mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103476 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MOUTEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2021, M. G C, représenté par Me Moutel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision la décision du 15 juillet 2020 par laquelle le préfet de la Sarthe a rejeté sa demande de titre de séjour et la décision du 7 janvier 2021 par laquelle le préfet a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de le pourvoir dans l'attente de la délivrance de ce titre d'une autorisation provisoire de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de le pourvoir dans l'attente de la délivrance de ce titre d'une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- le signataire de la décision attaquée ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de fait au regard de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 7 octobre 2022, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant ivoirien né en 1973, est entré régulièrement sur le territoire français le 4 juin 2012 sous couvert d'un visa long séjour en tant que conjoint de ressortissant français, valable du 4 juin 2012 au 4 juin 2013. À l'expiration de son visa long séjour, le préfet de la Sarthe, par une décision du 10 avril 2014, a refusé de renouveler le titre de séjour en qualité de conjoint de Français de M. C, lequel était séparé de son épouse française, avec laquelle le divorce a été prononcé le 3 septembre 2015. A la suite de la conclusion d'un pacte civil de solidarité avec une ressortissante française, M. C a sollicité du préfet de la Sarthe la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 15 juillet 2020, le préfet de la Sarthe a refusé de délivrer le titre de séjour sollicité puis a, le 7 janvier 2021, rejeté le recours gracieux formé par M. C. Celui-ci demande au tribunal d'annuler les décisions du 15 juillet 2020 et du 7 janvier 2021.
2. Par un arrêté du 4 mai 2020 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Sarthe a donné délégation à M. F A, directeur de cabinet, signataire des arrêtés litigieux, à l'effet de signer tous arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Sarthe à l'exception de certaines catégories d'actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions prises en matière de police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement de M. E Baron, secrétaire général, dont il n'est pas soutenu qu'il n'aurait pas été absent ou empêché. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. La décision du 15 juillet 2020 comporte l'indication des raisons de droit et de fait pour lesquelles le préfet de la Sarthe a refusé de délivrer un titre de séjour au requérant et est ainsi suffisamment motivée. Le requérant ne peut valablement soutenir que la décision du 7 janvier 2021, qui se borne à confirmer la décision du 15 juillet 2020 elle-même motivée, serait insuffisamment motivée.
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". L'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / ()7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que si M. C est entré et a résidé un an régulièrement en France, il s'y maintient irrégulièrement depuis l'expiration de son visa de long séjour le 4 juin 2013. Si M. C a conclu le 13 septembre 2016 un pacte civil de solidarité avec une ressortissante française, l'ancienneté et la réalité même d'une communauté de vie ne sont pas établies dans la mesure où il n'est pas justifié de ce que sa partenaire résiderait à l'adresse déclarée par M. C, qui est hébergé par une tierce personne au Mans, depuis l'année 2017 selon l'attestation rédigée par l'hébergeante. Alors que la partenaire de M. C travaille dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes à Paris, le requérant ne produit qu'un seul document établi au nom de sa partenaire et à l'adresse à laquelle il est hébergé. Les trois attestations établies par des proches du couple allégué, peu circonstanciées, ne permettent pas de tenir pour établie la communauté de vie alléguée, la sœur de la partenaire de PACS du requérant attestant au contraire, en 2020, que sa mère ainsi que M. C et sa mère résident à Chelles, alors qu'ils étaient supposés être tous deux hébergés au Mans, dans la mesure où la partenaire de M. C n'était plus en mesure d'acquitter son loyer. Par ailleurs, cette dernière n'est pas partie à l'instance et n'a pas produit d'élément de sa main expliquant les conditions dans lesquelles elle concilie son activité professionnelle à Paris et un hébergement par une tierce personne au Mans. A l'exception de sa relation de concubinage alléguée, M. C ne se prévaut pas d'autres attaches familiales ou sociales en France. Il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, ou en Italie, pays dans lequel il a d'après ses déclarations résidé régulièrement durant plusieurs années avant de se rendre en France, sous le couvert d'une carte de séjour à durée illimitée. Dès lors, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Loire-Atlantique n'a méconnu ni ce 7° ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et n'a pas entaché sa décision d'une erreur de fait.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G C, au préfet de la Sarthe et à Me Moutel.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023 à laquelle siégeaient :
M. B de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La rapporteure,
C. D
Le président,
A. B DE BALEINE La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026