mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103661 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GENTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er avril 2021 et le 29 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Genty, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2020 par lequel le maire de Saint-Hilaire-de Riez s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux portant sur la création d'une piscine, sur un terrain situé au 43, chemin de la Renaissance, sur la parcelle cadastrée section C n°3072, ainsi que la décision du 11 février 2021 de rejet de son recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il procède, sans procédure contradictoire, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, au retrait d'une décision tacite de non-opposition à déclaration préalable de travaux, intervenue le 3 décembre 2020 ;
- le motif tiré de l'incomplétude du dossier au motif de l'absence d'éléments de justification du coefficient de biotope est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur de droit dès lors qu'aucune demande de complément de pièces ne lui a été faite ;
- le motif tiré de l'atteinte à la préservation de l'espace boisé classé identifié sur la parcelle en cause est entaché d'une erreur d'appréciation, dès lors, notamment, que le projet prévoit l'implantation de la piscine sans la suppression de végétation ou d'arbres ;
- le motif tiré de ce que le projet serait contraire aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone naturelle est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2021, la commune de Saint-Hilaire- de-Riez, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,
- les conclusions de M. Marowki, rapporteur public,
- et les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, avocat de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez.
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 novembre 2020, M. A a déposé auprès de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez une déclaration préalable de travaux portant sur la création d'une piscine enterrée sur la parcelle cadastrée section D n°3072, située au 43, chemin de la Renaissance, classée en zone N du plan local d'urbanisme. Par un arrêté du 23 novembre 2020, le maire de Saint-Hilaire-de-Riez s'est opposé à cette déclaration préalable de travaux. Le requérant demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2020, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux contre cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur () la déclaration préalable () ". L'article R. 424-1 du même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction (), le silence gardé par l'autorité compétente vaut () : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable ". Par ailleurs, en vertu des dispositions de l'article R. 423-19 et de celles du a) de l'article R. 423-23 du même code, le délai d'instruction de droit commun est fixé à un mois, à compter de la réception en mairie d'un dossier complet, pour les déclarations préalables. Pour l'application de ces dispositions, la date de notification de la décision prise sur une déclaration préalable de travaux est celle de la première présentation du courrier par lequel elle est adressée à l'adresse indiquée par le pétitionnaire.
3. Le dossier de déclaration préalable a été déposé le 3 novembre 2020 par le pétitionnaire. Il n'est pas contesté que le délai d'instruction d'un mois, qui n'a pas été modifié, a commencé à courir à compter de cette date. Le requérant fait lui-même valoir dans sa requête que le pli recommandé de notification de l'arrêté attaqué lui a été présenté pour la première fois à son domicile le 24 novembre 2020. Ainsi, la présentation du pli contenant la décision d'opposition litigieuse étant intervenue dans le délai d'instruction, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué aurait procédé au retrait d'une autorisation tacitement accordée. Par suite, le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire préalablement au retrait d'une décision créatrice de droits doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article N1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez, sont autorisés en zone N : " Sont interdits par défaut, tous les types de constructions, installations, aménagements et travaux, à l'exception de ceux mentionnés dans la partie " occupations et utilisations du sol autorisées sous conditions " ci-après ". Si les dispositions de cet article autorisent en zone naturelle l'extension des constructions à usage d'habitation existantes en dehors de la bande littorale des 100 mètres, limitées à 60 m2 d'emprise au sol maximum, celles-ci n'autorisent pas la construction d'annexes à de telles constructions, et en particulier, de piscines.
5. Pour prendre l'arrêté attaqué, le maire de Saint-Hilaire-de-Riez s'est fondé sur les motifs tirés, d'une part, de ce que le projet de piscine en cause n'est pas conforme au règlement de la zone naturelle du plan local d'urbanisme qui interdit la construction d'annexes, d'autre part, de ce que ce projet est de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création de l'espace boisé classé identifié sur son terrain d'assiette, et enfin, de ce que les pièces transmises ne comportent pas l'ensemble des informations nécessaires à l'instruction et qu'il n'est donc pas possible de vérifier que les dispositions d'urbanisme applicables soient respectées.
6. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est classé en zone naturelle. Contrairement à ce que soutient le requérant, quand bien même l'habitation présente sur la parcelle en cause serait identifiée par un pastillage sur les documents graphiques, les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables à la zone naturelle sont applicables au projet, qui ne saurait être regardé comme une extension autorisée par ces dispositions. Par suite, en se fondant sur le premier motif, tiré de ce que le projet en cause n'était pas autorisé par les dispositions de l'article N1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, le maire de Saint-Hilaire-de-Riez a fait une exacte application de ces dispositions.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements " et aux termes de l'article L. 113-2 du même code : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. / () ". Pour refuser une autorisation de travaux sur la base des dispositions de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'apprécier si la construction ou les travaux projetés sont de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création de boisements.
8. Il ressort des pièces du dossier que la piscine projetée, en pleine terre, est implantée, pour près des deux tiers de sa surface, sur un terrain grevé d'une servitude d'espace boisé classé, où tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation ou la création des boisements est interdite en application des dispositions précitées de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme. La construction de ce bassin enterré emporte une artificialisation du sol de 209 m2, empiétant de façon significative sur cet espace boisé classé caractérisé par sa surface limitée comme par la densité et le caractère compact de sa végétation. A supposer même que cette piscine construite en décembre 2020 sans autorisation n'aurait pas entraîné la coupe ou l'abattage d'arbres, ce dont le requérant ne justifie pas par les documents qu'il produit, elle est néanmoins en tout état de cause de nature, par sa proximité immédiate avec les arbres et arbustes présents, à compromettre la conservation et la protection cet espace boisé classé, en faisant obstacle à la présence de racines végétales, comme au développement racinaire et de toute végétation sur son emprise.
9. Il résulte de l'instruction que le maire de Saint-Hilaire-de-Riez aurait pris la même décision en se fondant sur les deux seuls motifs examinés précédemment, tirés de la méconnaissance par le projet des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables à la zone naturelle et de l'atteinte à la conservation et la protection d'un espace boisé classé. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité du dernier motif invoqué par l'arrêté attaqué, tiré de l'incomplétude du dossier de sa demande de déclaration préalable.
10. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les frais liés au litige :
11. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Saint-Hilaire-de-Riez, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme à verser à la commune de Saint-Hilaire-de-Riez à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Hilaire-de-Riez au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Hilaire-de-Riez.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
S. THOMAS
La présidente,
H. DOUET
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée
en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026