LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2104330

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2104330

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2104330
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantSCP CALVAR ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 avril 2021, M. B A, représenté par Me Le Brun, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2020 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé la société DPD à le licencier pour inaptitude, ainsi que la décision du 19 février 2021 de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion ayant rejeté le recours hiérarchique qu'il a formé à l'encontre de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 19 février 2021 n'est pas motivée ;

- la société DPD a méconnu son obligation de reclassement, que lui impose l'article L. 1226-10 du code du travail ;

- son inaptitude et son licenciement sont en lien avec ses mandats.

Par des mémoires, enregistrés le 19 août 2021 et le 28 juin 2023, la société DPD, représentée par Me Chézé-Dartencet et Me Navarro, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2021, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période au cours de laquelle l'affaire serait susceptible d'être appelée à l'audience et de la date, fixée au 30/06/2023, à partir de laquelle une clôture d'instruction à effet immédiat pourrait intervenir.

La clôture de l'instruction à effet immédiat est intervenue, par ordonnance, le 21 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme André,

- les conclusions de Mme Pétri, rapporteure publique,

- et les observations de Me Duperray, substituant Me Chézé-Dartencet et Me Navarro, avocats de la société DPD.

Considérant ce qui suit :

1. La société DPD, spécialisée dans la livraison de colis, a recruté M. B A, le 25 octobre 1999, en qualité d'agent de quai, puis l'a promu chef de quai le 1er février 2001. M. A est membre du comité social et économique (CSE) et est titulaire d'un mandat de représentant de proximité depuis le 5 juillet 2018. Le 11 mai 2020, la société a sollicité l'autorisation de procéder à son licenciement pour inaptitude, qui lui a été accordé, par une décision du 7 juillet 2020, par l'inspecteur du travail de l'unité de la Loire-Atlantique. M. A a formé un recours hiérarchique contre cette décision le 25 août 2020, que la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a rejeté par une décision implicite, puis par une décision du 19 février 2021. M. A demande l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail ainsi que celle de la décision ministérielle du 19 février 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de l'inspecteur du travail :

2. Aux termes de l'article L. 1226-10 du code du travail : " Lorsque le salarié victime () d'une maladie professionnelle est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. / Cette proposition prend en compte, après avis du comité économique et social, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existant dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur l'aptitude du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste adapté. / L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en œuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail. / () ". Aux termes de l'article L. 1226-12 du même code : " Lorsque l'employeur est dans l'impossibilité de proposer un autre emploi au salarié, il lui fait connaître par écrit les motifs qui s'opposent au reclassement. / L'employeur ne peut rompre le contrat de travail que s'il justifie soit de son impossibilité de proposer un emploi dans les conditions prévues à l'article L. 1226-10, soit du refus par le salarié de l'emploi proposé dans ces conditions, soit de la mention expresse dans l'avis du médecin du travail que tout maintien du salarié dans l'emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans l'emploi. / L'obligation de reclassement est réputée satisfaite lorsque l'employeur a proposé un emploi, dans les conditions prévues à l'article L. 1226-10, en prenant en compte l'avis et les indications du médecin du travail. / S'il prononce le licenciement, l'employeur respecte la procédure applicable au licenciement pour motif personnel prévue au chapitre II du titre III. ".

3. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement de l'un de ces salariés est envisagé, il ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement d'un salarié protégé est motivée par l'inaptitude physique, il appartient à l'administration de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que l'employeur a, conformément aux dispositions de l'article L. 1226-10 du code du travail, cherché à reclasser le salarié sur d'autres postes appropriés à ses capacités, le cas échéant par la mise en œuvre, dans l'entreprise, de mesures telles que mutations ou transformations de postes de travail ou aménagement du temps de travail. Le licenciement ne peut être autorisé que dans le cas où l'employeur n'a pu reclasser le salarié dans un emploi approprié à ses capacités au terme d'une recherche sérieuse, menée tant au sein de l'entreprise que dans les entreprises dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation permettent, en raison des relations qui existent avec elle, d'y effectuer la permutation de tout ou partie de son personnel.

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la société DPD a présenté, le 21 août 2019, seize propositions de postes à M. A, lors d'une première phase de recherche de reclassement, qu'il a toutes rejetées et qu'à la suite au refus opposé le 30 janvier 2020 par l'inspecteur du travail à une première demande d'autorisation de licenciement pour inaptitude, elle a effectué une nouvelle recherche de reclassement, non seulement au sein de ses propres agences, dans le cadre de sa bourse d'emploi, le 4 février 2020, mais également au niveau de l'ensemble des entités du groupe " La Poste " auquel elle appartient, en contactant par courriel du 26 février 2020 la responsable de recrutement de l'espace mobilité et recrutement Groupe-Pays-de-La- Loire, et par courriel du 11 mars 2020 les directeurs de ces sociétés, pour un poste correspondant aux préconisations du médecin du travail. Suite à ces sollicitations, six emplois ont été proposés à M. A, qu'il a refusés par deux courriers du 27 février et du 16 juin 2020. Ni leur localisation géographique, ni le fait que plusieurs d'entre elles empêchaient M. A de se rendre disponible pour aller chercher ses enfants à l'école le soir ne font obstacle à ce que ces propositions soient qualifiées de sérieuses. Par ailleurs, les cinq entreprises du groupe La Poste, qui doivent être regardées comme ayant été contactées par la société DPD, qui a, ainsi qu'il a été dit précédemment, informé de sa recherche de reclassement l'ensemble des entités la société La Poste sur son espace " mobilités ", ont des activités qui ne permettent pas d'assurer une permutation du personnel et sont situées dans un périmètre géographique ne correspondant pas aux exigences de M. A. S'il soutient également que le poste de responsable " organisation et environnement de travail ", vacant, ne lui a pas été proposé, alors qu'il avait été présenté lors du comité économique et social du 24 février 2020, cette seule circonstance ne caractérise pas un manque de sérieux des recherches de reclassement de la société DPD. Par ailleurs, la société DPD, qui était seulement tenue de rechercher un emploi approprié aux capacités de l'intéressé et aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, n'avait pas l'obligation d'organiser à son intention une formation destinée à lui permettre d'accéder à des postes plus qualifiants. L'ensemble de ces éléments permettent d'établir que la société DPD a satisfait à ses obligations de reclassement, ses recherches présentant un caractère réel et sérieux. Par suite, l'inspecteur du travail n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que l'employeur avait respecté l'obligation de reclassement à laquelle il était tenu.

5. En second lieu, s'il est constant que la santé de M. A s'est, au fil du temps, dégradée, du fait de tensions au travail, il ressort des pièces du dossier que la date de 1ère constatation de la maladie professionnelle, reconnue par un courrier de la caisse primaire d'assurance-maladie de Loire-Atlantique du 20 juillet 2020, est celle du 22 mai 2017, qui correspond à une période antérieure à celle des élections des membres du CSE qui se sont déroulées au cours du mois de juin 2018 et auxquelles il s'est présenté. En outre, si M. A indique avoir subi de nombreuses pressions et avoir été convoqué à deux entretiens préalables à un licenciement pour faute, durant cette période électorale, la société DPD précise, sans être contestée, que les faits concernés portaient, pour le premier entretien réalisé le 17 avril 2018, sur un manquement à ses obligations de port d'équipements de sécurité, et, pour le second du 11 octobre 2018, sur les propos racistes, violents et menaçants tenus à l'égard de collègues, la réalisation de tâches personnelles sur son temps professionnel, la consultation de documents confidentiels concernant des sous-traitants et la divulgation de leur contenu à un collègue, ainsi que sur l'absence d'équipement de protection individuelle. Par ailleurs, la circonstance que la société lui a proposé une rupture conventionnelle de son contrat de travail n'est pas de nature à établir que l'employeur aurait délibérément fait obstacle à l'exercice de ses fonctions représentatives. En outre, si M. A soutient qu'il a fait l'objet de discrimination syndicale, il n'est pas établi que son employeur l'aurait empêché de consulter la base de données économiques et sociales (BDES) de la société, donnant accès aux convocations pour la tenue du CSE, alors qu'au demeurant, il se trouvait à cette période en arrêt de travail. Dans ces conditions, l'inspecteur du travail n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en considérant qu'il n'existait pas de lien entre l'inaptitude professionnelle de M. A et les mandats de membre titulaire du CSE et de représentant de proximité de l'agence de Thouaré-sur-Loire qu'il détenait.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle du 19 février 2021 :

6. D'une part, lorsque le ministre rejette le recours hiérarchique qui lui est présenté contre la décision de l'inspecteur du travail statuant sur la demande d'autorisation de licenciement formée par l'employeur, sa décision ne se substitue pas à celle de l'inspecteur. Par suite, s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur, des moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision du ministre ne peuvent être utilement invoqués, au soutien des conclusions dirigées contre cette décision. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision de la ministre chargée du travail n'est pas motivée est inopérant.

7. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment , les moyens tirés de l'absence de respect de son obligation de reclassement par la société DPD et de l'existence d'un lien entre le mandat et le licenciement ne peuvent qu'être écartés.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'il a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société DPD et à la ministre du travail et de l'emploi.

Copie sera adressée au directeur de la DREETS des Pays de la Loire.

Délibéré après l'audience du 13 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Claire Chauvet, présidente,

Mme Marina André, première conseillère,

M. Emmanuel Bernard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.

La rapporteure,

Marina André

La présidente,

Claire Chauvet

La greffière,

Cécile Guillas

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026