jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104177 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | ROUXEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 avril 2021, M. A B, représenté par Me Rouxel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 février 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours administratif formé contre la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis du 17 mars 2020 ayant ajourné à deux ans sa demande de naturalisation et a substitué à cette décision une décision d'irrecevabilité ;
2°) d'enjoindre à l'autorité compétente de proposer sa naturalisation, au besoin en procédant au réexamen de sa situation ;
Il soutient que :
- la décision ministérielle attaquée est entachée d'incompétence dès lors que seul le préfet était compétent pour se prononcer sur sa demande de naturalisation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, en méconnaissance des dispositions de l'article 36 du décret du 30 décembre 1993, dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une enquête de police ou de gendarmerie ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, en méconnaissance des dispositions de l'article 41 du décret du 30 décembre 1993 ;
- elle est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article 49 du décret du 30 décembre 1993 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il n'a pas pu fournir tous les documents récents concernant sa demande de naturalisation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Baufumé a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 17 mars 2020, le préfet de Seine-Saint-Denis a ajourné à deux ans la demande de naturalisation présentée par M. A B, ressortissant égyptien. Saisi d'un recours administratif préalable obligatoire formé le 11 mai 2020, le ministre de l'intérieur a, par une décision du 9 février 2021, qui s'est substituée à la décision du préfet de Seine-Saint-Denis, rejeté ce recours et substitué à l'ajournement une décision d'irrecevabilité. M. B demande l'annulation de la décision ministérielle du 9 février 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 49 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Toute décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française prise en application du présent décret est motivée conformément à l'article 27 " du code civil et aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : "'La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision°".
3. La décision attaquée du 9 février 2021 se réfère aux articles 45 et 48 du décret du 30 décembre 1993 susmentionné et à l'article 21-24 du code civil. Elle mentionne par ailleurs qu'il ressort du compte rendu de l'entretien d'assimilation du 29 janvier 2020, auquel s'est présenté M. B, que le niveau de connaissance de la langue française de ce dernier était insuffisant dès lors qu'il était inférieur au niveau B1 oral requis par les dispositions de l'article 37 du décret du 30 décembre 1993. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 susmentionné : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. () Le silence gardé par le ministre chargé des naturalisations sur ce recours pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet du recours. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au ministre de l'intérieur de fixer, en dernier lieu, la position de l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de ce dernier pour adopter la décision attaquée doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 36 du décret du 30 décembre 1993 : " Toute demande de naturalisation ou de réintégration fait l'objet d'une enquête. / Dès la délivrance du récépissé prévu à l'article 21-25-1 du code civil constatant la remise de toutes les pièces nécessaires à la constitution d'un dossier complet, l'autorité publique auprès de laquelle la demande a été déposée sollicite la réalisation d'une enquête. / Cette enquête, qui porte sur la conduite et le loyalisme du demandeur, est effectuée par les services de police ou de gendarmerie territorialement compétents. Elle peut être complétée par une consultation des organismes consulaires et sociaux. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la demande de naturalisation de M. B a fait l'objet d'une enquête portant sur la conduite et le loyalisme de l'intéressé, lesquels n'ont donné lieu à aucun commentaire particulier. En outre, et en tout état de cause, à supposer même que l'enquête prévue par les dispositions précitées n'ait pas été menée, un tel vice de procédure resterait sans incidence sur la décision contestée, dans la mesure où le motif retenu, tenant au caractère insuffisant du niveau de connaissance de la langue française de l'intéressé, est sans lien avec sa conduite et son loyalisme. Il s'ensuit que ce moyen ne pourra qu'être écarté comme étant inopérant.
7. En quatrième lieu, et à supposer que le requérant ait entendu soulever le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 41 du décret du 30 décembre 1993 susmentionné, il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté, qu'il a bénéficié d'un entretien d'assimilation le 29 janvier 2020. Il s'ensuit que ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 21-24 du code civil : " Nul ne peut être naturalisé s'il ne justifie de son assimilation à la communauté française, notamment par une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue, de l'histoire, de la culture et de la société françaises, dont le niveau et les modalités d'évaluation sont fixés par décret en Conseil d'Etat, et des droits et devoirs conférés par la nationalité française ainsi que par l'adhésion aux principes et aux valeurs essentiels de la République. / ()". Par ailleurs, aux termes de l'article 37 du décret du 30 décembre 1993, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Pour l'application de l'article 21-24 du code civil : / 1° Tout demandeur doit justifier d'une connaissance de la langue française à l'oral et à l'écrit au moins égale au niveau B1 du Cadre européen commun de référence pour les langues, tel qu'adopté par le comité des ministres du Conseil de l'Europe dans sa recommandation CM/ Rec (2008) du 2'juillet 2008. / () " Enfin, aux termes de l'article 41 du décret du 30 décembre 1993 : " () / Lors d'un entretien individuel et après réception des enquêtes prévues à l'article 36, l'agent vérifie l'assimilation du demandeur à la communauté française, selon les critères prévus par l'article 21-24 du code civil et établit un compte rendu de l'entretien ".
9. Il ressort par ailleurs des termes de la décision attaquée que le ministre de l'intérieur a déclaré irrecevable la demande de naturalisation formée par M. B au motif tiré de ce que le niveau de connaissance de la langue française de ce dernier était inférieur au niveau B1 requis et, dès lors, insuffisant.
10. En se bornant à alléguer, au demeurant sans l'établir, qu'il n'a pas été en mesure de fournir tous les documents récents concernant sa demande de naturalisation, M. B n'établit aucunement que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit. Par ailleurs, et en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le requérant a fourni une attestation de son niveau de connaissance de la langue française correspondant à un niveau A2 et, d'autre part, que le test d'évaluation réalisé le 29 janvier 2020 a permis de constater qu'il n'avait pas atteint le niveau B1 requis. Il s'ensuit que le ministre n'a pas commis d'erreur de droit ni, en tout état de cause, d'erreur d'appréciation en déclarant irrecevable la demande de naturalisation formée par M. B au motif mentionné au point 9 ci-dessus.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ
La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
Le greffier,
P. VOSSELER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice
à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026