mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103435 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ATLANTIC JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré et un mémoire enregistrés le 26 mars 2021 et le 9 juin 2022, le préfet de la Vendée, demande au tribunal, en application de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2020 par lequel le maire de Saint-Michel-en-1'Herm a autorisé la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Terras-Le Henanff à édifier un bâtiment agricole de stockage, situé sur la route de la Dive, ainsi que la décision du 26 janvier 2021 par laquelle le maire a rejeté son recours gracieux.
Il soutient que :
- l'auteur de l'arrêté du 15 décembre 2020 n'est pas identifié ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions des articles N1 et N2 du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune ;
- les dispositions de l'article L. 151-12 et du 1° de l'article R. 151-25 du code de l'urbanisme ne sont pas applicables à un permis de construire ;
- la commune ne peut se prévaloir de l'exception d'illégalité des dispositions du secteur Nh du plan local d'urbanisme sur le site d'assiette de l'implantation litigieuse ;
- le projet aurait dû faire l'objet d'une demande d'autorisation du préfet, après avis de la commission départementale de la nature et des sites et de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, en application de l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 octobre 2021 et le 11 janvier 2024, la commune de Saint-Michel-en-l'Herm, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête, et à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le préfet de la Vendée ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brémond, premier conseiller
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Gobé, substituant Me Tertrais, avocat de la commune de Saint Michel en l'Herm,
- les observations de Mme C, représentant la préfecture de la Vendée
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 décembre 2020, le maire de Saint-Michel-en-1'Herm a autorisé la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Terras-Le Henanff à édifier un bâtiment agricole de stockage d'une superficie de 215,50 m2 et de 7,7 mètres de hauteur après démolition d'un ancien hangar en tôle de 80 m2, sur une unité foncière de 6,5 hectares située route de la Dive à Saint-Michel-en-1'Herm. Le 22 janvier 2021, le préfet de la Vendée a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Par une décision du 26 janvier 2021, complétée le 9 mars 2021, le maire de Saint-Michel-en-1'Herm a rejeté ce recours. Le préfet de la Vendée demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2020, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, si le préfet de la Vendée soutient que l'auteur de l'arrêté attaqué n'est pas identifié, il ressort des pièces du dossier que cet arrêté a été signé par Mme B A, adjointe au maire de Saint Michel-en-l'Herm, qui a reçu, par une décision du 12 juin 2020 exécutoire le même jour, délégation pour l'instruction et la délivrance des autorisations d'occupation des sols. La circonstance que l'ampliation de cet arrêté transmise au préfet ne comportait pas le nom et la fonction de cette adjointe est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée
3. En deuxième lieu, aux termes du titre 5 concernant les dispositions relatives à la zone naturelle du règlement écrit du plan local d'urbanisme de Saint-Michel-en-1'Herm, la zone naturelle comprend notamment : " le secteur Nh, qui correspond aux zones bâties non agricoles des zones A et N où l'évolution des constructions existantes est permise dans la mesure où elles n'apportent pas de gênes aux exploitations agricoles : l'extension des constructions d'habitation existante et leurs constructions et installations annexes sont admises, ainsi que le changement de destination des bâtiments existants en vue d'y créer un logement ou une annexe aux constructions existantes ". Aux termes de l'article N1 du même règlement, pour le secteur Nh : " sont interdites toutes les constructions nouvelles et les installations non liées aux habitations existantes ou aux installations et équipements techniques nécessaires au fonctionnement des services publics ou des établissements d'intérêt collectif (assainissement, eau potable, électricité..) ". Aux termes de l'article N2 du même règlement, pour le secteur Nh : " Sont admises sous conditions les occupations et utilisations du sol suivantes : / () 2.6 l'agrandissement ou la transformation des établissements artisanaux et les dépôts existants, sous réserve de ne pas créer de gênes ou de nuisances pour les riverains, et sous réserve des dispositions de l'article N9./ (). 2.7 Les constructions annexes à condition d'être implantées sur la même parcelle que la construction principale "
4. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la demande de permis de construire, que le projet consiste en la construction nouvelle d'un hangar d'une superficie de 215 m² après démolition d'un ancien hangar de 80 m². Cette construction, dédiée au stockage de matériel agricole, sera implantée sur les parcelles Y 032 et Y 033 situées en secteur Nh, à une distance de 25 mètres de la maison des pétitionnaires implantée sur la parcelle Y 033. Il ressort des plans annexés à la demande de permis de construire que ce hangar n'est pas lié matériellement à l'habitation existante et possède une superficie largement supérieure à celle-ci, dont la surface est de 155 m². Dans ces conditions, la construction projetée ne constitue ni une installation annexe à l'habitation existante, ni une construction annexe implantée sur la même parcelle que la construction principale. Si la commune et la SCEA Terras le Hénanff soutiennent que cette maison est le siège social de l'exploitation agricole des pétitionnaires et possède un lien fonctionnel avec la construction projetée, ils n'établissent pas l'existence de ce lien fonctionnel, et ont indiqué dans la demande de permis de construire que cette maison était à usage d'habitation. Par ailleurs, si les dispositions de l'article N2 du plan local d'urbanisme susmentionnées autorisent l'agrandissement ou la transformation des dépôts existant, la construction autorisée est, comme déjà indiqué, une construction nouvelle remplaçant un hangar destiné à être détruit, et non une transformation ou un agrandissement d'un dépôt existant. Il en résulte que le projet de construction ne répond pas aux conditions requises par les articles N1 et N2 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Michel-en-1'Herm pour être autorisé. Il suit de là que le préfet de la Vendée est fondé à soutenir que le projet méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme de la commune précitées.
5. En deuxième lieu, si les défendeurs soutiennent que le projet serait conforme aux dispositions des articles L. 151- 12 et R. 151-25 du code de l'urbanisme qui prévoient que peuvent être autorisées en zone N les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole et forestière, ces dispositions n'ont pas été reprises dans le règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Michel-en-1'Herm. Il en résulte que le pétitionnaire ne peut valablement s'en prévaloir pour établir la conformité de son projet à la réglementation en vigueur.
6. En troisième lieu, si les défendeurs soutiennent que les dispositions du plan local d'urbanisme de la commune relatives au secteur Nh étaient contraires à la législation en vigueur à la date de la décision en litige, et que l'administration aurait dû faire application des dispositions du plan d'occupation des sols antérieur qui autorisaient, dans ce secteur, les constructions liées et nécessaires à l'exploitation agricole, il appartenait à la commune de Saint-Michel-en-1'Herm, autorité compétente en matière de documents d'urbanisme, de modifier, le cas échéant, le plan local d'urbanisme sur ce point. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme en vigueur à la date de la décision en litige serait illégal.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants (). Aux termes de l'article L 121-10 du même code : " " Par dérogation à l'article L. 121-8, les constructions ou installations nécessaires aux activités agricoles ou forestières ou aux cultures marines peuvent être autorisées avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers. "
8. Il ressort des pièces du dossier que la construction autorisée est implantée en dehors des agglomérations et villages existants, et que le projet aurait dû, conformément aux dispositions de l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme susmentionnées, être soumis à un accord préalable de l'autorité préfectorale, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et avis de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, toute construction nouvelle en dehors des agglomérations et villages existants ou n'étant pas dans leur continuité constituant une extension de l'urbanisation au sens du premier alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Il est constant que les avis de ces commissions n'ont pas été sollicités et que l'autorité préfectorale n'a pas donné son accord au projet. Il en résulte que le préfet est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué, entaché d'incompétence en l'absence de cet accord, méconnaît les dispositions de l'article L 121-10 du code de l'urbanisme.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet de la Vendée est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2020 par lequel le maire de Saint-Michel-en-1'Herm a autorisé la SCEA Terras-Le Henanff à édifier un bâtiment agricole de stockage, situé sur la route de la Dive, ainsi que celle de la décision du 26 janvier 2021, complétée le 9 mars 2021, rejetant son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Saint-Michel-en-1'Herm et la SCEA Terras-Le Henanff au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Saint-Michel-en-1'Herm du 15 décembre 2020 est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Michel-en-1'Herm et la SCEA Terras-Le Henanff au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Vendée, à la commune de Saint-Michel-en-l'Herm, et à la SCEA Terras-Le Henanff.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
Le rapporteur,
E. BRÉMOND
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026