mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2105138 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 7 mai 2021 et 8 décembre 2023, M. E B, représenté par Me Marie-Laure Floch, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2020 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer le titre de séjour sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa
situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 700 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des stipulations de l'article 6-5 de
l'accord franco-algérien et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations des articles 3, 8 et 9 de la convention européenne de sauvegarde des droits de humains et des libertés fondamentales ;
- en ne faisant pas usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, le préfet a
entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2023, le préfet de la
Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
Par décision du 6 avril 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 24 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
11 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa
proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique du 20 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant algérien né en 1963, déclare être entré en France en 2014 sous couvert d'un visa de court séjour. Il a sollicité le 21 janvier 2020 un titre de séjour vie privée et familiale qui lui a été refusé par une décision du préfet de la Loire-Atlantique du 28 juillet 2020. Par sa requête, M. B sollicite l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête,
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits
humains et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité
nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Pour refuser le titre de séjour sollicité, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur la circonstance que les éléments fournis par M. B démontrent une communauté de vie
récente avec son épouse et que ses deux enfants, majeurs, ne justifient pas d'un droit au séjour, son fils faisant par ailleurs l'objet de deux décisions d'obligation de quitter le territoire français, ce dont l'administration déduit que l'intéressé ne peut se prévaloir de liens personnels et familiaux en France tels que, au regard de leur intensité, de leur ancienneté de leur stabilité, il serait porté une atteinte manifestement excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du passeport de M. B que ce dernier est entré en France non en 2016 comme l'indique le préfet dans son arrêté mais le
28 aout 2014. Son fils, M. F B, ressortissant algérien également, est aussi entré en France à cette date, à l'âge de 15 ans. Le requérant fait valoir être entré en France avec l'ensemble de sa famille, et avoir fait des allers-retours avec l'Algérie pour des raisons professionnelles. Ces allers-retours sont attestés par la copie de son passeport. Il ressort également des pièces du dossier que son épouse, Madame A C, ressortissante algérienne née en 1964, disposait, à la date de la décision attaquée, d'un titre de séjour portant la mention " salarié " valable jusqu'au
11 décembre 2020 qui, par ailleurs, a été renouvelé ensuite jusqu'au 2 mars 2023, et qu'elle
travaille. Les avis d'imposition du couple justifient de la communauté de vie de Monsieur et
Madame B. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que les enfants du requérant,
désormais majeurs, ont suivi leur scolarité en France depuis 2014, et que, à la date de la décision attaquée, sa fille, Mme D B, était étudiante à l'université de Nantes. Le requérant explique qu'il est venu avec sa famille précipitamment en France en raison de la tentative
d'enlèvement dont a fait l'objet sa fille en raison de leur confession protestante. Si leur confession et les risques qu'il allègue subir en raison de cette confession ne sont pas établis par les pièces au dossier, il ressort toutefois des nombreux certificat médicaux et ordonnances produites que son fils fait l'objet d'un suivi psychiatrique pour stress post-traumatique lié notamment à la tentative
d'enlèvement de sa sœur. Par suite, la décision portant refus de titre de séjour contestée porte au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en
méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, c'est à tort que le préfet a refusé de lui délivrer le certificat de résidence sollicité.
5. Il résulte de ce qui précède l'arrêté du 28 juillet 2020 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Le présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, que préfet de la Loire-Atlantique délivre à M. B le titre de séjour sollicité, dans un délai d'un mois à
compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, qui est la partie perdante dans cette instance, la somme de 1 200 euros à verser à Me Floch sur le fondement des articles
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide
juridique. Conformément aux dispositions de ce dernier article, la perception de cette somme
vaudra renonciation de cette avocate au versement de la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle qui a été accordée au requérant.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 juillet 2020 du préfet de la Loire-Atlantique pris à l'égard de
M. B est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique ou à tout autre préfet territorialement compétent de délivrer à M. B, dans le délai d'un mois à compter de la notification du
présent jugement, un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'une année.
Article 3 : L'État versera à Me Floch une somme de 1 200 euros en application des articles
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Marie-Laure Floch et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026