mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103688 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er avril 2021, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 février 2021 par laquelle le maire de Préfailles s'est opposé à la construction d'une station relais de téléphonie mobile sur un terrain sis lieudit " Terres Blanches " à Préfailles ;
2°) d'enjoindre à la commune de délivrer une décision de non-opposition dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Préfailles la somme de 5 000 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire a fait une inexacte application des dispositions de l'article N2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Préfailles, le projet ne portant pas atteinte au milieu environnant ;
- le maire a fait une inexacte application des dispositions de l'article Nd-11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Préfailles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2021, la commune de Préfailles, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés ;
- les motifs tirés de l'absence d'accord du Conseil Départemental sur le projet et de ce que celui-ci constitue une extension de l'urbanisation non motivée dans le plan local d'urbanisme de la commune fondent également l'opposition au projet.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brémond, premier conseiller
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, avocat de la commune de Préfailles.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free Mobile a déposé le 21 décembre 2020 une déclaration préalable portant sur l'édification d'une station relais de téléphonie mobile de type treillis sur la parcelle cadastrée section AO n°49 à Préfailles (Loire-Atlantique). Par un arrêté du 5 février 2021, le maire de Préfailles s'est opposé aux travaux déclarés. Par une décision n° 2104349, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a suspendu cette décision et enjoint au maire de Préfailles de reprendre l'instruction de la déclaration préalable de travaux déposée par la société Free Mobile et de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois. En exécution de ce jugement, le maire de Préfailles a autorisé les travaux par une décision du 4 juin 2021. La société Free Mobile demande l'annulation de la décision du 5 février 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation
2. En premier lieu, aux termes de l'article N2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Préfailles : " () / Dans le secteur Nd, sont uniquement autorisées : / () La création ou l'extension des installations liées aux équipements d'infrastructure à condition que la préservation des sites et des paysages soit assurée ;(). "
3. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux consiste à implanter, en zone Nd, un pylône de type treillis d'une hauteur sommitale de 37,87 mètres sur une parcelle agricole située au bord d'une route départementale, à environ 400 mètres des habitations les plus proches. Cette antenne relais constitue un équipement public, en raison de l'intérêt général qui s'attache à la réalisation d'un réseau de téléphonie mobile couvrant le territoire national, et peut à ce titre être implantée en zone naturelle, à condition d'être en conformité avec le règlement de la zone. La commune de Préfailles soutient que le projet serait susceptible de porter atteinte à la préservation des sites et des paysages, en raison de sa hauteur, du risque de mitage du territoire et d'artificialisation d'une zone vierge de toute construction. Toutefois, d'une part, le secteur où est implantée l'antenne est composé de parcelles agricoles, sans caractéristiques paysagères particulières. D'autre part, si le pylône est clairement visible depuis les alentours du fait de sa hauteur et de la configuration des lieux, son impact visuel sera néanmoins atténué par sa forme de type treillis ouvert qui permet une vue traversante. En outre, le risque de mitage et d'artificialisation de cette zone n'est pas établi, au vu de la faible emprise au sol du projet. Il en résulte que la société Free Mobile est fondée à soutenir qu'en s'opposant au projet au motif qu'il porterait atteinte à la préservation des sites, le maire de Préfailles a fait une inexacte application des dispositions de l'article N2-d du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article Nd-11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Préfailles : " () Les clôtures seront d'une hauteur maximale de 1,80 m par rapport au terrain naturel. Une hauteur plus importante peut néanmoins être autorisée pour la préservation des caractéristiques patrimoniales et/ou d'un relief particulier. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le pylône déclaré est entouré d'une clôture rigide végétalisée d'une hauteur de 2 mètres, et dépasse ainsi la hauteur maximale autorisée par les dispositions de l'article Nd-11 susmentionnées. Toutefois, cette hauteur plus importante est nécessaire à la sécurité du site, pour éviter les risques d'intrusion et d'électrocution. Dans ces conditions, elle pouvait être autorisée au titre de la préservation des caractéristiques patrimoniales de l'installation. Il en résulte que la société Free Mobile est fondée à soutenir qu'en s'opposant au projet pour ce deuxième motif, le maire de Préfailles a fait une inexacte application des dispositions de l'article N11-d du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
6. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
7. La commune de Préfailles fait valoir que deux autres motifs de refus peuvent fonder l'opposition au projet, tirés de l'absence d'accord du Conseil Départemental de la Loire-Atlantique sur le projet et de ce que celui-ci constitue une extension de l'urbanisation non motivée dans le plan local d'urbanisme de la commune. Le mémoire de la commune a été communiqué à la société requérante, qui a ainsi été mise à même de formuler des observations sur la substitution de motifs ainsi sollicitée.
8. D'une part, si la commune soutient que la demande d'autorisation devait comporter une autorisation préalable du Conseil Départemental de la Loire Atlantique, propriétaire de la route départementale 313 longeant le terrain d'assiette du projet, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que la délégation du Pays de Retz service aménagement du Conseil Départemental a rendu un avis favorable au projet, assorti d'une prescription. Il en résulte que ce moyen doit être écarté.
9. D'autre part, aux termes de l'article L 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants () ".
10. Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu ne permettre l'extension de l'urbanisation dans les communes littorales qu'en continuité avec les agglomérations et villages existants et a limitativement énuméré les constructions, travaux, installations ou ouvrages pouvant néanmoins y être implantés sans respecter cette règle de continuité. L'implantation d'une infrastructure de téléphonie mobile comprenant une antenne-relais et ses systèmes d'accroche ainsi que, le cas échéant, les locaux ou installations techniques nécessaires à son fonctionnement n'est pas mentionnée au nombre de ces constructions. Par suite, elle doit être regardée comme constituant une extension de l'urbanisation soumise au principe de continuité avec les agglomérations et villages existants au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
11. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'antenne-relais est implanté dans une commune littorale, sur un terrain d'assiette jouxtant des espaces cultivés éloignés des zones urbaines de la commune de Préfailles, à environ 400 mètres des habitations les plus proches. Dès lors, il constitue une extension de l'urbanisation ne se situant pas dans la continuité d'une agglomération ou d'un village existant, mais se trouve localisé dans un secteur d'urbanisation diffuse. En conséquence, les dispositions du premier alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme faisaient obligation au maire de Préfailles de s'opposer à la déclaration de travaux présentée par la société Free Mobile. Dans ces conditions, il y a lieu de procéder à la substitution de motif demandée par la commune de Préfailles sur ce point, qui ne prive la société requérante d'aucune garantie.
12. Il résulte de ce qui précède que la société Free Mobile n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 5 février 2021 par lequel le maire de Préfailles s'est opposé à sa déclaration de construction d'une station relais de téléphonie mobile sur un terrain sis lieudit " Terres Blanches " à Préfailles.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Préfailles, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la société Free Mobile au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société requérante la somme demandée par la commune à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Free Mobile est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Préfailles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Free Mobile et à la commune de Préfailles.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
Le rapporteur,
E. BRÉMOND
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026