mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET JONES DAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 avril 2021 et le 16 janvier 2023, la société Yara France, représentée par Me Labrousse et Me Simon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'abroger les arrêtés du 24 octobre 2019 et du 19 juin 2020 portant mise en demeure ainsi que l'arrêté du 19 juin 2020 portant fixation d'une astreinte d'un montant journalier de 300 euros jusqu'à satisfaction de la mise en demeure du 24 octobre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration en raison des nouveaux éléments de fait transmis au préfet de la Loire-Atlantique, tenant à la signature de bons de commande du 5 juin 2020 et du 13 juillet 2020 ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité des arrêtés du 24 octobre 2019, du 19 juin 2020 et de l'arrêté du 19 juin 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 novembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Yara France ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté ministériel du 2 février 1998 modifié relatif aux prélèvement et à la consommation d'eau ainsi qu'aux émissions de toute nature des installations classées pour la protection de l'environnement soumises à autorisation ;
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- les observations de Me Simon et de Me Cottard, avocats de la société Yara France,
- et les observations de MM. Meniot, Hennebelle et Derrien, représentant le préfet de la Loire-Atlantique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Yara France exploite sur le site de Montoir-de-Bretagne une usine de fabrication d'engrais solides à base de nitrate d'ammonium qui constitue une installation classée autorisée en 1993 relevant de la rubrique n° 3430 de la nomenclature des installations classées pour l'environnement.
2. D'une part, cette installation est soumise à l'arrêté ministériel du 2 février 1998 dont l'article 48.1 prévoient que les effluents rejetés doivent respecter un pH de 5,5 à 8,5. Un arrêté préfectoral complémentaire du 31 juillet 2003 a fixé des prescriptions applicables notamment aux rejets de poussières, l'article 41 de son annexe imposant, s'agissant des poussières de la tour de granulation (prilling) des valeurs limites d'émission, en concentration, de 35 mg / Nm3, et en flux, de 15 kg / h. En raison du constat du non-respect de ces valeurs, par un arrêté du 19 juin 2020, le préfet de la Loire-Atlantique l'a mise en demeure de respecter les dispositions de l'article 41 de l'annexe de l'arrêté préfectoral du 31 juillet 2003 modifié, ainsi que l'article 27.1 de l'arrêté ministériel du 2 février 1998, en transmettant sous un mois le bon de commande justifiant le lancement des études d'ingénierie détaillée en vue de l'installation d'un système de traitement des rejets atmosphériques de la tour de prilling, dans un délai de six mois un document justifiant de la finalisation des études d'ingénierie détaillée en vue de cette installation, et dans un délai de sept mois le bon de commande de cette installation, ainsi qu'en respectant dans un délai de douze mois les articles précités concernant les valeurs limites d'émission en poussières des rejets atmosphériques de la tour de prilling.
3. D'autre part, un arrêté préfectoral complémentaire du 31 juillet 2003 a fixé des prescriptions applicables en matière de prévention de la pollution de l'eau, l'article 48.1 de son annexe imposant le respect par les rejets des eaux industrielles du site appelés également égout acide, dans le milieu naturel des valeurs limites de 175 kg /j pour l'azote et de 2 kg / j pour le phosphore. En raison du constat du non-respect de ces valeurs, par des arrêtés du 19 décembre 2011 et du 16 janvier 2012, le préfet de la Loire-Atlantique a prescrit à la société Yara France, sur le fondement des dispositions de l'article L. 171-7 du code de l'environnement, de respecter ces valeurs limites, " la réalisation de l'étanchéité de l'égout acide " à l'échéance de 2014, " le traitement de l'égout acide " vers [la station d'épuration] de la CARENE ou " vers une station interne à définir " à " l'échéance de 2015 ". En raison du constat lors d'une visite des services de l'inspection des installations classées le 17 octobre 2018, du non-respect des valeurs limites précédemment rappelées et en l'absence de traitement de ces rejets, après communication à la société de ce rapport de visite, le préfet de la Loire-Atlantique, par un arrêté du 24 octobre 2019 a mis en demeure la société Yara France, sur le fondement des dispositions de l'article L. 171-8 du code de l'environnement, " de respecter les dispositions de l'article 2 de l'arrêté préfectoral complémentaire du 16 janvier 2012 : - en fournissant le bon de commande de l'installation de traitement des eaux industrielles rejetées dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent arrêté ; - en mettant en service l'installation de traitement des eaux industrielles rejetées, dans un délai de douze mois à compter de la notification du présent arrêté ". Par un arrêté du 19 juin 2020, le préfet de la Loire-Atlantique l'a rendue redevable d'une astreinte d'un montant journalier de 300 euros jusqu'à satisfaction de la mise en demeure signifiée par l'arrêté du 24 octobre 2019.
4. La société Yara France demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet a refusé de faire droit à sa demande d'abrogation de ces arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de refus d'abrogation :
En ce qui concerne la légalité externe :
5. La décision attaquée n'étant pas une décision soumise à une obligation de motivation, le moyen tiré de son défaut de motivation doit être écartée comme inopérant.
En ce qui concerne la légalité interne :
6. D'une part, aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieure à son édiction ".
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. / () ". Selon l'article L. 511-2 de ce code : " Les installations visées à l'article L. 511-1 sont définies dans la nomenclature des installations classées établie par décret en Conseil d'Etat, pris sur le rapport du ministre chargé des installations classées, après avis du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques. Ce décret soumet les installations à autorisation, à enregistrement ou à déclaration suivant la gravité des dangers ou des inconvénients que peut présenter leur exploitation ".
8. Aux termes de l'article L. 171-8 du code de l'environnement : " I.- Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, en cas d'inobservation des prescriptions applicables en vertu du présent code aux installations, ouvrages, travaux, aménagements, opérations, objets, dispositifs et activités, l'autorité administrative compétente met en demeure la personne à laquelle incombe l'obligation d'y satisfaire dans un délai qu'elle détermine. En cas d'urgence, elle fixe, par le même acte ou par un acte distinct, les mesures nécessaires pour prévenir les dangers graves et imminents pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement. II. - Si, à l'expiration du délai imparti, il n'a pas été déféré à la mise en demeure, aux mesures d'urgence mentionnées à la dernière phrase du I du présent article ou aux mesures ordonnées sur le fondement du II de l'article L. 171-7, l'autorité administrative compétente peut arrêter une ou plusieurs des sanctions administratives suivantes : / 1° Obliger la personne mise en demeure à consigner entre les mains d'un comptable public avant une date déterminée par l'autorité administrative une somme correspondant au montant des travaux ou opérations à réaliser. / () / L'opposition à l'état exécutoire pris en application d'une mesure de consignation ordonnée par l'autorité administrative devant le juge administratif n'a pas de caractère suspensif ; / 2° Faire procéder d'office, en lieu et place de la personne mise en demeure et à ses frais, à l'exécution des mesures prescrites. Les sommes consignées en application du 1° du présent II sont utilisées pour régler les dépenses ainsi engagées ; / 3° Suspendre le fonctionnement des installations ou ouvrages, l'utilisation des objets et dispositifs, la réalisation des travaux, des opérations ou des aménagements ou l'exercice des activités jusqu'à l'exécution complète des conditions imposées et prendre les mesures conservatoires nécessaires, aux frais de la personne mise en demeure ; / 4° Ordonner le paiement d'une amende administrative au plus égale à 15 000 €, recouvrée comme en matière de créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine, et une astreinte journalière au plus égale à 1 500 € applicable à partir de la notification de la décision la fixant et jusqu'à satisfaction de la mise en demeure ou de la mesure ordonnée. Les deuxième et dernier alinéas du même 1° s'appliquent à l'astreinte. / () / Les mesures mentionnées aux 1° à 4° du présent II sont prises après avoir communiqué à l'intéressé les éléments susceptibles de fonder les mesures et l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations dans un délai déterminé ".
9. Postérieurement à la délivrance de l'autorisation, le préfet peut à tout moment, en application des articles précités du code de l'environnement, prescrire, par arrêté complémentaire, la réalisation d'équipements ou travaux nécessaires à la protection de l'environnement. En outre, en application de l'article L. 171-8 du code de l'environnement, en cas d'inobservation des prescriptions, le préfet met en demeure la personne à laquelle incombe l'obligation d'y satisfaire dans un délai déterminé. Si, à l'expiration du délai imparti, il n'a pas été déféré à la mise en demeure, le préfet peut arrêter une ou plusieurs des sanctions administratives définies par cette disposition.
S'agissant de la légalité de l'arrêté du 19 juin 2020 portant mise en demeure :
10. En premier lieu, il résulte des dispositions du I de l'article L. 171-8 du code de l'environnement, que lorsque l'inspecteur des installations classées a constaté, selon la procédure requise par le code de l'environnement, l'inobservation de conditions légalement imposées à l'exploitant d'une installation classée, le préfet, sans procéder à une nouvelle appréciation de la violation constatée, est tenu d'édicter une mise en demeure de satisfaire à ces conditions dans un délai déterminé. Si les dispositions du II de l'article L. 171-8 du code de l'environnement laissent au préfet un choix entre plusieurs catégories de sanctions en cas de non-exécution de son injonction, la mise en demeure qu'il édicte n'emporte pas par elle-même une de ces sanctions. L'option ainsi ouverte en matière de sanctions n'affecte donc pas la compétence liée du préfet pour édicter la mise en demeure.
11. En l'espèce, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'inspection issu de la visite du 3 mars 2020 sur lequel se fonde l'arrêté attaqué, que les services de l'inspection des installations classées ont constaté des dépassements significatifs des valeurs limites d'émission de poussières par la tour de prilling fixées par l'article 41 figurant en annexe de l'arrêté préfectoral du 31 juillet 2003 et à l'article 48.1 de l'arrêté ministériel du 2 février 1998. Par suite, compte tenu de ces non-conformités, le préfet de la Loire-Atlantique était tenu d'édicter une mise en demeure de satisfaire ces conditions dans un délai déterminé. Il en résulte que le moyen tiré du défaut de motivation de cet arrêté doit être écarté comme inopérant.
12. En deuxième lieu, la mise en demeure contestée n'impose le recours à aucune technologie particulière. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à prétendre que cette mise en demeure ne reflèterait pas les meilleures techniques disponibles à un coût économiquement acceptable.
13. En troisième lieu, d'une part, il résulte de l'instruction qu'en 2020, 200,8 tonnes de poussières, constituées principalement de particules fines dites PM 2,5, ont été rejetées dans l'atmosphère par l'activité de la société Yara France, et 193,5 tonnes en 2021. Alors que l'arrêté du 31 juillet 2003 fixe une concentration maximale des rejets de 35 mg / Nm3, il résulte de l'instruction qu'alors que les rejets en poussières de la tour de prilling représentent plus de 70 % des émissions du site, les concentrations mesurées de ces rejets lors des contrôles annuels entre 2007 et 2012 ont varié de 56 à 93 Nm3 / h et que pour les années 2013 à 2018, la valeur moyenne des concentrations des rejets s'établissait à 77 mg / Nm3, avec un maximum de 91 mg / Nm3. Les résultats du contrôle semestriel du 16 avril 2021 par l'APAVE mettent également en évidence le maintien de dépassements significatifs des valeurs limites d'émission. La société requérante ne conteste pas sérieusement les impacts de ces dépassements sur les intérêts protégés par l'article L. 511-1 du code de l'environnement, et en particulier sur la santé publique, en se prévalant uniquement d'études du 6 septembre 2016 et du 17 septembre 2018 réalisées à sa demande par l'INERIS, qui se bornent à mentionner que ces risques ne seraient pas " préoccupants ".
14. D'autre part, à supposer même que la requérante entende contester la fixation par l'article 41 de l'arrêté préfectoral du 31 juillet 2003 des valeurs limites de concentration et de flux des rejets émis par la tour de prilling, cet arrêté est devenu définitif. Si la société requérante entend contester l'application de la valeur limite de l'article 48.1 de l'arrêté ministériel du 2 février 1998, il est constant que la demande qu'elle a présentée tendant à déroger à cette valeur a été rejetée. Or, il résulte de l'instruction que, compte tenu des dépassements constatés, le respect de ces valeurs limites impose nécessairement que les rejets atmosphériques de la tour de prilling fassent l'objet d'un traitement par un système de dépollution spécifique. Si la société conteste la nécessité de la réalisation d'un tel traitement, en se prévalant d'un rapport de l'INERIS du 17 septembre 2019 faisant état de ce que la mise en place d'un tel traitement serait difficilement techniquement et disproportionnée, l'exploitant est tenu à une obligation de résultat s'agissant des prescriptions définitives s'imposant à l'exercice de son activité et visant à garantir les intérêts protégés par l'article L. 511-1 du code de l'environnement. Par suite, en mettant en demeure la société requérante de respecter ces valeurs limites, et en fixant à cette fin trois échéances successives tenant au lancement, à la finalisation des études d'ingénierie en vue de l'installation d'un système de traitement de ces rejets, et à la mise en œuvre d'un tel système, la mise en demeure litigieuse présente un caractère nécessaire et proportionné à son objet.
15. Enfin, il résulte de l'instruction qu'une étude technico-économique transmise par l'exploitant a identifié dès octobre 2013 la possibilité d'un traitement des poussières émises sur le site, par la technologie d'une filtration par bougies associée à l'installation en amont d'un matelas déséviculeur. Il résulte de l'instruction que la requérante n'a engagé aucune démarche active pour l'installation d'un tel système de traitement. La société requérante ne justifie pas par la seule production d'une étude de l'INERIS du 6 septembre 2016 de l'impossibilité matérielle de le mettre en œuvre. Si la société requérante fait état de démarches ayant conduit au choix d'un autre procédé technique par dépoussiéreur électrostatique humide, il résulte de l'instruction que lors de la visite du 17 novembre 2021 de l'inspection des installations classées, aucun document justifiant le lancement d'études d'ingénierie détaillée en vue de l'installation d'un tel système de dépollution n'a été présenté. Il résulte également de l'instruction qu'à la date du présent jugement, les rejets atmosphériques de la tour de prilling ne font toujours l'objet d'aucun traitement. Dans ces conditions, et compte tenu du dépassement conséquent et régulier des valeurs limites en émission de poussières de la tour de prilling, et de leurs impacts sur les intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement, la société requérante qui ne justifie pas de démarches actives et efficientes pour le traitement des rejets atmosphériques de son activité, n'est fondée à soutenir ni que les délais prévus par l'arrêté attaqué présenteraient un caractère disproportionné ni, en tout état de cause, que la mise en demeure litigieuse serait entachée d'une erreur d'appréciation.
16. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que lors des visites de l'inspection des installations classées du 3 mars et du 25 septembre 2020, aucun document justifiant de la mise en place prochaine et effective d'une unité de traitement de rejets atmosphériques de la tour de prilling n'a été présenté. Si la requérante se prévaut d'un bon de commande transmis aux services de l'Etat par courrier du 15 juillet 2020 et d'une étude communiquée aux mêmes services par courrier du 23 octobre 2020, ces documents ne sauraient justifier de l'engagement d'un projet concret de réalisation d'une unité de traitement pour l'ensemble des rejets atmosphériques de la tour de prilling. Ainsi, à la date du présent jugement, aucun document justifiant le lancement d'études d'ingénierie détaillée en vue de l'installation effective d'un système de traitement de l'ensemble des rejets atmosphériques de la tour de prilling n'a été présenté. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que des circonstances de fait nouvelles auraient rendu illégale depuis son édiction l'arrêté du 19 juin 2020 portant mise en demeure.
S'agissant de la légalité de l'arrêté du 24 octobre 2019 portant mise en demeure :
17. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'inspection issu de la visite du 17 octobre 2018 sur lequel se fonde l'arrêté attaqué, que la mission de l'inspection des installations classées a constaté le non-respect par l'exploitant des prescriptions de l'article 48.1 de l'arrêté du 31 juillet 2003 fixant les valeurs limites de rejet en azote et en phosphore dans les rejets d'eaux industrielles et l'absence de traitement de l'égout acide, en dépit de l'échéance fixée pour la réalisation de ce dispositif par l'article 2 de l'arrêté du 16 janvier 2012. Par suite, le préfet de la Loire-Atlantique était tenu d'édicter une mise en demeure de satisfaire à ces prescriptions dans un délai déterminé. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation de cet arrêté comme de la méconnaissance des dispositions des articles L. 541-1 et L. 110-1 III 5° du code de l'environnement ainsi que des principes de sécurité juridique et d'intelligibilité de la norme ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.
18. En deuxième lieu, si l'illégalité d'un arrêté portant prescriptions, pris sur le fondement de l'article L. 171-7 du code de l'environnement, peut utilement être invoquée, par voie d'exception, à l'occasion de la contestation de l'arrêté portant mise en demeure de respecter ces prescriptions, une telle exception d'illégalité n'est toutefois recevable que si cet arrêté, qui est dépourvu de caractère réglementaire, n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est soulevée. Il est constant que la société Yara France n'a pas introduit de recours contre l'arrêté du 16 janvier 2012 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a prescrit de mettre en œuvre un dispositif de traitement des rejets industriels vers la station d'épuration de la CARENE ou vers une station interne à définir. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que cet arrêté lui a été régulièrement notifié et comportait l'indication des délais et voies de recours. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que la société requérante a eu connaissance de cet arrêté du 16 janvier 2012 au plus tard à l'occasion de la visite de l'inspection des installations classées du 6 octobre 2015. Par suite la société Yara France n'est pas recevable à exciper de l'illégalité de cet arrêté du 16 janvier 2012.
19. En troisième lieu, la circonstance que l'échéancier prévu par l'arrêté du 16 janvier 2012 pour la réalisation d'un dispositif de traitement de l'égout acide n'a pas été respecté du fait de la société requérante ne saurait rendre caduque ces prescriptions à laquelle elle ne s'est pas conformée. De même, la circonstance que le plan de conformité établi dans le cadre du dispositif de vigilance renforcée mis en œuvre par le ministère de la transition écologique présente la réalisation de cette installation pour le second semestre 2022 est sans incidence sur la légalité de la mise en demeure contestée, dès lors que ce plan qui ne résulte que d'arrêtés préfectoraux déjà publiés a pour seul objet de mettre en conformité l'exploitation aux obligations réglementaires qui s'imposent à elle. En mettant en demeure la société requérante de respecter cette prescription, en fournissant le bon de commande de cette installation dans le délai de trois mois et en justifiant de sa mise en service dans un délai de douze mois, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas fixé de nouvelles prescriptions techniques qui s'ajouteraient à celles qui s'imposaient déjà à l'exploitant en application de l'arrêté du 26 janvier 2012. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la société Yara France, aucun des arrêtés en cause, du 16 janvier 2012 comme du 24 octobre 2014, n'impose de modalités techniques particulières de traitement de l'égout acide, qui restent à définir par l'exploitant, lequel est soumis à une obligation de résultats. Par suite, la société requérante n'est fondée à soutenir, ni que le préfet aurait fait une inexacte application de l'article L. 171-8 du code de l'environnement, ni qu'il aurait entaché sa décision d'une erreur de droit ou d'une erreur d'appréciation en fixant de nouvelles prescriptions techniques qui ne seraient pas adaptées ou seraient disproportionnées.
20. En quatrième lieu, lorsqu'un manquement à l'application des conditions prescrites à une installation classée a été constaté, la mise en demeure prévue par les dispositions rappelées ci-dessus a pour objet, en tenant compte des intérêts qui s'attachent à la fois à la protection de l'environnement et à la continuité de l'exploitation, de permettre à l'exploitant de régulariser sa situation dans un délai déterminé, en vue d'éviter une sanction pouvant aller jusqu'à la suspension du fonctionnement de l'installation. Il incombe donc à l'administration, pour donner un effet utile à ces dispositions, de prescrire dans la mise en demeure un délai en rapport avec les mesures à prendre par l'exploitant.
21. D'une part, il résulte de l'instruction que le flux journalier moyenné des eaux industrielles non traitées était sur l'année 2019 de 160,4 kg / jour pour l'azote et de 1,2 kg/ jour pour le phosphore, avec des pics journaliers jusqu'à 4 296 kg d'azote et 60,3 kg de phosphore et, sur les 8 premiers mois de l'année 2020, de l'ordre de 130,8 kg / jour pour l'azote et de 1 kg / jour pour le phosphore, avec des pics journaliers allant jusqu'à 982 kg d'azote et 35,5 kg en phosphore, alors que les valeurs limites figurant en annexe de l'arrêté préfectoral du 31 juillet 2003 fixent pour les rejets d'eaux industrielles les valeurs limites de 175 kg / jour pour l'azote et 2 kg / jour pour le phosphore. Il ressort également des rapports successifs de l'inspection des installations classées, à la suite des visites du 3 mars 2020 et du 25 septembre 2020, que pour la période du 18 décembre 2019 au 31 décembre 2019, il a été constaté trois dépassements de ces valeurs limites d'émission et vingt-cinq dépassements pour la période du 1er janvier 2020 au 31 août 2020. Enfin, il ressort du rapport de l'inspection des installations classées faisant suite à la visite du 2 décembre 2022 que, pour l'année 2021, si les flux moyens rejetés au niveau des eaux industrielles sont, s'agissant de l'azote, de 124,7 kg / jour, 21 % des mesures réalisées constatent des dépassements de la valeur limite et 3,7 % des dépassements au-delà du double de la valeur limite autorisée, et, s'agissant du phosphore, de 0,9 kg / jour, 10,7 % des mesures réalisées attestent de dépassements de la valeur limite et 0,9 % de dépassements au-delà du double de la valeur limite autorisée. De janvier à septembre 2022, si le flux moyens d'azote a été de 142,3 kg / jour, 22,4 % des mesures ont relevé des dépassements de la valeur limite sur la période. Il est relevé " qu'en 2022, les flux les plus importants ont été rejetés suite à un incident sur un équipement de l'atelier de production de nitrate d'ammonium le 1er septembre 2022 (flux d'azote de 600,9 kg) ou lors de l'arrêt inter-campagnes le 11 mai 2022 ". Il résulte ainsi de l'instruction qu'à la date du présent jugement, la société requérante ne respecte pas en toutes circonstances les valeurs limites lui étant imposées d'émission d'azote et de phosphore dans les rejets d'eaux industrielles.
22. D'autre part, il résulte des rapports successifs de l'inspection des installations classées qu'à l'occasion des visites du 6 octobre 2015, du 30 septembre 2016, du 13 octobre 2017, du 8 octobre 2019, du 3 mars 2020, du 25 septembre 2020 et, en dernier lieu, du 2 décembre 2022, il a été constaté qu'aucun traitement de l'ensemble des rejets de l'égout acide de l'exploitation n'avait encore été mis en œuvre, de façon à respecter ces valeurs-limites, sept ans après l'échéance fixée par l'arrêté du 16 janvier 2012. La société Yara France n'est ainsi pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il résulte de l'instruction que les mesures qui lui ont été prescrites n'ont pas été exécutées.
23. Enfin, alors que l'arrêté du 16 janvier 2012 prescrit la réalisation d'une unité de traitement de l'égout acide, sans imposer de solution technique particulière, et quand bien même la solution d'un traitement externe par la station de la CARENE a été abandonnée en février 2017, la société Yara France ne justifie pas de l'impossibilité technique et matérielle de mettre en œuvre toute solution de traitement par une station interne de l'ensemble des rejets émis, dans les délais prévus par la mise en demeure litigieuse. Il résulte en effet de l'instruction que, dès une visite du 6 octobre 2015, l'inspection des installations classées a constaté un retard dans la mise en œuvre des prescriptions de l'arrêté du 16 janvier 2012. Il ressort, toutefois, du rapport de présentation en date du 13 septembre 2017 produit par la requérante que les essais réalisés avec le procédé technique de filtration par osmose inverse ont été estimés " compatibles avec le traitement des effluents " du site. La société Yara France ne justifie pas par les seules considérations économiques et financières qu'elle invoque dans ses courriers des 30 mars et 7 septembre 2018, de l'impossibilité de mettre en œuvre un dispositif de traitement de l'ensemble des rejets industriels de son activité. Si par un courrier du 4 décembre 2018, la société Yara France, se prévalant d'une étude qui n'avait pas été réalisée en fonction des caractéristiques spécifiques du site, a formulé le souhait d'envisager la mise en place d'un dispositif expérimental de traitement des eaux industrielles du site par la culture de micro-algues, elle ne justifie pas que cette technique serait la seule disponible, faute de tout comparatif sérieux avec d'autres solutions. En outre, si la société requérante s'est engagée par un courrier du 5 avril 2019 au lancement d'une unité pilote innovante de traitement par micro-algues pour une mise en service au début de l'année 2020, ce projet pilote n'a effectivement débuté qu'en juillet 2020 et ce, pour moins de 10 % des eaux industrielles du site. Lors de sa visite du 25 septembre 2020, l'inspection des installations classées a ainsi relevé qu'aucun justificatif quant à la réalisation effective d'une unité de traitement pour l'ensemble des rejets de l'installation n'a été présenté et que seuls 2 m3 d'eaux industrielles avaient pu être traités par cette technique. Cette mise en service de l'unité pilote ne permet donc pas de répondre aux prescriptions de l'arrêté du 16 janvier 2012. Si le plan de mise en conformité présenté par la société en juillet 2021 dans le cadre du dispositif dit " de vigilance renforcée " fait état de la réalisation d'une unité de traitement des eaux industrielles au second semestre 2022, il est constant qu'aucune installation n'a encore été réalisée à la date du présent jugement. Si, par un courrier du 17 janvier 2022, l'exploitant a transmis des éléments complémentaires quant à l'extension de ce dispositif de traitement par micro-algues, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'inspection des installations classées du 16 décembre 2022, que la société Yara France n'a pas fourni d'éléments de réponse suffisants au courrier du 10 juin 2022 des services de l'Etat lui demandant des éléments complémentaires afin de s'assurer de la prise en compte de l'ensemble des impacts induits par la création d'une telle unité de traitement sur les installations du site ainsi que sur ses rejets. Le préfet fait valoir dans ses écritures sans être contredit que " Lors de la réunion qui s'est tenue le 10 novembre 2022 au ministère de la transition écologique, la société YARA s'est engagée à déposer rapidement un nouveau permis de construire ", ce qui retarde à nouveau la mise en conformité de l'installation avec les prescriptions de l'arrêté du 16 janvier 2012. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait activement recherché des solutions efficaces de traitement des eaux industrielles rejetées par son activité et les difficultés qu'elle invoque ne sont pas de nature à justifier du délai anormalement long écoulé depuis l'échéance fixée par l'arrêté du 26 janvier 2012.
24. Il s'ensuit qu'au regard du constat de nombreux dépassements aux valeurs limites de rejet d'azote et de phosphore réitérés de 2013 à 2022, comme de leurs impacts sur l'environnement particulièrement vulnérable de la Loire, dont la société requérante ne remet pas sérieusement en cause la gravité, et alors qu'aucune installation pour le traitement de l'ensemble de l'égout acide n'a encore été réalisée en méconnaissance des prescriptions énoncées par l'arrêté préfectoral du 16 janvier 2012, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les délais prévus par l'arrêté attaqué présenteraient un caractère disproportionné. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur d'appréciation.
S'agissant de la légalité de l'arrêté du 19 juin 2020 portant fixation d'une astreinte :
25. En premier lieu, il résulte de l'instruction que pour prendre sa décision, le préfet ne s'est pas estimé lié par les propositions formulées par l'inspection des installations classées à l'issue de la visite du 3 mars 2020.
26. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que précédemment, les moyens tirés de l'illégalité des arrêtés du 16 janvier 2012 et du 24 octobre 2019 ne peuvent qu'être écartés.
27. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que, lors des visites de l'inspection des installations classées du 3 mars 2020, du 25 septembre 2020 et en dernier lieu du 2 décembre 2022, aucun document justifiant de la mise en place prochaine et effective d'une unité de traitement de l'ensemble des eaux industrielles du site n'a été présenté et il ne résulte pas de l'instruction que les travaux prescrits auraient débuté, en méconnaissance des prescriptions de l'arrêté du 16 janvier 2012, lesquelles ont pourtant pour objet de permettre d'assurer la prévention des dangers ou inconvénients pour les intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement. Si la société requérante fait état de difficultés techniques à la réalisation de cette unité, comme dit précédemment, elle ne justifie ni de ce que la solution technique retenue aurait été la seule disponible, ni de la longueur du délai de sa réalisation.
28. En dernier lieu, si la société requérante se prévaut de la transmission d'un bon de commande du 5 juin 2020 avec la société Véolia selon un contrat d'ingénierie du 26 mai 2020, celui-ci porte sur la réalisation " des études de faisabilité et d'impact concernant la mise en place d'une unité de traitement biologique de type " conventionnel " " de type MBBR ", ainsi que d'un bon de commande du 30 juillet 2020 avec la société Suez pour la réalisation d'études d'ingénierie nécessaires à la réalisation d'une nouvelle station d'épuration, ces documents, qui n'ont trait qu'à des études d'ingénierie, ne permettent pas de justifier de la commande d'une installation de traitement de l'ensemble des eaux industrielles rejetées. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient la requérante, l'envoi de ces documents ne permet pas de regarder comme respectée la mise en demeure résultant de l'arrêté du 24 octobre 2019 et par suite comme remplie la condition mise à la levée de l'astreinte prévue à l'article 1er de l'arrêté du 19 juin 2020. La société requérante n'est donc pas fondée à soutenir que des circonstances de fait nouvelles auraient rendu illégaux depuis leur édiction les arrêtés du 24 octobre 2019 portant mise en demeure et du 19 juin 2020 portant fixation d'une astreinte.
29. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite de refus d'abrogation contestée.
Sur les frais liés au litige :
30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Yara France demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
31. Si une personne publique qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat peut néanmoins demander au juge le bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais spécifiques exposés par elle à l'occasion de l'instance, elle ne saurait se borner à faire état d'un surcroît de travail de ses services et doit faire état précisément des frais qu'elle aurait exposés pour défendre à l'instance. Si le préfet de la Loire-Atlantique fait état du surcroît de travail occasionnés pour ses services par les requêtes présentées par la société Yara France, il ne fait toutefois pas état précisément des frais qu'il aurait exposés pour défendre dans les présentes instances. Il en résulte qu'il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions qu'il présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Yara France est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Yara France et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
La rapporteure,
S. B
Le président,
A. A DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées,
de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026