mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2105256 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LAPLANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2021, M. A B, représenté par Me Laplane, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l'a assigné à résidence pour une nouvelle durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde.
La requête a été communiquée au préfet de la Loire-Atlantique qui a produit des pièces enregistrées le 13 juillet 2021.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Milin, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 2 juin 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a édicté à l'encontre de M. B A, ressortissant algérien né en 2002, un arrêté portant obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois. Par un arrêté du 27 octobre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a assigné à résidence M. B sur le fondement de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 26 avril 2021, le préfet a renouvelé cette assignation à résidence pour une période de six mois.
2. Aux termes de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " Lorsque l'étranger justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne peut ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, l'autorité administrative peut, jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, l'autoriser à se maintenir provisoirement sur le territoire français en l'assignant à résidence, dans les cas suivants : / 1° Si l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai ou si le délai de départ volontaire qui lui a été accordé est expiré ; () La décision d'assignation à résidence est motivée. Elle peut être prise pour une durée maximale de six mois, renouvelable une fois dans la même limite de durée, par une décision également motivée. / () L'étranger astreint à résider dans les lieux qui lui sont fixés par l'autorité administrative doit se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ".
3. La décision attaquée mentionne les dispositions dont elle fait application, en particulier l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle fait notamment état de ce que l'intéressé, qui justifie d'un domicile, dispose d'un passeport mais que les mesures de fermeture de frontières édictées dans le cadre de la crise sanitaire liée à la Covid-19 font obstacle à son éloignement immédiat, et qu'ainsi, son assignation à résidence est nécessaire, alors que l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet demeure une perspective raisonnable. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision en litige doit être écarté.
4. Si le requérant fait valoir qu'il est scolarisé à Nantes, il n'établit pas qu'une mesure d'assignation à résidence, et notamment les modalités de celle-ci, à savoir une présentation hebdomadaire entre 8 et 9 heures auprès des services de gendarmerie et une obligation de présence à son domicile de 17 heures à 20 heures, seraient entachées d'une erreur d'appréciation et notamment ne seraient pas compatibles avec ses obligations scolaires. Par ailleurs, la circonstance que le préfet connaisse l'adresse du requérant ne fait pas obstacle à ce que celui-ci soit assigné à résidence mais constitue au contraire une des conditions d'une telle mesure. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
5. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, laquelle est au demeurant définitive, n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Laplane et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
La rapporteure,
C. MILINLe président,
A. DURUP DE BALEINE
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026