mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104225 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MOUTEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 avril 2021, M. A B, représenté par Me Moutel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 avril 2019 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours administratif contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Ouest du 28 octobre 2018 lui refusant la délivrance d'une autorisation en vue de suivre une formation en matière de gardiennage ou de surveillance humaine pouvant inclure l'usage de moyens électroniques ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer l'autorisation sollicitée dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa demande, dans le délai de deux mois à compter de la même date ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mars 2022, le CNAPS conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, en raison de sa tardiveté ;
- le moyen soulevé par M. B n'est pas fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juin 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité la délivrance d'une autorisation afin de suivre une formation en matière de gardiennage ou de surveillance humaine pouvant inclure l'usage de moyens électroniques. Par une décision du 29 octobre 2018, la CLAC Ouest a refusé de lui délivrer l'autorisation sollicitée. L'intéressé a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision, lequel a été rejeté par une décision du 4 décembre 2018. Par un courrier du 28 décembre 2018, M. B a contesté la décision du 29 octobre 2018 auprès de la CNAPS. Par une décision du 9 avril 2019, dont l'intéressé demande l'annulation, cette commission a rejeté son recours et a refusé de lui délivrer l'autorisation préalable sollicitée.
2. Aux termes de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 612-20. " Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () ".
3. Pour refuser d'accorder à M. B l'autorisation de suivre une formation en matière de gardiennage ou de surveillance humaine pouvant inclure l'usage de moyens électroniques, la CNAC s'est fondée sur les circonstances que les condamnations de l'intéressé par la cour d'appel d'Angers le 7 avril 2015 pour des faits d'usage d'un permis de conduire russe falsifié commis le 5 mai 2011, et par le tribunal correctionnel du Mans le 5 janvier 2016 pour des faits, commis le même jour, de conduite d'un véhicule sans permis et de faux dans un document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité ou accordant une autorisation, révèlent un comportement contraire à la probité, incompatible avec l'exercice des fonctions envisagées. M. B se prévaut de sa bonne foi quant à la validité de son permis de conduire russe et de la faible gravité de ces faits. Toutefois, le requérant, qui n'apporte, en tout état de cause, aucun élément afin d'établir sa bonne foi, ne pouvait ignorer, en janvier 2016, conduire un véhicule sans être titulaire d'un permis de conduire valable alors qu'il avait fait l'objet d'une précédente procédure. En outre, ces faits, qui n'étaient pas excessivement anciens à la date de la décision attaquée, ne sont pas dénués de gravité. Enfin, ils sont révélateurs d'un manquement au devoir de probité énoncé par les dispositions précitées de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, qui est incompatible avec les fonctions d'agent de sécurité. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le refus d'autorisation litigieux est entaché d'une erreur d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le CNAPS, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Moutel et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 20 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
C. CANTIÉLa greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026