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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2103693

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2103693

mercredi 26 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2103693
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantSMATI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I, Par une requête, enregistrée sous le n° 2103693 le 2 avril 2021 Mme C A, représentée par Me Smati, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 5 janvier 2021 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé de prolonger son autorisation provisoire de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et dans l'intervalle de lui délivrer une autorisation provisoire de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros qui sera versée à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît la décision du comité exécutif du 14 décembre 1993 concernant la

prolongation du visa uniforme prise en application des stipulations de l'article 17 de la

convention de Schengen ;

- elle méconnaît la circulaire n° NOR INT D 99 00263 C 4 du 23 décembre

1999 relative à la prolongation de visas ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par une mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 septembre 2021.

La clôture de l'instruction est intervenue le 3 janvier 2023

II, Par une requête, enregistrée sous le n° 2109314 le 19 août 2021, Mme C A, représentée par Me Smati, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2021 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros qui sera versée à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en ce que le site internet de la préfecture ne permet pas d'enregistrer les dossiers de demande de titre de séjour fondées sur les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le formulaire administratif faisant référence à ce fondement n'ayant pas été rendu disponible avant le mois d'août 2021, alors qu'elle a annexé à sa demande toutes les pièces permettant l'instruction de sa demande.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le courrier du 7 juillet 2021 n'est pas une décision faisant grief ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction est intervenue le 3 janvier 2023

III, Par une requête, enregistrée sous le n° 2204912 le 19 avril 2022, Mme C A, représentée par Me Smati, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et dans l'intervalle de lui délivrer une autorisation provisoire de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros qui sera versée à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle n'est pas suffisamment motivée eu égard aux dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration tant en fait qu'en droit ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu de ses attaches anciennes, intenses et stables en France auprès de son compagnon, devenu son époux le 22 février 2022, dont l'état de santé justifie sa présence à ses côtés, elle-même devant poursuivre des soins en France, et de sa volonté d'intégration notamment professionnelle ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de ses liens en France alors qu'elle n'a pas de contact avec ses enfants résidant en Russie, elle-même résidant en Ukraine ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle n'est pas suffisamment motivée eu égard aux dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration tant en fait qu'en droit ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de la décision fixant le délai de départ :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce que sa maison se situe dans la région de Donetsk où une violence généralisée sévit.

Par une mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2022.

La clôture de l'instruction est intervenue le 3 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (CE) N° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (CE) n° 810/2009 du 13 juillet 2009 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Echasserieau, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, se déclarant de nationalité ukrainienne née le 26 avril 1961, est entrée en France le 1er mars 2020 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités françaises. En raison de la crise sanitaire, elle a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 28 septembre 2020, dont elle a à nouveau demandé la prolongation qui lui a été refusée par décision du 5 janvier 2021 dont elle demande l'annulation par sa requête n° 2103693. Après une première demande classée sans suite par les services de la préfecture de Maine-et-Loire en raison d'un fondement erroné, Mme A a présenté le 7 juillet 2021, une demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale " que les services de la préfecture ont refusé d'enregistrer en l'informant de son obligation de déposer sa demande en ligne, refus dont elle demande l'annulation par sa requête n° 2109314. Elle a ensuite sollicité le 5 octobre 2021 un titre de séjour. Par la requête n° 2204912, Mme A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2103693, 2109314 et 2204912 présentent à juger à titre principal de la légalité de décisions prises à l'encontre d'une même ressortissante étrangère et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur la requête n° 2103693 :

3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Selon l'article L. 211-5 de ce même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. La décision refusant à un étranger la prolongation de la durée de son autorisation provisoire de séjour constitue une mesure de police qui est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.

5. En l'espèce, si la décision litigieuse mentionne que Mme A ne justifie pas d'un évènement ayant un caractère imprévisible et exceptionnel, elle ne vise ni ne se réfère à aucun texte, que ce soit un article du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou bien le règlement susvisé du 13 juillet 2009. Elle est, par suite, insuffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration précité.

6. Il ressort de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 5 janvier 2021.

Sur la requête n° 2204912 :

En ce qui concerne le refus de séjour :

7. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise notamment l'article L. 423-23 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne différents éléments de la situation personnelle et familiale y compris en France de Mme A. Il contient ainsi l'exposé des motifs de droit et de fait sur lesquels s'est fondé le préfet de Maine-et-Loire pour prendre la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du refus de titre de séjour ne saurait être accueilli.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9. Il ressort des pièces du dossier que Mme A ne réside en France, à la date de l'arrêté attaqué, que depuis environ trois années, après avoir vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de presque soixante ans. Elle n'a résidé régulièrement en France qu'en raison de prolongations de son séjour en raison de la crise sanitaire et était, depuis lors, dans l'attente de l'instruction de sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de sa vie commune avec un ressortissant russe réfugié en France avec lequel elle n'a emménagé qu'en mars 2020 et avec qui elle s'est mariée le 22 février 2022, postérieurement à la décision attaquée, alors que sa demande d'asile et sa demande de réexamen ont été définitivement rejetées. Toutefois, pour établir la stabilité et l'intensité de sa relation, la requérante se limite à produire une attestation d'Angers Loire métropole se rapportant à un abonnement à l'eau potable du couple depuis le 14 décembre 2020 et un certificat de vie commune délivré par la mairie d'Angers le 17 novembre 2020 indiquant, sur une base déclarative, une vie commune depuis le 1er mars 2020. Si l'intéressée soutient que son soutien est nécessaire pour son époux malade, les pièces médicales produites, qui attestent que l'intéressé est notamment suivi pour un diabète non insulino-dépendant et des problèmes cardiaques, ne démontrent pas la nécessité dans laquelle il serait de bénéficier de l'aide constante de la requérante. Si Mme A a elle-même été opérée d'un cancer et bénéficiait d'un suivi au moins jusqu'au 7 mars 2022, il est constant que l'intéressée n'a pas sollicité de titre de séjour pour un motif médical. Par ailleurs, la requérante n'a jamais bénéficié de la possibilité de travailler en France et elle ne fait pas état d'une quelconque intégration sociale ni d'aucune autre attache privée et familiale dans ce pays en dehors de son époux. En outre, si elle soutient n'avoir aucun contact avec ses deux fils nés en 1981 et 1984 et résidant en Russie, il n'en demeure pas moins qu'elle n'est pas dépourvue de liens familiaux dans ce pays. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas porté à son droit à une vie privée et familiale normale une attente excessive et n'a donc méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur la situation personnelle de la requérante.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour ".

11. L'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité est relatif à l'hypothèse où un étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour. Ainsi qu'il a été dit précédemment au point 7, la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour en vertu des dispositions précitées, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.

12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 9 que le moyen tiré de l'illégalité du refus de séjour que Mme A invoque par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, les moyens tirés d'une part de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'autre part de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle doivent être écartés.

Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :

14. Il résulte de ce qui a été dit aux points 10 à 13 que le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire que Mme A invoque par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 10 à 13 que le moyen tiré de l'illégalité de de l'obligation de quitter le territoire que Mme A invoque par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant de pays de destination doit être écarté.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprenant depuis le 1er mai 2021 les anciennes dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

17. Mme A soutient qu'elle ne serait de nationalité russe qu'en raison de sa résidence dans la ville de Karakhovo se situant dans la région de Donetsk. Toutefois, quand bien même l'intéressée possèderait un appartement dans la ville précitée, la circonstance qu'elle dispose d'un passeport russe lui permet de séjourner dans ce pays où résident ses deux fils. En outre, l'intéressée n'a pas déposé de demande d'asile en se prévalant de sa nationalité ukrainienne et n'établit pas que, par la possession de cette seule nationalité, elle serait soumise à des traitements inhumains ou dégradants en étant éloignée à destination de la Russie. Dès lors ce moyen doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office doivent être rejetées.

Sur la requête n° 2109314 :

19. Le juge de l'excès de pouvoir ne peut, en principe, déduire d'une décision juridictionnelle rendue par lui-même ou par une autre juridiction qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation dont il est saisi, tant que cette décision n'est pas devenue irrévocable. Il en va toutefois différemment lorsque, faisant usage de la faculté dont il dispose dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il joint les requêtes pour statuer par une même décision, en tirant les conséquences nécessaires de ses propres énonciations. Dans cette hypothèse, toutes les parties concernées seront, en cas d'exercice d'une voie de recours, mises en cause et celle à laquelle un non-lieu a été opposé, mise à même de former, si elle le souhaite, un recours incident contre cette partie du dispositif du jugement.

20. Par la requête n° 2109314 Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 7 juillet 2021 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois la demande de titre de l'intéressée a de nouveau été présentée le 5 octobre 2021 et enregistrée par les services de la préfecture. Ainsi la mise en instruction du dossier déposé le 5 octobre 2021 est venu implicitement mais nécessairement retirer le refus d'enregistrement opposé le 7 juillet 2021. Cette dernière demande ayant donné lieu à l'arrêté du 8 décembre 2021 dont le recours tendant à son annulation est, ainsi qu'il a été dit au point 18, rejeté par le présent jugement, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la décision du 7 juillet 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. L'exécution du présent jugement, compte tenu du motif d'annulation retenu, au point 6 de la décision du 5 janvier 2021 et du rejet des conclusions à fin d'annulation des autres conclusions des requêtes, eu égard aux effets de cette annulation sur le droit au séjour de Mme A n'implique pas qu'il soit enjoint au préfet de Maine-et-Loire de réexaminer la situation de l'intéressée dans la perspective d'une éventuelle prolongation de son autorisation provisoire de séjour.

Sur les frais du litige :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État le versement à Me Smati de la somme demandée dans le cadre de la requête n° 2103693 sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit à ces conclusions dans les cadres des requêtes n° 2109314 et 2204912.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 5 janvier 2021 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé de prolonger l'autorisation provisoire de séjour de Mme A est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Smati.

Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,

M. Echasserieau, premier conseiller,

Mme Baufumé, première conseillère.

Rendu publique par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.

Le rapporteur,

B. ECHASSERIEAU

La présidente,

M. B

La greffière,

Y. BOUBEKEUR

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2, 2109314, 220491

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01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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