mardi 13 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP LANDRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2021, Mme B E, représentée par Me Landry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2021 par lequel le président du conseil départemental de la Sarthe a défini l'alignement de la route départementale 303, avenue du docteur A à Saint-Calais, au droit de la parcelle cadastrée section AI n° 486 dont elle est propriétaire ;
2°) de mettre à la charge du département de la Sarthe la somme de 2 000 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté méconnaît l'article L 112-3 du code de la voirie routière, le maire n'ayant pas été consulté ;
- la date de l'arrêté est incertaine ;
- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
- l'arrêté litigieux a été adopté à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de procédure contradictoire ;
- le président du conseil départemental de la Sarthe a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière en fixant la limite de fait du domaine public routier au droit de la parcelle cadastrée AI 486 au pied du mur de soutènement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022, le département de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des relations entre le public et l'administration
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brémond, premier conseiller
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Forget, substituant Me Landry, avocate de Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E est propriétaire d'un terrain situé 2 rue de la Saulinière à Saint-Calais (Sarthe), desservi par l'avenue du docteur A, correspondant à la parcelle cadastrée section AI n° 486, sur lequel elle a fait construire une maison d'habitation. S'interrogeant sur l'entretien d'un mur de soutènement construit au pied du talus de son terrain sur toute la longueur du trottoir sur l'avenue du docteur A longeant sa parcelle, elle a sollicité le maire de Saint-Calais. Celui-ci a alors saisi les services du département, propriétaire de la route départementale avenue du docteur A, d'une demande d'alignement individuel. Par un arrêté du 22 janvier 2021, notifié le 2 mars 2021, dont la requérante demande l'annulation, le président du conseil départemental de la Sarthe a défini l'alignement de la route départementale 303, avenue du docteur A, au droit de la parcelle cadastrée AI 486 dont Mme E est propriétaire.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le maire de Saint-Calais a émis un avis favorable à la demande d'alignement adressée au département de la Sarthe le 23 décembre 2020. La circonstance que cet avis ne soit pas visé dans l'arrêté attaqué est sans incidence sur sa légalité, dès lors qu'il ressort des pièces versées au dossier que cet avis a été recueilli.
3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté a été enregistré le 22 janvier 2021 sous le numéro 21/316 par le département de la Sarthe. La circonstance que cet arrêté a été signé le 18 janvier 2021 est sans incidence sur sa légalité.
4. En troisième lieu, par un arrêté du 7 janvier 2019, dont les mentions attestent du caractère exécutoire, le président du conseil départemental de la Sarthe a donné délégation à M. D C, ingénieur territorial, chef de l'agence technique départementale nord, à l'effet de signer notamment les décisions d'alignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire manque en fait et doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 121-2 de ce code prévoit toutefois que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : () / 3° Aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 134-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'enquête publique a pour objet d'assurer l'information et la participation du public ainsi que la prise en compte des intérêts des tiers lors de l'élaboration d'une décision administrative. Les observations et propositions recueillies au cours de l'enquête sont prises en considération par l'administration compétente avant la prise de décision ".
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas davantage allégué que le territoire de la commune de Saint-Calais serait couvert par un plan d'alignement tandis que l'arrêté en litige, qui se borne à constater les limites de la voie routière communale dont est riveraine la propriété de Mme E au moyen d'un alignement individuel, qui présente un simple caractère déclaratif, n'a ni pour objet ni pour effet d'établir un plan d'alignement de cette voie communale devant être précédé d'une enquête publique dans les conditions prévues par les dispositions précitées des articles L. 112-1 du code de la voirie routière et L. 134-2 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, contrairement à ce que soutient la requérante, l'autorité départementale n'était pas tenue de faire précéder l'arrêté du 22 janvier 2021 d'une procédure contradictoire. Par suite, la circonstance selon laquelle l'arrêté en litige n'a pas été précédé d'une telle procédure est sans incidence sur sa légalité.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 2111-14 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens appartenant à une personne publique mentionnée à l'article L. 1 et affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées ". Selon le premier alinéa de l'article L. 141-1 du code de la voirie routière : " Les voies qui font partie du domaine public routier communal sont dénommées voies communales () ".
9. Aux termes de l'article L. 112-3 du code de la voirie routière : " L'alignement individuel est délivré par le représentant de l'État dans le département, le président du conseil départemental ou le maire, selon qu'il s'agit d'une route nationale, d'une route départementale ou d'une voie communale () ". L'article L. 112-1 du même code dispose que : " L'alignement est la détermination par l'autorité administrative de la limite du domaine public routier au droit des propriétés riveraines. Il est fixé soit par un plan d'alignement, soit par un alignement individuel. / Le plan d'alignement, auquel est joint un plan parcellaire, détermine après enquête publique ouverte par l'autorité exécutive de la collectivité territoriale ou de l'établissement public de coopération intercommunale, propriétaire de la voie, et organisée conformément aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration la limite entre voie publique et propriétés riveraines. / L'alignement individuel est délivré au propriétaire conformément au plan d'alignement s'il en existe un. En l'absence d'un tel plan, il constate la limite de la voie publique au droit de la propriété riveraine ".
10. Il résulte des dispositions précitées de l'article L.112-1 du code de la voirie routière qu'un arrêté d'alignement, qui, en l'absence de plan d'alignement, se borne à constater les limites d'une voie publique en bordure des propriétés riveraines, et constitue ainsi un acte purement déclaratif sans effet sur les droits des propriétaires riverains, ne peut être fixé qu'en fonction des limites actuelles de la voie publique en bordure des propriétés riveraines, éventuels empiètements inclus. Un arrêté d'alignement se bornant à constater les limites d'une voie publique en bordure des propriétés riveraines, une contestation relative à la propriété des immeubles riverains de la voie publique sur laquelle il n'appartiendrait qu'à l'autorité judiciaire de statuer, ne peut, dès lors, être utilement soulevée à l'appui de conclusions tendant à l'annulation pour excès de pouvoir d'un tel arrêté. En revanche, il appartient au juge administratif, saisi de conclusions tendant à l'annulation pour excès de pouvoir d'un arrêté d'alignement, de vérifier si l'arrêté d'alignement attaqué se borne ou non à constater les limites actuelles de la voie publique en bordure des propriétés riveraines.
11. En l'absence de titre en attribuant la propriété aux propriétaires des parcelles en bordure desquelles il est édifié ou à des tiers, un mur situé à l'aplomb d'une voie publique et dont la présence évite la chute de matériaux qui pourraient provenir des fonds qui la surplombent doit être regardé comme un accessoire de la voie publique, même s'il a aussi pour fonction de maintenir les terres des parcelles qui la bordent.
12. Il ressort des pièces du dossier que l'alignement du domaine public routier au droit de la propriété de Mme E avenue du docteur A a été défini par l'alignement de fait, dont un croquis est joint à l'arrêté attaqué. Mme E soutient que le mur jouxtant sa propriété le long de l'avenue du docteur A se trouve dans l'emprise de la voie publique dès lors qu'il s'avère nécessaire au soutien de la chaussée. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la présence de ce mur, dont la propriété ne peut être établie en l'absence de titre, éviterait la chute de matériaux provenant du fonds de Mme E ou des terrains voisins sur la voie publique. Dans ces conditions, ce mur ne peut être regardé comme un accessoire de la voie publique. Dès lors, l'alignement a été opéré en respectant les limites factuelles du domaine public. Il en résulte que le président du conseil départemental de la Sarthe n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière en fixant, par l'arrêté litigieux, la limite de fait de la route départementale située en bordure de la parcelle appartenant à Mme E.
13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de la Sarthe, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, au département de la Sarthe et à la commune de Saint-Calais.
Délibéré après l'audience du 9 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 août 2024.
Le rapporteur,
E. BRÉMOND
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026