mercredi 22 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103184 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BARBARY MORICE L'HELIAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 mars 2021 et 15 avril 2022, M. C A, représenté par Me l'Helias, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 28 janvier 2021 par laquelle le préfet de la Mayenne a classé sans suite sa demande tendant à la délivrance d'un certificat de résidence algérien ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Mayenne de lui délivrer, à titre principal un certificat de résidence d'un an sur le fondement de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, à titre subsidiaire sur le fondement de l'article 6-5 du même accord et à titre encore plus subsidiaire une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou de procéder au réexamen de sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de condamner l'Etat à verser à son conseil une somme de 1 300 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le préfet n'a pas saisi la commission du titre de séjour ;
- la décision attaquée a été prise en violation de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien ;
- la décision attaquée a été prise en violation de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;
- la décision attaquée a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 mars 2022, le préfet de la Mayenne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du
21 octobre 2021.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 15 novembre 1960, est entré en France le 25 juillet 2004 sous couvert d'un visa de court séjour valable trente jours. Le 1er septembre 2014, il a sollicité un certificat de résidence valable un an sur le fondement des articles 6-1 et 6-5 de l'accord franco-algérien. Par arrêté du 14 octobre 2014, le préfet de la Mayenne a rejeté sa demande. Le tribunal administratif puis la cour administrative d'appel de Nantes ont rejeté les recours dirigés contre cet arrêté les 23 janvier 2015 et 19 mai 2015. Le 23 janvier 2019, M. A a de nouveau sollicité la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 5 juillet 2019, le préfet de la Mayenne a rejeté cette demande et obligé M. A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Les recours dirigés contre cet arrêté ont été rejetés par le tribunal administratif puis la cour administratif d'appel de Nantes les 19 juin 2020 et 3 décembre 2020. Par un courrier du 18 janvier 2021, M. A a sollicité son admission exceptionnelle au séjour et subsidiairement, la délivrance d'un certificat de résidence algérien. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 28 janvier 2021 par laquelle le préfet de la Mayenne a classé sans suite cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien visé ci-dessus : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () ".
3. Si M. A soutient se maintenir de façon continue et stable en France depuis le 25 juillet 2004, les attestations rédigées dans des termes stérotypés qu'il produit ainsi que les éléments médicaux établissant qu'il a bénéficié de l'aide médicale d'état du 25 avril 2008 au 30 avril 2009, du 20 septembre 2010 au 19 septembre 2011, qu'il a été affilié en tant que bénéficiaire depuis le 25 avril 2014 suivant une attestation du 19 août 2014, ne permettent pas de regarder le requérant comme ayant séjourné de manière stable et continue sur le territoire français pendant une durée de plus de dix ans. Les certificats et documents médicaux qu'il verse au dossier ne permettent davantage d'établir une telle présence, alors que le requérant ne produit en outre d'avis d'imposition sur les revenus qu'au titre des années 2013, 2014 et 2017. Dans ces conditions, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Mayenne a méconnu les stipulations précitées du
1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A a sollicité le séjour sur le fondement du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations ne peut qu'être écarté comme inopérant.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " La commission est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné aux articles L. 314-11 et L. 314-12, ainsi que dans le cas prévu à l'article
L. 431-3 () ". L'autorité administrative est tenue de saisir la commission du titre de séjour du cas des seuls ressortissants algériens qui remplissent effectivement les conditions prévues à l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, équivalentes à celles de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les ressortissants algériens qui se prévalent de ces stipulations. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le requérant ne remplit pas effectivement les conditions prévues au 1 de l'article 6 de cet accord pour bénéficier d'un titre de séjour. Par suite, l'absence de consultation de la commission du titre de séjour n'entache pas d'irrégularité la procédure ayant conduit le préfet à édicter le refus de titre de séjour attaqué.
6. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A ne justifie pas de sa présence continue en France depuis 2004. Par ailleurs, s'il se prévaut de la présence en France de deux de ses frères et d'un réseau amical dense, il n'a jamais séjourné régulièrement sur le territoire français, s'est soustrait à l'application de deux mesures d'éloignement et ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de la Mayenne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et n'a pas davantage entaché sa décision d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me L'Helias et à la préfète de la Mayenne.
Délibéré après l'audience du 1er février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, président,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2023.
Le rapporteur,
P-E. B
La présidente,
C. LOIRATLa greffière,
S. LEGEAY
La République mande et ordonne à la préfète de la Mayenne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026