jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2102525 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | MOREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 mars 2021 et le 7 avril 2022, M. C B, représenté par Me Morel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 septembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de naturalisation ainsi que la décision du 8 janvier 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux formé contre la décision du 18 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire droit à sa demande de naturalisation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou de statuer à nouveau sur sa demande de naturalisation dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les signataires des décisions attaquées ne justifient pas de leur compétence ;
- ces décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 21-26 du code civil ;
- ces décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dans le motif tiré de fausses déclarations et d'absence de signalement de changements dans sa situation familiale ;
- ces décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dans le motif tiré de ce que son comportement fiscal est sujet à critique ;
- il ne saurait être fait droit à la demande de substitution de motif dès lors que son épouse est entrée régulièrement en France où elle pouvait séjourner 90 jours et que le bénéfice du regroupement familial a été sollicité à son profit avant l'intervention de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il demande que, dans le cas où le motif tiré de l'absence de stabilité de la résidence en France de M. B serait entaché d'illégalité, lui soit substitué le motif tiré de ce que l'intéressé a aidé au séjour irrégulier de son épouse en France durant l'année 2019 ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Milin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant centrafricain né en 1978, demande au tribunal d'annuler la décision du 18 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de naturalisation ainsi que la décision du 8 janvier 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux formé contre la décision du 18 décembre 2020.
2. En premier lieu, conformément aux dispositions de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement, le directeur de l'accueil, de l'intégration et de la citoyenneté dispose de la délégation pour signer, au nom du ministre chargé des naturalisations, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous son autorité. Par décret du 28 septembre 2016, publié au Journal officiel de la République française du 29 septembre 2016, Mme A a été nommée directrice de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité. Par décision du 30 août 2018, modifiée par une décision du 13 mars 2019 régulièrement publiée au Journal officiel de la République française du 17 mars 2019, elle a accordé à Mme Breau, conseillère d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, une délégation de signature à cet effet. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées manque en fait.
3. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il suit de là que le moyen tiré de ce que le signataire de la décision du 8 janvier 2021 ne justifie pas de sa compétence doit être écarté comme étant inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. ". En outre, aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant.
5. Pour rejeter la demande de naturalisation de M. B, le ministre chargé des naturalisations s'est fondé sur les motifs tirés de ce que l'intéressé a effectué de fausses déclarations dans le cadre de sa demande de naturalisation, qu'il ne pouvait être regardé comme ayant fixé durablement le centre de ses intérêts familiaux en France compte du caractère irrégulier du séjour de son épouse en France et de ce que le comportement fiscal de l'intéressé était sujet à critique.
6. S'agissant du premier motif de refus, il est constant que M. B n'a pas déclaré, à l'occasion du dépôt de sa demande de naturalisation, dont le formulaire a été renseigné le 29 novembre 2017, l'existence de deux de ses enfants mineurs nés en 2014 et 2016, et qu'il n'a pas informé l'administration de son mariage avec une ressortissante canadienne, intervenu lors de l'instruction de sa demande. Il ressort des pièces du dossier que le formulaire de demande de naturalisation précise sans ambiguïté que le postulant doit faire état de l'ensemble de ses enfants, qu'ils résident en France ou à l'étranger, et qu'il doit signaler à l'administration tout changement de situation durant l'instruction de sa demande au moyen d'un formulaire dédié. Par ailleurs, M. B n'a pas fait état, lors de son entretien d'assimilation en préfecture du 16 janvier 2020, de son mariage intervenu le 4 août 2018. Ces omissions, qui portent sur des éléments importants de la situation du postulant et qui n'ont été corrigées qu'à l'initiative de l'administration, avaient pour conséquence de priver celle-ci d'informations lui permettant de statuer en toute connaissance de cause sur la situation du postulant. Dans ces conditions, le ministre, qui a fait usage de son large pouvoir d'appréciation de l'opportunité d'accorder la naturalisation sollicitée, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, en rejetant la demande de naturalisation du requérant. Il résulte de l'instruction que le ministre aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ce seul motif.
7. A supposer que le requérant entende soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les articles du code civil relatifs à la recevabilité d'une demande de naturalisation qu'il cite dans sa requête, il ne peut utilement le faire dès lors que la décision litigieuse a été prise en opportunité par le ministre de l'intérieur, sur le fondement des dispositions de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 susvisé.
8. Les considérations de la requête relatives à la situation familiale, à l'intégration professionnelle de M. B et à la circonstance qu'il paie ses impôts sont, compte tenu du motif de la décision attaquée, sans incidence sur la légalité de celle-ci.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
C. MILIN
La présidente,
V. GOURMELONLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026