les dispositions alors inscrites à l'article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. (). ". Aux termes de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 : " () le terme "apatride" désigne une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. / Cette Convention ne sera pas applicable : / ()/ ii) Aux personnes considérées par les autorités compétentes du pays dans lequel ces personnes ont établi leur résidence comme ayant les droits et les obligations attachés à la possession de la nationalité de ce pays () ".
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter la demande présentée par M. B, le directeur de l'Ofpra s'est fondé, d'une part, sur le motif tiré de l'absence de justification de sa qualité d'apatride dès lors que le demandeur ne démontrait pas avoir accompli des démarches sérieuses auprès des autorités russes et géorgiennes aux fins d'établir sa nationalité et, d'autre part, sur le motif tiré de ce qu'il indique avoir bénéficié du statut d'apatride sur le territoire russe, lequel lui permettait de disposer d'un titre de séjour en Fédération de Russie et d'y disposer de droits économiques, sociaux et culturels équivalents à ceux des ressortissants russes.
4. Il résulte des dispositions citées au point 2 qu'il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité duquel elle se prévaut a refusé de donner suite à ces démarches.
5. En premier lieu, M. B ne justifie d'aucune démarche ni auprès des autorités de la Géorgie pays où il est né, ni auprès des autorités de la Russie pays dans lequel il dit être arrivé vers 1992 et dont il indique que ses parents et son frère ont obtenu la nationalité.
6. En second lieu, M. B se prévaut de ce qu'il détient un titre de séjour russe, délivré en 2012 pour une durée de cinq ans, lui reconnaissant la qualité d'apatride. Toutefois, il ne justifie d'aucune démarche en vue du renouvellement de ce titre lequel lui accordait, en Russie, une protection en qualité d'apatride. En outre, l'intéressé n'établit pas qu'il n'aurait pas pu déposer une demande de certificat de nationalité russe sur le fondement de l'article 13 de la loi sur la nationalité russe n° 62-FZ du 31 mai 2002 au titre de sa qualité d'ancien ressortissant soviétique comme étant né en Géorgie avant 1991.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 6 janvier 2021 par laquelle l'OFPRA a refusé de faire droit à sa demande de reconnaissance de la qualité d'apatride. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation ainsi que celles présentées à fin d'injonction et d'astreinte et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Seguin et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 28 août 2024, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Martel, première conseillère,
Mme Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026