mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104182 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LECOMTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 avril 2021, Mme C A épouse B et M. D B, représentés par Me Anita Lecomte, demandent au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Mayenne a refusé de leur délivrer un titre de séjour.
Mme A et M. B soutiennent que les décisions attaquées :
- méconnaissent les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur leur vie privée et familiale.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 juin 2021 et le 8 juillet 2021, le préfet de la Mayenne conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- aucune décision n'était née à la date d'enregistrement de la requête ;
- aucun des moyens soulevés par Mme A et M. B n'est fondé.
Par décisions du 17 mai 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis Mme A rejeté la demande de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 10 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
25 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa
proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique du 20 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A épouse B et M. D B, ressortissants
mongols nés en 1976, sont entrés irrégulièrement en France en juin 2011. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 mai 2012 et leurs requêtes contre ces décisions ont été rejetées par la Cour nationale du droit d'asile respectivement les 19 octobre 2012 et 3 mai 2013. Ils ont respectivement fait l'objet les 25 et 15 février 2015 de décisions de refus de séjour et d'obligations de quitter le territoire français du préfet
d'Ille-et-Vilaine. Le 13 novembre 2020, ils ont sollicité du préfet de la Mayenne des titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par leurs requêtes, Mme A et M. B sollicitent l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence de l'administration.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Mayenne :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 311-12 du code de justice administrative, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée, dont les dispositions sont désormais
reprises par l'article R. 432-1 du même code : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 311-12-1 de ce code, désormais codifiées par l'article R. 432-2 : " La décision implicite mentionnée à
l'article R.* 311-12 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ".
4. Il est constant que les demandes de titre de séjour de Mme A et M. B ont été reçues par l'administration le 10 novembre 2020. Dès lors, en application des dispositions
reproduites au point 2, des décisions implicites de rejet sont nées le 10 mars 2021. Par suite, en application des dispositions citées au point 3, leur requête, qui a été introduite dans les délais de recours, est recevable nonobstant la circonstance que le préfet de la Mayenne ait décidé de
convoquer les intéressés le 1er juin 2021 pour reprendre l'instruction, cette circonstance étant, en tout état de cause, sans incidence sur la recevabilité de la requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des
étrangers du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée, dont les dispositions sont désormais reprises par l'article L. 423-23 du même code : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la
société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; / () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article 313-14 du même code, dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 435-1 : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. / Un décret en Conseil d'Etat définit les modalités d'application du présent article ".
7. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 313-14, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de
vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour
temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".
8. Mme A et M. B soutiennent qu'ils vivent en France depuis 2011. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'ils n'ont jamais été en situation régulière au cours de leur séjour en France. Il ressort par ailleurs du bulletin n° 2 du casier judiciaire de M. B que, par décision du tribunal de grande instance de Laval (Mayenne) du 6 novembre 2015, il a été condamné à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour tentative de vol le 19 avril 2015, par décision du tribunal de grande instance de Laval du 8 janvier 2016, il a été condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour recel de biens provenant d'un vol avec destruction ou dégradation le 4 juin 2015 et par ordonnance du président du tribunal de grande instance de Rennes du 8 novembre 2018, il a été condamné à 600 euros d'amende et trois mois d'interdiction de conduire un véhicule à moteur pour conduite d'un véhicule sans permis le 1er septembre 2018. Si les enfants du couple ont été scolarisés en France, ils sont désormais majeurs et poursuivent leurs études à Lille, ville éloignée de la Mayenne. La circonstance que Mme A ait été bénévole pour la Croix-Rouge française pendant une durée d'une année à partir d'avril 2014 est insuffisante à démontrer une particulière intégration. Par ailleurs, les requérants n'établissent ni même n'allèguent avoir travaillé et
n'établissent aucune circonstance exceptionnelle au sens de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile. Par suite, eu égard aux conditions de leur séjour, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet de la Mayenne a entaché ses décisions de rejet d'une méconnaissance des dispositions citées aux points 5 et 6 ni qu'il a entaché ces dernières d'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A et M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A et M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B et
M. D B, à Me Anita Lecomte et à la préfète de la Mayenne.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne à la préfète de la Mayenne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026