mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103929 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SEP LACHAUD MANDEVILLE COUTADEUR & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 8 avril 2021, le 7 octobre 2021, le 31 mars 2022 et le 12 avril 2022, M. D E, représenté par Me Marques, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2019 par lequel le maire de Loireauxence a délivré un permis de construire au GAEC du Grand Dauphin pour la construction d'une nurserie pour veaux et d'un hangar agricole sur un terrain situé à La Davière - Belligné à Loireauxence (Loire-Atlantique) ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Loireauxence la somme de 3 000 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable, le délai de recours contentieux prévu par l'article R 600-2 du code de l'urbanisme n'ayant pas commencé à courir, en l'absence d'affichage du permis de construire sur le terrain d'assiette ;
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant et méconnaît les articles R 431-8 et R 431-10 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire est entaché d'illégalité en raison d'une fraude ;
- le projet méconnaît l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de la déclaration au titre des rubriques n° 2101, 2102, 2111 et 3660 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement, la construction étant implantée à moins de 100 mètres de son habitation ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme concernant le respect des règles de distance et l'atteinte portée à la salubrité et à la sécurité publique ;
- le projet méconnaît l'article A 4.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de Belligné.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 septembre 2021 et le 4 juillet 2022, la commune de Loireauxence, représentée par Me Caradeux, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive et irrecevable ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2022, le GAEC du Grand Dauphin, représenté par Me Plateaux, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire au rejet au fond de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive et irrecevable ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de la déclaration au titre des rubriques n° 2101, 2102, 2111 et 3660 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brémond, premier conseiller,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Dubos, substituant Me Caradeux, avocat de la commune de Loireauxence,
- les observations de Me Jouanneaux, substituant Me Plateaux, avocate du GAEC du Grand Dauphin.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 13 novembre 2019, le maire de Loireauxence a accordé au GAEC du Grand Dauphin un permis de construire une nurserie pour veaux et un hangar agricole sur un terrain sis à la Davière - Belligné à Loireauxence, correspondant aux parcelles cadastrées ZR n°29, ZR n°30 et ZR n°181, pour une surface de plancher de 811 m². M. E, propriétaire d'une maison d'habitation implantée sur une parcelle jouxtant le terrain du GAEC du Grand Dauphin, déclare avoir constaté à la fin du mois d'octobre 2020, que des travaux de construction d'un bâtiment agricole étaient réalisés sur les parcelles appartenant au GAEC, à proximité immédiate de son habitation. Par un courrier du 20 novembre 2020, M. E a mis en demeure la maire de Loireauxence de procéder au constat des infractions commises selon par le GAEC du Grand Dauphin et d'ordonner l'interruption de ces travaux. La commune de Loireauxence a alors informé M. E de l'existence du permis de construire obtenu par le GAEC du Grand Dauphin, dont il a obtenu une copie le 10 février 2020. M. E demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2019 par lequel le maire de Loireauxence a délivré ce permis de construire au GAEC du Grand Dauphin.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de la composition du dossier de demande de permis de construire
2. Aux termes de l'article R 431-8 du code de l'urbanisme : " " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ;/ f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " " a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. En premier lieu, si M. E soutient que la notice jointe au dossier de permis de construire ne présente pas les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement, et ne mentionne pas son habitation, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette notice décrit l'état initial du terrain et ses abords, les aménagements prévus ainsi que l'implantation du projet. Cette notice mentionne également, concernant la visibilité du projet, que le tiers le plus proche, qui est le requérant, est situé à 68, 40 mètres du projet de nurserie et qu'il sera en grande partie masqué par la végétation existante. En outre, la propriété de M. E est identifiée sur le plan de masse joint au dossier de permis de construire. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que la notice jointe au dossier de demande serait insuffisante et méconnaîtrait l'article R 431-8 du code de l'urbanisme.
5. En second lieu, si le dossier de demande de permis de construire ne contient pas de plan intitulé " plan des toitures ", celles-ci sont visibles sur les plans des façades. Par ailleurs, si le requérant soutient que le document intitulé " état projeté " ne montre pas les constructions avoisinantes, notamment son habitation, cette dernière est située à près de 70 mètres de la construction projetée la plus proche et elle est masquée par la végétation. En outre, les photos jointes au dossier de demande, notamment la vue aérienne du terrain d'assiette du projet, permettent de situer les constructions projetées par rapport aux constructions avoisinantes, en particulier la propriété de M. E. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le permis de construire atttaqué méconnaîtrait les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme.
S'agissant du moyen tiré de la fraude :
6. Un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser des constructions conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire et la circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces constructions risqueraient d'être ultérieurement transformées ou affectées à un usage non-conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
7. M. E soutient que le GAEC du Grand Dauphin n'aurait pas fait mention de ce que sa demande de permis de construire portait sur la modification d'une installation classée pour la protection de l'environnement existante d'élevage de vaches laitières, et que cette omission, selon lui délibérée, a eu pour conséquence de fausser l'appréciation de la commune sur la demande de permis de construire concernant le respect de la règle imposant une distance de 100 mètres entre une installation de ce type et une maison d'habitation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la notice jointe au dossier de demande de permis de construire mentionne expressément que le projet consiste à créer une nurserie de 48 veaux de 2 à 6 mois et à augmenter la surface d'un hangar de stockage de céréales et de concentrés, avec une extension inférieure à 5 000 m3. En outre, cette notice indique que le site est " soumis aux installations classées ". Dans ces conditions, le GAEC du Grand Dauphin ne peut être regardé comme s'étant livré, à l'occasion du dépôt de sa demande, à des manœuvres destinées à tromper l'administration sur la réalité de son projet. Dès lors, M. E n'est pas fondé à soutenir que le permis de construire attaqué est entaché d'illégalité en raison d'une fraude.
S'agissant de la méconnaissance de l'arrêté du 27 décembre 2013 :
8. Aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de la déclaration au titre des rubriques n°s 2101, 2102, 2111 et 3660 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement : " Au sens du présent arrêté, on entend par : / () "Annexes" : toute structure annexe, notamment les bâtiments de stockage de paille et de fourrage, les silos, les installations de stockage, de séchage et de fabrication des aliments destinés aux animaux, les équipements d'évacuation, de stockage et de traitement des effluents, les aires d'ensilage, les salles de traite, à l'exception des parcours ". Aux termes de l'article 2.1 de l'annexe 1 du même arrêté : " 2.1. Règles d'implantation / Les bâtiments d'élevage et leurs annexes sont implantés à une distance minimale de : / 100 mètres des habitations ou locaux habituellement occupés par des tiers () ; cette distance peut être réduite à : / a) 50 mètres lorsqu'il s'agit de bâtiments d'élevage de bovins sur litière accumulée; () ". Aux termes de l'annexe 3 à l'article R. 511-9 du code de l'environnement relatif à la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement : " 2101 / Bovins (activité d'élevage, transit, vente, etc. de). 1. Elevage de veaux de boucherie et/ ou bovins à l'engraissement ; transit et vente de bovins lorsque leur présence simultanée est supérieure à 24 heures, à l'exclusion des rassemblements occasionnels : / a) Plus de 800 animaux / A / b) De 401 à 800 animaux / c) De 50 à 400 animaux / D () / 2160 / Silos et installations de stockage, en vrac, de céréales, grains, produits alimentaires ou tout produit organique dégageant des poussières inflammables () /1. Silos plats : a) Si le volume total de stockage est supérieur à 15 000 m ³ / B/ b) Si le volume total de stockage est supérieur à 5000 m ³, mais inférieur ou égal à 15 000 m ³ / C / 2. Autres installations : / a) Si le volume total des stockages est supérieur à 15 000 m ³ / A / b) Si le volume total des stockages est supérieur à 5 000 m ³ mais inférieur ou égal à 15 000 m ³ / C () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que le hangar servant au stockage de céréales et de concentrés possède un volume de stockage inférieur à 5 000 m3. Dans ces conditions, ce bâtiment, qui constitue une installation distincte, n'est pas soumis à une obligation de déclaration au titre de la législation des installations classées, la rubrique n° 2160 de la nomenclature de ces installations concernant les bâtiments de stockage n'imposant une déclaration qu'à partir d'un volume total de stockage supérieur à 5 000 m3. Si M. E soutient néanmoins que ce bâtiment de stockage est une annexe à un bâtiment d'élevage, le stockage de céréales étant selon lui destiné à l'alimentation des bovins de l'exploitation, et qu'il aurait dû à ce titre être implanté à au moins 100 mètres de son habitation, il ne l'établit pas et cela ne ressort pas non plus des pièces du dossier A supposer que l'usage de ce bâtiment ne soit pas conforme au permis de construire attaqué, cette circonstance n'est pas en elle-même de nature à affecter sa légalité, l'existence d'une fraude n'étant, pour les motifs indiqués au point 7, pas établie. En tout état de cause, il ressort également des pièces du dossier que ce bâtiment est implanté à plus de 100 mètres de l'habitation de M. E.
10. La nurserie pour veaux, dont l'effectif est de 48 veaux, n'est pas non plus une installation classée pour la protection de l'environnement, dès lors que la rubrique n° 2101 de la nomenclature de ces installations soumet à déclaration les élevages de veaux d'un effectif compris entre 50 et 400 têtes Il en résulte que la construction destinée à accueillir cette nurserie n'avait pas l'obligation d'être implantée au moins à 100 mètres de l'habitation de M. E. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que le projet en litige méconnaît l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de la déclaration au titre des rubriques n°s 2101, 2102, 2111 et 3660 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement.
S'agissant de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
11. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
12. En premier lieu, si M. E soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation au titre du non-respect des règles de distance, il résulte de ce qui a été dit aux points 9 et 10 que les constructions en litige ne sont pas soumises au respect de distances minimales d'implantation.
13. En second lieu, si le requérant soutient que les constructions autorisées portent atteinte à la salubrité et à la sécurité publique, en raison de l'augmentation des nuisances sonores et olfactives générées par la nurserie à veaux et du risque d'incendie lié au bâtiment de stockage, il ressort des pièces du dossier que la maison de M. E est distante de 68 mètres de la nurserie, dont elle est séparée par des arbres faisant obstacle à une co-visibilité entre ces deux constructions et ces maisons. Dans ces conditions, le risque pour la salubrité publique n'est pas établi. D'autre part, la notice jointe au dossier de demande du permis de construire précise que l'extension du hangar sera construite en béton et fibrociment, considérés comme incombustibles au sens de la nomenclature en vigueur. En outre, le dossier de permis de construire mentionne l'existence d'une réserve de 5 000 m3 d'eau sur le site. Dès lors, le projet attaqué ne peut être regardé comme entrainant un risque pour la sécurité publique propre à justifier légalement le refus d'en autoriser la construction
14. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du Code de l'urbanisme.
S'agissant de la méconnaissance de l'article A 4.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Belligné :
15. Aux termes de l'article A 4.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Belligné : " A - 4.1. Caractéristiques architecturales des façades, des toitures des constructions et des clôtures / 4.1.2. Principes généraux / Les principes architecturaux suivants doivent être respectés : harmonie des volumes, formes et couleurs en accord avec les constructions existantes (matériaux, pente de toits, éléments de toiture). / Ce principe général concerne aussi bien l'édification de constructions nouvelles que toute intervention sur des bâtiments et des aménagements existants (restauration, transformation, extension, ). Il est en de même des constructions annexes, des murs, des clôtures et des éléments techniques qui doivent en outre s'intégrer harmonieusement avec la construction principale à laquelle elles se rattachent. "
16. Si M. E soutient que le bâtiment de stockage ne serait pas en harmonie avec la stabulation existante, notamment en ce qui concerne les volumes et les couleurs, et que, quant au bâtiment destiné à l'élevage, le choix du béton et de l'acier de couleur " ivoire clair " tranche avec les bâtiments existants sur la propriété, il ressort des pièces du dossier que les bâtiments existants ne présentent ni intérêt ni unité architecturale particulière, les dispositions citées au point 15 n'en imposant pas pour autant la reproduction des caractéristiques esthétiques. En outre, les photographies et le document graphique joints au dossier de demande de permis de construire ne montrent pas de rupture entre les constructions projetées et les bâtiments existants. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté méconnaîtrait les dispositions de l'article A 4.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Belligné doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Loireauxence et le GAEC du Grand Dauphin, M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 novembre 2019 par lequel le maire de Loireauxence a délivré un permis de construire au GAEC du Grand Dauphin pour la construction d'une nurserie pour veaux et d'un hangar agricole sur un terrain situé La Davière - Belligné à Loireauxence.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Loireauxence, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes présentées par la commune de Loireauxence et le GAEC du Grand Dauphin au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Loireauxence et par la GAEC du Grand Dauphin au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, à la commune de Loireauxence et au GAEC du Grand Dauphin.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
Le rapporteur,
E. BRÉMOND
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026