mercredi 24 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103495 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PRONOST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 mars 2021, les 1er, 9 et 27 février 2024, M. F A, représenté par Me Pronost, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 novembre 2020 par laquelle le préfet de la
Loire-Atlantique a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de faire droit à sa demande de regroupement familial ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. A soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'un vice d'incompétence ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que la condition de ressources ne lui est pas opposable ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de humains et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2023, le préfet de la
Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Par décision du 8 juin 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 février 2024 :
- le rapport de M. Jégard,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. F A, ressortissant tunisien né en 1950 a sollicité le regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme D E. Par une décision du 27 novembre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de faire droit à sa demande. Par sa requête, M. A sollicite l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision du 27 novembre 2020 a été signée par M. H
G, secrétaire général de la sous-préfecture de Saint-Nazaire. Par un arrêté du 18 novembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Loire-Atlantique a habilité M. G à signer les décisions concernant les demandes de regroupement familial en cas d'absence ou d'empêchement de M. C B, sous-préfet de Saint-Nazaire. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du
27 novembre 2020 doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée et dont les dispositions sont désormais codifiées aux articles L. 434-7 et L. 434-8 du même code : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article
L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. Les ressources doivent atteindre un montant qui tient compte de la taille de la famille du demandeur. Le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article L. 441-1 fixe ce montant qui doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième. Ces dispositions ne sont pas applicables lorsque la personne qui demande le regroupement familial est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée aux articles L. 821-1 ou L. 821-2 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code ou lorsqu'une personne âgée de plus de soixante-cinq ans et résidant régulièrement en France depuis au moins vingt-cinq ans demande le regroupement familial pour son conjoint et justifie d'une durée de mariage d'au moins dix ans ; / () ".
4. D'une part, aux termes de l'article L. 245-1 du code de l'action sociale et des familles : " I. ' Toute personne handicapée résidant de façon stable et régulière en France métropolitaine, () dont l'âge est inférieur à une limite fixée par décret et dont le handicap répond à des critères définis par décret prenant notamment en compte la nature et l'importance des besoins de compensation au regard de son projet de vie, a droit à une prestation de compensation qui a le caractère d'une prestation en nature qui peut être versée, selon le choix du bénéficiaire, en nature ou en espèces. / () ". Il résulte des dispositions des articles L. 245-2 et L. 241-6 de ce code que si la prestation de compensation est accordée par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, compétente pour apprécier si les besoins de compensation de l'adulte handicapé en justifient l'attribution, elle est servie par le département où le demandeur a son domicile de secours ou, à défaut, où il réside. En vertu de l'article L. 241-8 du même code, les décisions du département chargé du paiement de la prestation de compensation sont prises conformément à la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, " sous réserve que soient remplies les conditions d'ouverture du droit aux prestations ". À ce titre, il incombe au département de vérifier que les conditions administratives d'octroi de la prestation, y compris la condition de résidence stable et régulière en France posée par l'article L. 245-1 précité, sont réunies.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 821-2 du code de la sécurité sociale : " () / Le versement de l'allocation aux adultes handicapés au titre du présent article prend fin à l'âge auquel le bénéficiaire est réputé inapte au travail dans les conditions prévues au cinquième (sic) alinéa de l'article L. 821-1 ". L'article L. 821-1 de ce code énonce : " () / Le droit à l'allocation aux adultes handicapés est ouvert lorsque la personne ne peut prétendre, au titre d'un régime de sécurité sociale, d'un régime de pension de retraite ou d'une législation particulière, à un avantage de vieillesse, à l'exclusion de l'allocation de solidarité aux personnes âgées mentionnée à l'article L. 815-1, ou d'invalidité, à l'exclusion de la prestation complémentaire pour recours à constante d'une tierce personne visée à l'article L. 355-1, ou à une rente d'accident du travail, à l'exclusion de la prestation complémentaire pour recours à tierce personne mentionnée à l'article L. 434-2, d'un montant au moins égal à cette allocation. / () "
6. Pour refuser de faire droit à la demande de regroupement familial présentée par M. A, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé ne justifiait pas de ressources suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille en ce que son niveau de ressources n'atteignait pas la moyenne nécessaire du salaire minimum de croissance sur la période de référence dès lors que ses ressources mensuelles s'élèvent à 898 euros net.
7. L'allocation de solidarité pour les personnes âgées instituée par l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale est expressément exclue par les dispositions citées au point 3 de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des ressources devant être prises en compte au titre du regroupement familial. M. A se prévaut d'une décision de la maison départementale des personnes handicapées de la Loire-Atlantique du 29 avril 2016 dont il ressort que la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Loire-Atlantique a émis un avis favorable à un octroi de l'allocation aux adultes handicapés pour la période du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2021 à titre gracieux. Il résulte toutefois d'une part des dispositions de l'article L. 821-2 du code de la sécurité sociale, citées au point 5, que cette allocation ne peut pas lui être versée en raison de son âge et d'autre part de ce qui a été dit au point 4 que seul le département est compétent pour statuer sur l'octroi de l'allocation aux adultes handicapés. Dès lors, M. A n'établit pas être titulaire de cette allocation. Ainsi qu'il ressort de l'enquête de ressources réalisée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 24 juin 2020, les revenus de l'intéressé sont composés à plus de 90 % de l'allocation de solidarité aux personnes âgées. Par suite, en se fondant sur l'insuffisance des ressources de l'intéressé pour refuser le regroupement familial, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur de droit.
8. En troisième lieu, si M. A établit avoir épousé Madame E en 1975 et soutient avoir besoin de sa présence en France en raison de son handicap, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce handicap nécessite l'assistance d'une tierce personne. Le préfet fait valoir par ailleurs sans être contesté que les époux A vivent séparés depuis plus de dix ans et l'intensité et la continuité de leur lien ne ressort d'aucune pièce au dossier. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A, à Me Pronost et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 3 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2024.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026