mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 avril 2021, Mme C M'Sa, représentée par Me Rodrigues D, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision la décision du 11 mars 2021 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer une carte d'identité française ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer une carte nationale d'identité française, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou à défaut de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 25 août 2021, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une décision du 29 novembre 2021, Mme M'Sa a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 juillet 2020, Mme M'Sa a déposé auprès d'une mairie annexe de la commune de Nantes une demande de carte nationale d'identité française. Après une demande de compléments du 18 août 2020 non satisfaite, le préfet de la Sarthe a, par la décision attaquée du 11 mars 2021, refusé de délivrer le document d'identité français sollicité.
2. La décision attaquée fait état des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision, notamment en droit, doit donc être écarté.
3. Aux termes de l'article 2 du décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 visé ci-dessus instituant la carte nationale d'identité dispose que : " La carte nationale d'identité est délivrée sans condition d'âge à tout Français qui en fait la demande. () " et aux termes de l'article 4 du même décret : " I.-En cas de première demande, la carte nationale d'identité est délivrée sur production par le demandeur : a) De son passeport, de son passeport de service ou de son passeport de mission délivrés en application des articles 4 à 17 du décret n° 2005-1726 du 30 décembre 2005 modifié relatif aux passeports valides ou périmés depuis moins de cinq ans à la date de la demande, sans préjudice, le cas échéant, de la vérification des informations produites à l'appui de la demande de cet ancien titre . La production de l'un de ces passeports dispense le demandeur d'avoir à justifier de son état civil et de sa nationalité française ; " et aux termes de l'article 31-2 du code civil : " Le certificat de nationalité (.) fait foi jusqu'à preuve du contraire. () ".
4. En application des dispositions du décret du 22 octobre 1955 visé ci-dessus instituant la carte nationale d'identité, il appartient aux autorités administratives de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que les pièces produites à l'appui d'une demande de passeport sont de nature à établir l'identité et la nationalité du demandeur. Un doute suffisant sur l'identité ou la nationalité de l'intéressé peut justifier le refus de délivrance ou de renouvellement du passeport. Les dispositions précitées de l'article 4 du décret du 22 octobre 1955 fondent en outre le pouvoir de l'autorité administrative pour, à l'occasion de l'examen d'une demande de carte d'identité et lorsqu'un doute suffisamment justifié subsiste quant à la nationalité du demandeur, vérifier les informations produites à l'appui de la demande d'un passeport précédemment délivré.
5. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de faire droit à la demande de délivrance d'une carte nationale d'identité, le préfet de la Sarthe a relevé, d'une part, l'absence d'acte de naissance de l'intéressée, qui est née hors de France de parents non-français, établi auprès du service central d'état-civil des Français nés à l'étranger, et d'autre part la circonstance que le passeport français délivré en 2012 à l'intéressée l'avait été indument dès lors qu'il reposait sur un jugement d'adoption simple n'ayant pas pour effet de conférer la nationalité française à Mme M'Sa, de sorte que la demandeuse ne justifiait pas de la nationalité française. La requérante n'a pas produit dans le cadre de l'instance d'acte de naissance. Si Mme M'Sa se prévaut de la délivrance d'un passeport français le 12 novembre 2012, le préfet de la Sarthe fait valoir sans être contredit que ce document a été indument délivré sur le fondement d'un jugement d'adoption simple de l'intéressée par une ressortissante supposément française prononcé le 15 décembre 2011 par le tribunal de grande instance de Mamoudzou, ce type d'adoption étant sans effet sur la nationalité de l'adopté. Par suite, la production de ce passeport, compte tenu de la vérification des informations produites à l'appui de la demande de cet ancien titre, n'a pas dispensé la demandeuse de justifier de son état-civil et de sa nationalité française, ce qui lui a été demandé par la mairie annexe de Nantes le 18 août 2020, sans que Mme M'Sa satisfasse à cette demande.
6. En outre, la possession d'état de Française invoquée sur le fondement de l'article 21-13 du code civil ne dispense pas l'intéressée de réclamer la nationalité dans les conditions prévues par ce code, la juridiction civile de droit commun étant seule compétente, en vertu de l'article 29 du code civil pour connaître des contestations sur la nationalité française ou étrangère des personnes physiques, alors en outre que les dispositions, précitées du décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 n'imposent pas, par elles-mêmes, à l'administration de reconnaître la possession d'état revendiquée devant elle. Dans ces conditions, le préfet de la Sarthe a pu éprouver un doute suffisant sur la nationalité de l'intéressée et ainsi, sans commettre d'erreur d'appréciation, lui refuser la délivrance d'une carte nationale d'identité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme M'Sa doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme M'Sa est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C M'Sa, au préfet de la sarthe et à Mme E D.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023 à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure,
C. B
Le président,
A. A DE BALEINE La greffière,
J. DIONIS
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026