jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104143 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | AKHZAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 avril 2021, M. B A, représenté par Me Akhzam, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours administratif formé le 5 octobre 2020 contre la décision du préfet de l'Oise du 12 août 2020 ayant ajourné à deux ans sa demande d'acquisition de la nationalité française ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder au réexamen de sa demande de naturalisation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en méconnaissance des dispositions de l'article 27 du code civil et de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit ; elle méconnait les dispositions des articles 21-23 et 21-27 du code civil ; il n'a jamais été condamné pénalement, notamment pour des faits de recel de bien provenant d'un délit puni d'une peine n'excédant pas 5 ans d'emprisonnement ; il est de bonne vie et de bonnes mœurs ;
- son comportement exemplaire et son autonomie n'ont pas été pris en compte dans l'examen de sa demande de naturalisation ;
- il est bien intégré professionnellement et socialement et remplit l'ensemble des conditions énoncées à l'article 21-24 du code civil ; il a bénéficié d'une indépendance économique, grâce à ses efforts réguliers, dès l'âge de 22 ans ; la condition de résidence énoncée aux articles 21-16 et 21-17 du code civil est également remplie ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait la circulaire du 21 juin 2013 ; les faits qui lui sont reprochés, et qu'il conteste fermement, ont, en tout état de cause, un caractère isolé et sont relativement anciens.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 février 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation de sa décision implicite de rejet sont dépourvues d'objet dès lors que sa décision explicite du 1er mars 2021 s'est substituée à cette décision ;
- les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles 21-23 et 21-27 du code civil et de la circulaire du 21 juin 2013, réputée abrogée en application des dispositions de l'article L. 312-2 du code des relations entre le public et l'administration, sont inopérants ;
- aucun des autres moyens invoqués n'est fondé.
Vu les pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Baufumé a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 12 août 2020, le préfet de l'Oise a ajourné à deux ans la demande de naturalisation présentée par M. B A, ressortissant ivoirien. Saisi d'un recours administratif préalable obligatoire reçu le 5 octobre 2020, le ministre de l'intérieur a, par une décision du 1er mars 2021, qui s'est substituée à la décision du préfet de l'Oise et à sa propre décision implicite de rejet, rejeté ce recours et confirmé l'ajournement à deux ans de la demande de naturalisation formulée par l'intéressé. M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur :
2. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A dirigées contre la décision implicite née du silence gardé par le ministre doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 1er mars 2021, par laquelle le ministre a explicitement ajourné à deux ans sa demande de naturalisation.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 1er mars 2021 du ministre de l'intérieur :
4. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret susvisé du 30 décembre 1993 : " Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration dans la nationalité sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur son comportement.
5. Pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation de M. A, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de ce que ce dernier aurait fait l'objet en mars 2014 d'une procédure pour recel de bien provenant d'un délit puni d'une peine n'excédant pas 5 ans d'emprisonnement, procédure ayant donné lieu à un rappel à la loi. Toutefois, le requérant conteste les faits qui lui sont reprochés et le ministre ne produit aucune pièce permettant d'établir qu'une telle procédure aurait été engagée à l'encontre de ce dernier et qu'elle aurait donné lieu à un rappel à la loi, ni n'indique par ailleurs la date de cet éventuel rappel à la loi ou le nom de la juridiction qui l'aurait émis. Il s'en suit que M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et qu'elle doit, dès lors, être annulée.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 1er mars 2021 par laquelle le ministre a ajourné la demande de naturalisation de M. A doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit de nouveau statué sur la demande de M. A. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre chargé des naturalisations de procéder à ce réexamen dans le délai de trois mois suivant la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1er mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans la demande de naturalisation de M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder au réexamen de la demande de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ
La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice
à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026