mercredi 5 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2102598 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : M. CATROUX - R. 222-13 |
| Avocat requérant | CALDERERO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mars 2021, M. A B, représenté par Me Calderero, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a refusé d'ajouter quatre points au solde de points attachés à son permis de conduire à la suite du stage effectué les 23 et 24 décembre 2020 ;
2°) d'annuler les décisions 48 de retrait de points prises par le ministre de l'intérieur et des outre-mer ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer d'ajouter quatre points au solde de points attachés à son permis de conduire et de lui restituer les points qu'il conteste sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 700 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a refusé d'ajouter quatre points au solde de points attachés à son permis de conduire à la suite du stage effectué les 23 et 24 décembre 2020 méconnaît l'article L. 223-6 alinéa 2 du code de la route et l'article R. 223-8 du même code ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de la délivrance, pour l'ensemble des infractions qui lui sont reprochées, de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- les décisions de retrait de points consécutives aux infractions ne lui ont pas été notifiées.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation du refus prétendu du ministre de l'intérieur et des outre-mer d'ajouter quatre points au solde de points attachés à son permis de conduire à la suite du stage effectué les 23 et 24 décembre 2020 sont sans objet, dès lors que ces points ont été ajoutés au solde de points du requérant ;
- les moyens tirés de l'absence de notification de l'ensemble des décisions de retrait de points et du défaut de délivrance de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route pour les infractions des 6 août 2018 et 1er janvier 2019 et de l'imputabilité de l'infraction du 14 juillet 2019 sont inopérants ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Catroux, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Catroux a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte du relevé intégral des informations relatives au permis de conduire de M. B enregistrées dans le système national automatisé des permis de conduire prévu par les articles L. 225-1 du code de la route que des points, qui avaient retirés du capital de points attaché à son permis de conduire, à la suite d'infractions commises par ce dernier, ont été restitués à l'intéressé à la date d'enregistrement de la requête. En demandant, sans autre précision, l'annulation des décisions de retrait de points attachés à son permis de conduire, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation des seules décisions produisant des effets à la date de l'enregistrement de sa requête, tels qu'il résulte du relevé intégral, à savoir celles intervenues à la suite des infractions au code de la route commises les 24 octobre 2011, 28 novembre 2011, 6 août 2012, 13 juillet 2020, 7 août 2020, 20 juillet 2012, 25 mars 2016, 6 août 2018 et 1er janvier 2019. M. B demande également au tribunal l'annulation du refus du ministre de l'intérieur et des outre-mer d'ajouter quatre points au solde de points attachés à son permis de conduire à la suite du stage effectué les 23 et 24 décembre 2020.
Sur l'exception de non-lieu opposée par le ministre aux conclusions tendant à l'annulation de la décision refusant d'ajouter quatre points à la suite du stage effectué les 23 et 24 décembre 2020 :
2. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer établit, par la production du relevé intégral des informations relatives au permis de conduire de M. B enregistrées dans le système national automatisé des permis de conduire prévu par les articles L. 225-1 du code de la route, que, postérieurement à l'introduction de la requête, quatre points attachés à son permis de conduire ont été ajoutés, à la suite du stage effectué les 23 et 24 décembre 2020, au solde de points du requérant avec un enregistrement dans ce système au 4 mai 2021. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de cette décision et sur les conclusions à fin d'injonction que les points correspondants soient ajoutés au capital de points de M. B.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points :
En ce qui concerne le moyen tiré de la notification de ces décisions :
3. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire est sans incidence sur la légalité des décisions de retrait de points. M. B ne saurait dès lors utilement se prévaloir de ce que divers retraits de points ne lui auraient pas été notifiés. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
4. La délivrance au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223- 3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Son accomplissement conditionne dès lors la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Cette information doit porter, d'une part, sur l'existence d'un traitement automatisé des points et la possibilité d'exercer le droit d'accès et, d'autre part, sur le fait que le paiement de l'amende établit la réalité de l'infraction dont la qualification est précisée et entraîne un retrait de points correspondant à cette infraction. Ni l'article L. 223-3, ni l'article R. 223-3 du code de la route n'exigent que le conducteur soit informé du nombre exact de points susceptibles de lui être retirés, dès lors que la qualification de l'infraction qui lui est reprochée est dûment portée à sa connaissance.
S'agissant de l'infraction des infractions des 24 octobre 2011, 28 novembre 2011, 6 août 2012, 13 juillet 2020, 7 août 2020 :
5. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
6. L'intéressé, qui s'est acquitté des amendes forfaitaires, comme cela résulte des mentions figurant au système national des permis de conduire, doit ainsi être regardé comme ayant nécessairement reçu les avis de contravention se rapportant aux infractions en cause qui ont été constatées par radar automatique. Par suite, M. B n'apportant aucun élément de nature à établir qu'il aurait été destinataire d'un avis de contravention inexact ou incomplet, le ministre doit être regardé comme établissant la preuve de délivrance de l'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant des infractions du 20 juillet 2012 et du 25 mars 2016 :
7. Le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
8. L'intéressé, qui s'est acquitté de l'amende forfaitaire, correspondant à infractions du 20 juillet 2012, comme cela résulte des mentions figurant au système national des permis de conduire, doit ainsi être regardé comme ayant nécessairement reçu l'avis de contravention se rapportant à l'infraction en cause. De même, il résulte des mentions de l'historique des mouvements de paiement du 16 juin 2016, produit par le ministre, et sur laquelle figure le numéro de procès-verbal de l'infraction du 25 mars 2016, que l'intéressé s'est acquitté hors délai de l'amende forfaitaire pour cette infraction, qui avait été constatée par un procès-verbal électronique. Par ailleurs, M. B n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il aurait été destinataire d'avis de contravention inexacts ou incomplets. Le ministre doit être regardé, dès lors, comme établissant la preuve de délivrance de l'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant des infractions des 6 août 2018 et 1er janvier 2019 :
9. Lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de la formalité mentionnée au point 4 est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
10. Il résulte des mentions probantes du relevé d'information intégral de l'intéressé, et plus particulièrement des mentions " décision 72 suspension du permis de conduire " y figurant, que le requérant a fait l'objet de condamnations pénales devenue définitives pour les infractions des 6 août 2018 et 1er janvier 2019. Il ne peut, dès lors, utilement se prévaloir d'un défaut de délivrance des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à l'occasion de ces infractions.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation des décisions de retrait de points doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction correspondantes.
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation du refus du ministre de l'intérieur et des outre-mer d'ajouter quatre points au solde de points attachés à son permis de conduire à la suite du stage effectué les 23 et 24 décembre 2020 et les conclusions à fin d'injonction correspondantes.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.
Le magistrat désigné,
X. CATROUX
La greffière,
V. MALINGRELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026