mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104540 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 avril 2021, M. B A, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2020 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de procéder au calcul de l'allocation pour demandeurs d'asile depuis la suspension de ses conditions matérielles d'accueil, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, et de condamner l'OFII à lui verser le montant correspondant dans un délai de deux mois à compter de la même date ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'OFII de réexaminer ses droits aux conditions matérielles d'accueil, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, et de condamner l'OFII à lui verser le montant correspondant dans un délai de deux mois à compter de la même date ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié que la décision attaquée ait été signée par une autorité habilitée ;
- cette décision ne mentionne pas l'identité de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'un examen de vulnérabilité ;
- il n'est pas démontré que l'OFII l'ait informé préalablement et dans une langue qu'il comprend des conséquences de l'acceptation ou du refus de l'hébergement proposé et que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile entraîne de plein droit le refus ou le retrait des conditions matérielles d'accueil ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 20 février 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable ayant perdu son objet à sa date d'enregistrement dès lors que les conditions matérielles d'accueil ont été rétablies au profit du requérant à titre rétroactif.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Martel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant érythréen né le 14 juillet 1994, est entré en France en août 2019 après avoir séjourné en Suisse. Il a alors déposé une demande d'asile à la préfecture de la Loire-Atlantique et a accepté les conditions matérielles d'accueil qui lui ont été proposées par l'Office français de l'immigration de l'intégration (OFII). L'intéressé a été placé en procédure " Dublin " et un arrêté préfectoral a été pris à son encontre, le 15 octobre 2019, ordonnant sa remise aux autorités suisses. Ce transfert a été exécuté en février 2020. L'intéressé est revenu en France en mars 2020 et a déposé une nouvelle demande d'asile à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 30 septembre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a, à nouveau, ordonné son transfert vers la Suisse. Par un jugement du 2 novembre 2020, le magistrat désigné du tribunal a annulé cet arrêté. Par une décision du 14 décembre 2020, dont M. A demande l'annulation, la directrice territoriale de l'OFII lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 27 janvier 2021, l'OFII a rétabli au profit de M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. S'il est justifié qu'il a ainsi perçu, dès février 2021, l'allocation pour demandeur d'asile, ce n'est qu'en septembre 2021 que lui ont été, rétroactivement, versées les sommes qui lui étaient dues pour la période du 14 décembre 2020 au 31 janvier 2021. Par suite, à la date d'introduction de la requête, il n'est pas justifié que M. A avait été informé du caractère rétroactif du rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Dès lors, celle-ci n'était pas alors dépourvue d'objet. En revanche, depuis septembre 2021, date du versement à titre rétroactif des sommes dues à M. A, ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sont devenues sans objet.
3. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Son avocate peut ainsi se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 200 euros à verser à Me Rodrigues Devesas, avocate du requérant, au titre de ces dispositions, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A.
Article 2 : L'OFII versera à Me Rodrigues Devesas, avocate de M. A, la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Rodrigues Devesas et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
C. CANTIÉLa greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026