jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103371 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | DUJONCQUOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et trois mémoires, enregistrés les 24 mars 2021, 7 avril 2021, 20 octobre 2023, 9 novembre 2023 et 15 novembre 2023, Mme A C épouse B, représentée par Me Dujoncquoy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juillet 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de naturalisation ainsi que la décision du 26 novembre 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui octroyer la nationalité française sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 21-26 du code civil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme B n'est fondé.
Par une ordonnance du 21 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 octobre 2023.
Par une ordonnance du 23 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été reportée au 24 novembre 2023.
Des pièces complémentaires, présentées pour Mme B, ont été enregistrées les 18 janvier 2024 et 4 novembre 2024, soit postérieurement à la clôture de l'instruction. Elles n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Huet a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C épouse B demande au tribunal d'annuler la décision du 16 juillet 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande d'acquisition de la nationalité française ainsi que la décision du 26 novembre 2020 portant rejet de son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". En vertu des dispositions de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Une fois ce délai expiré ou ces conditions réalisées, il appartient au postulant, s'il le juge opportun, de formuler une nouvelle demande. Il appartient ainsi au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation au ressortissant étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le centre des intérêts matériels du postulant.
3. Pour rejeter la demande d'acquisition de la nationalité française de Mme B, le ministre de l'intérieur s'est fondé, en fait, sur les circonstances que la postulante, qui est ressortissante du pays dans lequel elle exerce ses fonctions, ne justifie pas de liens particuliers avec la France en dehors de son activité professionnelle et qu'elle n'a pas de projet immédiat d'installation en France et, en droit, sur le fondement des dispositions de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993. Par suite, le moyen fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article 21-26 du code civil est inopérant et ne peut qu'être écarté.
4. Si, comme le ministre de l'intérieur le relève lui-même dans son mémoire en défense, la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors que Mme B exerce son activité professionnelle, non pas au Liban, pays dont elle est ressortissante, mais aux Emirats Arabes Unis, cette erreur est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors qu'il résulte de l'instruction que le ministre de l'intérieur aurait pris la même décision en prenant en compte le pays exact d'exercice des fonctions professionnelles de Mme B. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la requérante a toujours vécu, avec son époux et ses enfants, hors D, pays où elle n'établit avoir effectué qu'un séjour touristique d'une semaine en juin 2019. Mme B ne se prévaut d'aucune attache familiale, sociale ou professionnelle en France et n'y a aucun projet d'installation à brève échéance. Si Mme B fait valoir qu'elle a exercé des activités professionnelles au sein de sociétés dont les sièges sociaux se situent en France, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée qui n'est pas fondée sur les dispositions invoquées de l'article 21-26 du code civil. Dans ces conditions, et en dépit de ce que Mme B a été scolarisée dans un établissement français à l'étranger, tout comme le sont actuellement ses enfants, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir qu'en prenant la décision contestée, rejetant sa demande de naturalisation, le ministre a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation. En outre, la légalité d'une décision administrative s'appréciant à la date à laquelle elle a été prise, la requérante ne saurait se prévaloir utilement de circonstances postérieures à la décision du 16 juillet 2020.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Beyls, conseillère,
M. Huet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
F. HUET
Le président,
T. GIRAUD
Le greffier,
G. VIEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026