vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103230 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | MAUDET-CAMUS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2021, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2020 par lequel le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a refusé de reconnaître comme imputable au service sa pathologie ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Loire-Atlantique de prendre une décision reconnaissant comme imputables au service ses congés de maladie à compter du 7 octobre 2019 ;
3°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Loire-Atlantique de procéder à la reconstitution de sa carrière, à la rectification de ses bulletins de salaire et au calcul de ses droits à la retraite, dans un délai de 30 jours à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du département de la Loire-Atlantique le versement d'une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa pathologie est en lien direct avec le service, comme l'ont reconnu le médecin expert et la commission de réforme ;
- la circonstance que le taux d'incapacité a été évalué à 5% ne fait pas obstacle à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie, dès lors que le taux d'incapacité mentionné au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 est, en vertu des dispositions de l'article 37-8 du décret 87-602, le taux correspondant à l'incapacité que la maladie est susceptible d'entraîner, et que la pathologie anxiodépressive dont il est atteint est, d'après le guide des barèmes des taux d'invalidité de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, susceptible d'entraîner un taux d'invalidité allant jusqu'à 30%.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2022, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Mes Maudet et Le Rouzic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique ;
- les observations de Me Maudet, représentant le département de la Loire-Atlantique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint de maîtrise principal au département de la Loire-Atlantique, a été placé en arrêt de travail pour maladie le 7 octobre 2019, en raison d'une décompensation dépressive, à la suite, d'après ses déclarations, d'un incident avec son supérieur hiérarchique. Le 14 novembre 2019, il a sollicité du département la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie. Le médecin expert a rendu ses conclusions le 22 avril 2020. Lors de sa réunion du 1er octobre 2020, la commission de réforme a rendu un avis défavorable à la reconnaissance d'imputabilité au service sollicitée par M. A. Par un arrêté du 28 octobre 2020, le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a refusé de reconnaître comme imputable au service la pathologie de M. A. Celui-ci a, le 4 décembre 2020, formé contre cet arrêté un recours gracieux qui a été implicitement rejeté. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2020 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau (). Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'État () ". Aux termes de l'article 37-8 du décret du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Le taux d'incapacité permanente servant de seuil pour l'application du troisième alinéa du même IV est celui prévu à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale. / Ce taux correspond à l'incapacité que la maladie est susceptible d'entraîner. Il est déterminé par la commission de réforme compte tenu du barème indicatif d'invalidité annexé au décret pris en application du quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. ". Aux termes de l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale : " Le taux d'incapacité mentionné au quatrième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 % ".
3. La décompensation dépressive à l'origine de la demande de reconnaissance d'imputabilité d'une maladie au service de M. A n'est pas mentionnée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L.461-1 et suivants du code de la sécurité sociale. Par suite, pour être reconnue imputable au service, elle doit être susceptible d'entraîner un taux d'incapacité permanente partielle d'au moins 25%, et doit présenter un lien direct et essentiel avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
4. Il ressort des pièces du dossier que le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique, pour refuser de reconnaître comme imputable au service la décompensation dépressive de M. A, s'est fondé sur la circonstance que cette pathologie était susceptible d'entraîner, dans le cas de l'intéressé, un taux d'incapacité permanente partielle de moins de 25%. Il ressort à cet égard des pièces du dossier que le médecin psychiatre agréé ayant expertisé l'état de santé de M. A a conclu à l'existence d'une décompensation dépressive susceptible d'entraîner un taux d'incapacité permanente de 5%. La commission de réforme s'est fondée sur ce taux, qu'elle n'a pas remis en cause, pour rendre un avis défavorable à la reconnaissance d'imputabilité au service de la pathologie de M. A qui ne verse au dossier aucun élément d'ordre médical de nature à remettre en cause cette évaluation. Si le requérant soutient par ailleurs qu'un taux d'incapacité de 5% ne fait pas obstacle à la reconnaissance d'imputabilité au service, le taux de 25% mentionné à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale ne s'entend pas, contrairement à ce qu'affirme M. A, comme le taux d'incapacité permanente maximal que la pathologie en cause est susceptible d'atteindre d'une manière générale, indépendamment du cas personnel de l'agent, mais correspond, comme indiqué à l'article 37-8 du décret du 30 juillet 1987 cité au point 2, à l'incapacité que la maladie est précisément susceptible d'entraîner chez l'agent concerné. Par conséquent, la circonstance que le barème indicatif d'invalidité de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales fixe de 0 à 30% l'incapacité que les troubles anxiodépressifs sont susceptibles d'entraîner est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées. Il suit de là que le moyen tiré de ce qu'en décidant de suivre l'avis de la commission de réforme, le président du conseil départemental de Loire-Atlantique a commis une erreur de droit ou une erreur d'appréciation doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus d'imputabilité au service de la pathologie développée par M. A, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées en ce sens par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les faits liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de la Loire-Atlantique, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le requérant.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par le département de la Loire-Atlantique sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du département de la Loire-Atlantique présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, ayant-droit de M. A décédé en cours d'instance, et au département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.
La rapporteure,
C. MILIN
La présidente,
V. GOURMELON
La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2103230
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026