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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2104245

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2104245

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2104245
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSEGUIN & KONRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 avril 2021, Mme D B A épouse C, représentée par Me Seguin, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 mars 2021 par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;

2°) d'enjoindre à l'administration de lui reconnaître la qualité d'apatride ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 812 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 1er la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides dès lors qu'elle ne peut être reconnue comme étant de nationalité malgache.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par Mme B A n'est pas fondé.

Mme B A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de New-York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Martel,

- les conclusions de M. Guilloteau, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, née le 21 janvier 1960 à Ankazomborona (Madagascar), est entrée en France au mois au mois de janvier 2019. Elle a saisi l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 26 août 2020 d'une demande tendant à la reconnaissance de la qualité d'apatride. Cette demande a été rejetée par une décision du directeur de l'OFPRA du 11 mars 2021, dont Mme B A demande l'annulation.

2. Selon les dispositions alors inscrites à l'article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. (). ". Aux termes de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 : " () le terme "apatride" désigne une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. / Cette Convention ne sera pas applicable : / ()/ ii) Aux personnes considérées par les autorités compétentes du pays dans lequel ces personnes ont établi leur résidence comme ayant les droits et les obligations attachés à la possession de la nationalité de ce pays () ".

3. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter la demande présentée par Mme B A, le directeur de l'OFPRA s'est fondé, d'une part, sur la circonstance que l'intéressée ne rapporte pas la preuve qu'elle n'ait jamais eu la nationalité malgache ni qu'elle ait entrepris devant les autorités malgaches compétentes la moindre action pour contester le refus de certificat de nationalité malgache dont elle a présenté une simple copie et, d'autre part, sur le fait que sa prétendue impossibilité de se voir reconnaître une nationalité interroge dès lors que, selon ses propres indications, deux de ses enfants sont devenus français par naturalisation, ce qui laisse supposer qu'ils ont été, à tout le moins, en mesure de présenter des passeports en cours de validité à l'appui de leurs demandes de naturalisation. Par ailleurs, il est relevé que les conditions exactes de son parcours et de son entrée en France sont imprécises.

4. Il résulte des dispositions citées au point 2 qu'il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité duquel elle se prévaut a refusé de donner suite à ces démarches.

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B A a produit un certificat de non-immatriculation malgache en date du 28 avril 2018 attestant qu'elle n'est pas encore naturalisée ni immatriculée à ce jour, ainsi qu'une décision du président du tribunal de première instance d'Anjamba en date du 22 janvier 2019 portant refus de délivrance d'un certificat de nationalité malagasy. Toutefois, Mme B A ne justifie pas, ainsi que le fait valoir le directeur de l'OFPRA, avoir contesté la décision par laquelle lui a été opposé ce refus. En outre, elle ne justifie d'aucune démarche en vue d'obtenir la nationalité malgache par voie de naturalisation alors qu'elle est née dans ce pays, et qu'elle y a vécu une majeure partie de sa vie. Ainsi, dès lors qu'elle ne démontre pas avoir effectué, en vain, des démarchées répétées et assidues afin de se voir reconnaître la nationalité malgache, elle n'est pas fondée à soutenir que le directeur de l'OFPRA aurait méconnu les articles L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme B A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 mars 2021 par laquelle l'OFPRA a refusé de faire droit à sa demande de reconnaissance de la qualité d'apatride. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation ainsi que celles présentées à fin d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B A épouse C, à Me Seguin et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.

Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

Mme Martel, première conseillère,

Mme Kubota, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.

La rapporteure,

C. MARTEL

Le président,

L. MARTIN La greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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