mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104259 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2021, Mme A C agissant en qualité de représentante légale de sa fille mineure B C, représentée par Me Seguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mars 2021 par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a refusé de reconnaître à sa fille la qualité d'apatride ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 812 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 1er la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides dès lors que sa fille ne peut être reconnue comme étant de nationalité malgache.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par Mme C n'est pas fondé.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New-York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- les conclusions de M. Guilloteau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, née le 17 mars 2013 à Ambanja (Madagascar) ,est entrée en France au mois de janvier 2020. Sa mère, Mme A C, en sa qualité de représentante légale de sa fille mineure, a saisi l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 2 mars 2020 d'une demande tendant à ce que sa fille se voit reconnaître la qualité d'apatride. Cette demande a été rejetée par une décision du directeur de l'OFPRA du 11 mars 2021, dont Mme C demande l'annulation.
2. Selon les dispositions alors inscrites à l'article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. (). ". Aux termes de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 : " () le terme "apatride" désigne une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. / Cette Convention ne sera pas applicable : / ()/ ii) Aux personnes considérées par les autorités compétentes du pays dans lequel ces personnes ont établi leur résidence comme ayant les droits et les obligations attachés à la possession de la nationalité de ce pays () ".
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter la demande présentée par Mme C en sa qualité de représentante légale de sa fille mineure, le directeur de l'OFPRA s'est fondé, d'une part, sur la circonstance qu'il n'est pas rapporté la preuve que la mineure n'ait jamais eu la nationalité malgache ni qu'ait été entreprise pour son compte devant les autorités malgaches compétentes la moindre action pour contester le refus de certificat de nationalité malgache dont une simple copie a été présentée et, d'autre part, sur le fait que sa prétendue impossibilité de se voir reconnaître une nationalité interroge dès lors que, selon les indications de la mère de l'enfant, deux des collatéraux de cette dernière sont devenus français par naturalisation, ce qui laisse supposer qu'ils ont été, à tout le moins, en mesure de présenter des passeports en cours de validité à l'appui de leurs demandes de naturalisation . Par ailleurs, il est relevé qu'il n'est apporté aucun élément précis quant à la situation personnelle du père de B notamment au regard de sa nationalité.
4. Il résulte des dispositions citées au point 2 qu'il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité duquel elle se prévaut a refusé de donner suite à ces démarches.
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C a produit un certificat de non-immatriculation malgache en date du 27 avril 2018 attestant que sa fille n'est pas encore naturalisée ni immatriculée à ce jour, ainsi qu'une décision du président du tribunal de première instance d'Anjamba en date du 31 juillet 2019 portant refus de délivrance d'un certificat de nationalité malagasy. Toutefois, Mme C ne justifie pas, ainsi que le fait valoir le directeur de l'OFPRA, avoir contesté la décision par laquelle lui a été opposé ce refus. En outre, elle ne justifie d'aucune démarche en vue d'obtenir pour sa fille la nationalité malgache par voie de naturalisation alors que celle-ci est née dans ce pays. Ainsi, elle ne démontre pas avoir effectué, en vain, des démarchées répétées et assidues afin que sa fille se voie reconnaître la nationalité malgache.
6. En second lieu, s'il ressort de la décision du 31 juillet 2019 par laquelle le président du tribunal de première instance d'Anjamba a refusé de délivrer à l'enfant B un certificat de nationalité malgache que le père de l'intéressée aurait un nom de consonnance étrangère, ce document, ni aucun élément produit au dossier, n'apporte cependant de précision quant à la nationalité dont celui-ci peut se réclamer, et ainsi sur la nationalité que B pourrait, le cas échéant, se voir reconnaître par filiation. Dans ses conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le directeur de l'OFPRA aurait méconnu les articles L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 mars2021 par laquelle l'OFPRA a refusé de faire droit à sa demande de reconnaissance de la qualité d'apatride pour sa fille mineure. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation ainsi que celles présentées à fin d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Seguin et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Martel, première conseillère,
Mme Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
L. MARTINLa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026