jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2102904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | AARPI LEOSTHENE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 16 mars 2021, le 27 septembre 2021 et le 30 mars 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Art de rénover et de bâtir, représentée par Me Dogan, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période allant du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015 et des pénalités correspondantes, pour un montant total de 193 637 euros ;
2°) de lui accorder le sursis de paiement prévu à l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le désaccord portant sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée litigieux n'a pas été soumis à la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, de sorte qu'elle a été privée d'une garantie substantielle ;
- la demande portant sur la décharge des pénalités aurait dû être soumise à la commission départementale par application des articles L. 247 et L. 250 du livre des procédures fiscales ;
- la procédure d'imposition est irrégulière, la mise en recouvrement étant intervenue avant la notification de l'avis de la commission départementale qui s'est tenue le 26 septembre 2019.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 juin 2021, le 16 mars 2022 et le 15 février 2024, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la SARL Art de rénover et de bâtir ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Frelaut,
- et les conclusions de M. Huin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Art de rénover et de bâtir a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période allant du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015, à l'issue de laquelle lui ont notamment été réclamés, par une proposition de rectification du 13 décembre 2017, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2014 et 2015, assortis de pénalités, pour un montant total de 193 637 euros mis en recouvrement le 28 juin 2019. Les réclamations formées par la société requérante les 12 décembre 2019 et 21 décembre 2020 ont été rejetées par l'administration fiscale par des décisions des 19 mai 2020 et 3 février 2021. Par sa requête, la SARL Art de rénover et de bâtir demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période allant du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015 et des pénalités correspondantes, pour un montant total de 193 637 euros.
Sur la régularité de la procédure :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales : " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis soit de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 du code général des impôts, soit de la Commission nationale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 H du même code () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration n'est tenue, à peine d'irrégularité de la procédure d'imposition, de donner suite à une demande, formulée par le contribuable dans le délai de trente jours à compter de la réception de la réponse de l'administration à ses observations, tendant à la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires que lorsque persiste entre elle-même et le contribuable, à cette étape de la procédure, un désaccord entrant dans le champ de compétence de cette commission.
3. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 23 février 2018 de réponse à la proposition de rectification du 13 décembre 2017, la SARL Art de rénover et de bâtir a expressément accepté les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige, confirmant en outre " son intention de solder sa dette TVA en principale avec les créances à encaisser prochainement ". Il résulte également de l'instruction que, dans sa réponse aux observations du contribuable datée du 3 mai 2018, l'administration fiscale a pris acte de cet accord. Si la société requérante fait valoir qu'elle était pourtant en désaccord avec ces rappels, ces allégations, contredites par les documents précités, ne sont étayées par aucun élément, la société n'ayant pas non plus indiqué, dans son courrier de saisine de la commission départementale daté du 25 mai 2018, qu'elle souhaitait revenir sur l'accord qu'elle avait antérieurement exprimé. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a estimé qu'il n'existait pas de différend susceptible d'être soumis à la commission départementale des impôts, concernant les rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2014 et 2015. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure à raison de l'absence de saisine de la commission concernant les rappels en litige doit en conséquence être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au présent litige : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable : () 2° Des remises totales ou partielles d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent sont définitives ; () ". Aux termes de l'article L. 250 de ce livre : " Les demandes présentées par les contribuables en vue d'obtenir la remise des majorations prévues par l'article 1729 du code général des impôts sont soumises pour avis à la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires compétente lorsque ces majorations sont consécutives à des rectifications relevant de la compétence de l'une ou l'autre de ces commissions, telle qu'elle est définie aux articles L. 59, L. 59 A et L. 59 C. ".
5. Aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation à l'administration de consulter la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires avant de mettre des pénalités à la charge d'un contribuable en sus de droits supplémentaires assignés à celui-ci. En particulier, l'article L. 250 du livre des procédures fiscales ne concerne, d'après ses termes mêmes, que les demandes qui tendent à la remise à titre gracieux de pénalités déjà mises en recouvrement. Ainsi, le moyen tiré du défaut de consultation de la commission départementale ne peut pas être utilement invoqué à l'appui des conclusions aux fins de décharge des pénalités dont les rappels de taxe sur la valeur ajoutée litigieux ont été assortis.
6. En dernier lieu, il résulte de ce qu'il a été dit aux points 3 et 5 qu'il n'y avait pas lieu de saisir la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires ni des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige, ni des pénalités correspondantes. En conséquence, la SARL Art de rénover et de bâtir n'est pas fondée à soutenir que l'administration fiscale a commis une irrégularité en mettant en recouvrement la somme correspondant à ces rappels assortis de majorations le 28 juin 2019, soit avant la notification de l'avis de la commission départementale qui s'est tenue le 4 octobre 2019 portant sur d'autres rectifications mises à la charge de la société requérante.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la SARL Art de rénover et de bâtir doivent être rejetées.
Sur la demande de sursis de paiement :
8. Aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. / L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent () ". Il résulte de ces dispositions que les impositions contestées par un contribuable qui a formé une réclamation régulière et présenté une demande de sursis de paiement cessent d'être exigibles à compter de la date à laquelle cette réclamation et cette demande sont reçues par le service.
9. Le tribunal statuant au fond par le présent jugement, les conclusions aux fins de sursis de paiement sont devenues sans objet.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que demande la société requérante au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Art de rénover et de bâtir est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée (SARL) Art de rénover et de bâtir et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
La rapporteure,
L. FRELAUT
La présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAULa greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026