mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104930 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LE FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 avril 2021, M. B A, représenté par Me Le Floch, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à lui verser la somme de 1 628,80 euros, augmentée des intérêts au taux légal et capitalisés, en réparation des préjudices économique et moral subis du fait de l'illégalité fautive de la décision l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation à la part contributive de l'Etat à sa mission d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'OFII a commis une faute en interrompant le versement de l'allocation pour demandeur d'asile du 1er avril au 13 octobre 2019dès lors qu'il n'a jamais été en fuite ;
- cette faute lui a causé un préjudice matériel à hauteur de 1 128,80 euros, un préjudice moral et un trouble dans ses conditions d'existence à hauteur de 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2024, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'a pas commis de faute en suspendant, comme il y était fondé, les conditions matérielles d'accueil de M. A ;
- les préjudices allégués par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
7 juin 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen né le 24 avril 1995, est entré en France en 2018 et y a sollicité l'asile. Sa demande d'asile a été enregistrée en procédure dite " Dublin " le 27 novembre 2018 et il a accepté le même jour les conditions matérielles d'accueil. Par un arrêté du 21 janvier 2019, le préfet de police de Paris a décidé de son transfert aux autorités italiennes, responsables de sa demande d'asile, et l'a convoqué à fin d'exécution de la mesure les 8 et 15 mars 2019. M. A a cessé de percevoir l'allocation pour demandeur d'asile à compter du mois de mars 2019 et jusqu'au 13 octobre 2019. Par un courrier du 12 février 2021, M. A a demandé à l'OFII de lui verser le montant de l'allocation dont il avait été privé durant cette période. Par sa requête, il demande au tribunal de condamner l'OFII à lui verser la somme de 1 628,80 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de l'illégalité de la décision par laquelle l'OFII a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juin 2021. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile par l'autorité administrative compétente, en application du présent chapitre. Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre / () ". Aux termes de l'article L. 744-7 du même code : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : / () / 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. / ( ) ".
4. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 25 mars 2019, adressée par lettre recommandée avec accusé de réception dont le pli a été avisé le 2 avril 2019 et n'a pas été réclamé, l'OFII a retiré les conditions matérielles d'accueil de M. A au motif qu'il n'avait pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités les 8 et 15 mars 2019, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En se bornant à soutenir qu'il n'a jamais été en fuite, il n'apporte aucun élément de nature à établir le respect de l'obligation susmentionnée. Dans ces conditions, l'OFII était fondé à retirer les conditions matérielles d'accueil de M. A et n'a pas commis d'illégalité fautive.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à la condamnation de l'OFII à lui verser la somme de 1 628,80 euros en réparation de ses préjudices doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées par Me Le Floch au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Le Floch et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Hervouet, président du tribunal,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
La rapporteure,
M. C
SAINT-DIZIER
Le président,
C. HERVOUETLa greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026