mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104334 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2021, M. D F E, agissant en son nom et pour le compte de ses enfants mineurs, Mme B E C et
M. A E G, représenté par Me Loïc Bourgeois, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à leur verser la somme totale de 30 468,50 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 18 février 2021, et capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices subis à raison des refus de délivrance de visas de long séjour à Mme E C et M. E G';
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Ils soutiennent que :
- l'administration a commis des fautes de nature à engager la responsabilité de l'État dans la mesure où les refus de délivrance de visa de long séjour ont été annulés par un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 2 avril 2020 ;
- le lien de causalité entre les illégalités commises et les préjudices subis est établi ;
- les refus de visa litigieux leur ont causé des préjudices matériels, des troubles dans leurs conditions d'existence ainsi qu'un préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut à une réparation totale des préjudices au montant de 70,06 euros.
Il fait valoir que le seul préjudice établi est le préjudice matériel, qui s'élève à ce montant.
Par décision du 15 novembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis M. F E au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (55 %).
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêt n° 19NT04386 du 2 avril 2020, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé le jugement n° 1900667 du 23 mai 2019 de ce tribunal qui avait rejeté la requête que Monsieur D F E, ressortissant congolais, réfugié statutaire, avait introduite contre les refus de visa de long séjour de ses enfants, Mme B E C et M.'A E G, au titre de la réunification familiale, et a enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer lesdits visas dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt. Par un courrier reçu par l'administration le 18 février 2021, Monsieur F E, Mme E C et M. E G ont sollicité le versement d'une somme de 30 468,50 euros, en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis à raison de l'illégalité fautive commise par l'État constitué par le refus de délivrance d'un visa de long séjour aux enfants. Par la présente requête, les consorts E demandent au tribunal de condamner l'État à leur verser la somme de 30 468,50'euros, assorti des intérêts au taux légal à compter du 18 février 2021 et la capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'État :
2. Par un arrêt du 2 avril 2020, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé les décisions de refus de visas de long séjour de Mme E C et M. E G au motif que ces décisions méconnaissaient leur intérêt supérieur, au sens de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Il résulte par ailleurs de l'instruction que les visas leur ont été délivrés le 11 février 2021. Dès lors, les requérants sont fondés à soutenir qu'en leur refusant les visas entre le 12 mars 2018 et le 11 février 2021, l'administration a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'État.
En ce qui concerne les préjudices :
3. En premier lieu, Monsieur F E soutient avoir subi un préjudice matériel lié aux frais d'envoi d'argent pour pourvoir à l'entretien et à l'éducation de ses enfants pendant la durée de la séparation. Il produit à l'instance de nombreux récépissés de mandats de transferts de devises, dont le montant s'élève, pour la période considérée, à 73,96 euros.
4. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent avoir été séparés pendant une période de huit ans, il résulte de l'instruction que la période effective de séparation due à l'absence de visa s'élève à deux années et presque onze mois. Dans ces conditions, eu égard à la durée de la séparation et à l'ensemble des circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi et des troubles dans les conditions d'existence des requérants en condamnant l'État à verser à Monsieur F E une somme de 3'000 euros et, à chacun de ses enfants, une somme de 1'500 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
5. Les requérants ont droit aux intérêts au taux légal à compter du 18 février 2021, date de réception de leur demande préalable par l'administration. La capitalisation des intérêts, demandée dès cette réclamation, sera accordée à compter du 18 février 2022, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
6. Les requérants ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, qui est la partie perdante dans cette instance, la somme de 1 200 euros à verser à Me Loïc Bourgeois sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Conformément aux dispositions de ce dernier article, la perception de cette somme vaudra renonciation de cet avocat au versement de la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle qui a été accordée aux requérants.
D E C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à Monsieur F E la somme de 3'073,96'euros et à lui verser, en sa qualité de représentant légal de Mme E C et M.'E G, la somme de 1'500 euros pour chacun d'eux.
Article 2 : Ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter du 18 février 2021. Les intérêts échus un an après cette date puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : L'État versera à Me Loïc Bourgeois une somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D F E, à Mme B E C, à M. A E G, à Me Loïc Bourgeois et au le ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026