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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2103891

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2103891

mardi 9 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2103891
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantPERROT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 avril 2021, Mme C, représentée par Me Perrot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 juin 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a déclaré irrecevable sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen ;

- elle méconnaît l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à défaut d'information sur les conséquences de l'absence de demande de titre de séjour à un autre titre que l'asile dans le délai prescrit ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, eu égard à la gravité de son état de santé.

Une mise en demeure a été adressée le 30 septembre 2022 au préfet de la Loire-Atlantique, en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête, dès lors que la requérante s'est vue reconnaître le statut de réfugiée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 9 juin 2021.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er avril 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Thomas, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 28 janvier 1986, a déposé une demande d'asile le 1er mars 2019. Le 1er mars 2020, Mme A a sollicité auprès du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Par une décision du 10 juin 2020, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande de titre de séjour au motif qu'elle était irrecevable.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Il ressort des pièces du dossier que Mme A s'est vue reconnaître le statut de réfugiée par une décision du 9 juin 2021 de la Cour nationale du droit d'asile, et a droit à être admise au séjour à ce titre. Par suite, les conclusions de Mme A à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

3.Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 10 juin 2020 ainsi qu'à fin d'injonction.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à Me Perrot, et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Durup de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.

La rapporteure,

S. THOMAS

Le président,

A. DURUP DE BALEINELa greffière,

J. DIONIS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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