mercredi 14 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104226 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 avril 2021, M. A B, représenté par Me Béarnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou de le munir, sans délai, d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail durant le temps nécessaire au réexamen de sa demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour " étudiant " :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle retient que la condition liée au sérieux des études poursuivies n'était pas remplie ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant refus de changement de statut :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet de la Loire-Atlantique s'est cru à tort en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par un courrier du 11 juillet 2022 les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que l'arrêté attaqué du 31 mars 2021 trouve également sa base légale dans les stipulations de la convention relative à la circulation et au séjour des personnes entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Sénégal, du 1er août 1995.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-sénégalaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995 ;
- l'accord du 23 septembre 2006 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires et l'avenant à cet accord signé le 25 février 2008 ;
- le code du travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sénégalais né le 5 juillet 1995, est entré régulièrement en France le 14 septembre 2019, sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 5 septembre 2019 au 5 septembre 2020. Il a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique un changement de statut en qualité de " salarié " ainsi que le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Sa demande a été rejetée par un arrêté du 31 mars 2021 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. D'une part, l'arrêté contesté a été signé par Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 8 janvier 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
3. D'autre part, les décisions attaquées visent les textes dont elles font application et mentionnent les éléments de faits qui constituent leur fondement, à savoir le motif que le requérant bénéficiait d'un droit au travail dans le cadre exclusif de son titre de séjour en qualité d'étudiant et que le fait d'avoir précédemment exercé une activité professionnelle dans ce cadre et de bénéficier d'un contrat de travail ne constitue pas un motif d'admission au séjour. Il est également fait mention de ce que le requérant a reçu une moyenne de 0, 37 sur 20 lors de son cursus universitaire 2019-2020 en " licence 2 de droit ", que la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus qui n'avait pas débuté durant le semestre correspondant à la moyenne précitée ne saurait à elle seule justifier ses notes, que l'intéressé ne saurait être regardé comme poursuivant avec sérieux les études entreprises depuis son arrivée en France, que la circonstance qu'il travaille à temps plein à la banque postale assurance IARD depuis le 7 septembre 2020 alors que son statut d'étudiant ne l'autorisait pas à travailler au-delà de la limite de 60% de la durée légale du travail constitue un détournement manifeste de l'objet du visa délivré. Elles précisent enfin que sa présence sur le territoire est récente, qu'il ne justifie d'aucun lien personnel et familial en France et n'établit pas qu'il encourrait des risques pour sa vie ou sa liberté en cas de retour dans son pays d'origine ou qu'il y serait exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, et dès lors que le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments de fait caractérisant la situation de l'intéressé, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des refus de renouvellement de son titre de séjour et de refus de changement de statut litigieux manque en fait.
Sur la légalité de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour " étudiant " :
4. Aux termes de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 visé ci-dessus : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation qui ne peut être assuré dans le pays d'origine, sur le territoire de l'autre État, doivent, pour obtenir le visa de long séjour prévu à l'article 4, présenter une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi (). Ils doivent en outre justifier de moyens d'existence suffisants, tels qu'ils figurent en annexe. Les intéressés reçoivent le cas échéant, un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite des études ou du stage, ainsi que de la possession de moyens d'existence suffisants ". Pour l'application des dispositions précitées de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise, il appartient à l'administration de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études, en appréciant la réalité, le sérieux et la progression.
5. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet n'aurait pas procédé, compte tenu des informations en sa possession à la date de sa décision, à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé. La seule circonstance que la décision ne mentionne pas que ce dernier était inscrit pour l'année universitaire 2019/2020 en troisième année de droit public à l'université de " Fes " au Maroc en parallèle de son inscription à l'université de Nantes en deuxième année de droit ne saurait révéler un tel défaut d'examen particulier. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, il résulte de ce qui est dit au point 4 que la demande de titre de séjour présentée par M. B est régie par les stipulations l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 modifiée. Par suite, c'est à tort que pour refuser de renouveler à M. B son titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative.
8. En l'espèce, la décision refusant le renouvellement du titre de séjour " étudiant " à M. B trouve son fondement légal dans les stipulations de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 qui peuvent être substituées aux dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mentionnées par l'arrêté en cause, dès lors, en premier lieu, que les stipulations précitées de l'article 9 de cette convention et les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont équivalentes au regard des garanties qu'elles prévoient, en deuxième lieu, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation sur la réalité et le sérieux des études poursuivies par l'intéressé pour appliquer l'un ou l'autre de ces deux textes, et, en troisième lieu, que M. B a été en mesure de produire ses observations sur ce point, par lettre du greffe du 11 juillet 2022. Il y a donc lieu de procéder à cette substitution de base légale.
9. Pour refuser le renouvellement du titre de séjour " étudiant " de M. B, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur le fait que l'intéressé ne remplissait pas les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il a obtenu des résultats très insuffisants au cours de son année universitaire 2019-2020 en " Licence 2 de droit " avec une moyenne de 0, 37 sur 20. Si M. B se prévaut de ce qu'il effectuait un double cursus entre la France et le Maroc et disposait d'une dispense d'assiduité de la part des services de l'université de Nantes et de ce qu'il n'a échoué qu'une seule fois sa deuxième année de droit, le préfet de la Loire-Atlantique a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, retenir que M. B ne justifiait pas du caractère sérieux de ses études eu égard à la faiblesse des résultats qu'il a obtenus en deuxième année à l'université de Nantes ; l'intéressé n'apporte pas par les pièces produites au dossier, la preuve que son échec résulterait des circonstances liées à la crise du coronavirus qui n'a affecté les conditions de travail des étudiants qu'après l'entrée en application de ce confinement le 17 mars 2020, soit plutôt à la fin de l'année universitaire en question. En outre, la seule circonstance que M. B soit inscrit en troisième année de droit à l'université de Rennes ne suffit pas à caractériser la réalité et le sérieux de ses études en France dès lors qu'il ne produit que des résultats obtenus à l'université du Maroc. Ainsi, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait commis une erreur de fait en refusant de renouveler son titre de séjour étudiant.
10. En troisième lieu, il n'est pas établi que M. B ne pourrait poursuivre son cursus dans son pays d'origine ou encore au Maroc, où il a déjà effectué sa troisième année de licence de droit. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en cause serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la décision portant refus de changement de statut en qualité de " salarié " :
11. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 111-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " () le présent code régit l'entrée et le séjour des étrangers en France métropolitaine (). / Ses dispositions s'appliquent sous réserve des conventions internationales () ". Aux termes du sous-paragraphe 321 de l'article 3 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, modifié par l'avenant signé le 25 février 2008 : " () La carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", d'une durée de douze mois renouvelable, ou celle portant la mention " travailleur temporaire " sont délivrées, sans que soit prise en compte la situation de l'emploi, au ressortissant sénégalais titulaire d'un contrat de travail visé par l'Autorité française compétente, pour exercer une activité salariée dans l'un des métiers énumérés à l'annexe IV () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Une carte de séjour temporaire, d'une durée maximale d'un an, autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée à l'étranger : / 1° Pour l'exercice d'une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée, dans les conditions prévues à l'article L. 5221-2 du code du travail. Elle porte la mention " salarié " / () L'étranger se voit délivrer l'une des cartes prévues aux 1° ou 2° du présent article sans que lui soit opposable la situation de l'emploi sur le fondement de l'article L. 5221-2 du code du travail lorsque sa demande concerne un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement et figurant sur une liste établie par l'autorité administrative, après consultation des organisations syndicales d'employeurs et de salariés représentatives () ". L'article L. 5221-2 du code du travail dispose que : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Aux termes de l'article R. 5221-20 du même code, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Pour accorder ou refuser l'une des autorisations de travail mentionnées à l'article R. 5221-11, le préfet prend en compte les éléments d'appréciation suivants : / 1° La situation de l'emploi dans la profession et dans la zone géographique pour lesquelles la demande est formulée, compte tenu des spécificités requises pour le poste de travail considéré, et les recherches déjà accomplies par l'employeur auprès des organismes concourant au service public de l'emploi pour recruter un candidat déjà présent sur le marché du travail ; / 2° L'adéquation entre la qualification, l'expérience, les diplômes ou titres de l'étranger et les caractéristiques de l'emploi auquel il postule ; / Lorsque la demande concerne un étudiant ayant achevé son cursus sur le territoire français cet élément s'apprécie au regard des seules études suivies et seuls diplômes obtenus en France () ".
12. En premier lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée qu'en refusant le changement de statut en qualité de " salarié " sollicité par le requérant, aux motifs qu'il ne justifie pas d'un contrat de travail visé par l'autorité administrative, qu'il a bénéficié d'un contrat de travail dans le cadre exclusif de son titre de séjour en qualité d'étudiant et enfin que le fait qu'il ait exercé une activité professionnelle dans ce cadre et bénéficier d'un contrat de travail ne constitue pas un motif d'admission au séjour, le préfet se serait cru en situation de compétence liée.
13. En deuxième lieu, M. B soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation en raison du caractère injustifié de l'avis de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRRECTE), alors que son emploi fait partie de ceux pour lesquels les recrutements sont nombreux, qu'il sollicite ce changement de statut pour travailler à temps complet en tant que salarié et qu'il justifie avoir obtenu un " DEUG " en droit en langue française réalisé à " l'université Sidi Mohammed Ben Abdallah de Fès " au Maroc. Cependant, M. B, qui se prévaut de ce qu'il a conclu le 7 septembre 2020 avec La Banque Postale Assurance IARD un contrat à durée indéterminée à temps plein en qualité de " conseiller clientèle " ne justifie pas, par les pièces produites au dossier, d'un contrat de travail visé par l'autorité administrative ainsi que le prévoient les dispositions précitées. Ainsi, le préfet de la Loire-Atlantique pouvait sans commettre d'erreur d'appréciation rejeter la demande de changement de statut de M. B pour ce motif.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, M. B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour et de la décision refusant le changement de statut, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces dispositions et stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
16. En l'espèce, en se bornant à alléguer qu'il a rencontré de nombreuses personnes au cours de son parcours universitaire avec lesquelles il a créé des liens d'amitiés, sans étayer ses écritures par aucune pièce du dossier, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale par rapport au but poursuivi. Pour les mêmes motifs le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doit être écarté.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, M. B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour et de la décision refusant le changement de statut ainsi que la décision portant obligation de quitter el territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.
18. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 16, le préfet n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni entaché sa décision d'une erreur d'appréciation sur les conséquences de la décision en litige sur la situation personnelle de M. B.
19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Magali Béarnais et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 30 août 2022, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
S. EL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
L. FRELAUT
La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
ap
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026