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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2105429

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2105429

lundi 5 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2105429
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBOURGEOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mai 2021, M. A B, représenté par Me Bourgeois, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- sa motivation est insuffisante ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée de vices de procédure dès lors que le préfet ne justifie pas de l'existence d'un avis rendu sur son état de santé par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ; il n'est pas démontré que le médecin rapporteur de l'OFII n'aurait pas siégé au sein de ce collège ; l'avis rendu a un caractère incomplet et les éléments de procédure n'y sont pas mentionnés ; il n'est pas démontré que l'avis ait été rendu au terme d'une délibération collégiale et qu'il ne résulte pas de l'addition des avis individuels de chacun des membres du collège ;

- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence dès lors qu'il s'est estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

- le préfet a méconnu les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est avéré qu'il n'aurait accès en Guinée ni à la surveillance, ni aux soins pourtant nécessités par son état de santé ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il réside en France depuis le 30 avril 2016 ; il y a tissé un réseau d'amitiés ; il s'est éloigné de son pays d'origine, ses parents étant décédés et son frère étant à sa recherche pour le violenter et le faire incarcérer ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ; il ne pourra bénéficier en Guinée des soins dont il a besoin ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- sa motivation est insuffisante ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- son annulation sera prononcée par voie de conséquence de celle de la décision portant refus de titre de séjour ;

- le préfet a méconnu le 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Guinée, il ne pourra y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- sa motivation est insuffisante ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- son annulation sera prononcée par voie de conséquence de celle de la décision portant refus de titre de séjour ;

- le préfet a méconnu l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; son renvoi en Guinée reviendrait à mettre sa vie gravement et inévitablement en danger ; il n'aura, par ailleurs, aucun accès effectif dans ce pays aux soins nécessaires à sa survie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 septembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 mai 2022 :

- le rapport de M. Martin, président-rapporteur,

- et les observations de Me Thullier, substituant Me Bourgeois, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant guinéen né le 1er juin 1980, déclare être entré irrégulièrement en France le 30 avril 2016. Sa demande de reconnaissance du statut de réfugié a été rejetée par une décision du 15 mars 2017 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 11 octobre 2017. Il a ensuite sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé. Par un arrêté du 8 janvier 2021, le préfet a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Guinée comme pays de destination. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen soulevé à l'encontre de l'ensemble des décisions attaquées :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 8 janvier 2021 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Loire-Atlantique a consenti à Mme C une délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de séjour, énonce les considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde. Il vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application ainsi que l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en date du 12 octobre 2020. Il mentionne qu'il ressort de cet avis que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, il pourrait y bénéficier d'un traitement approprié. Il évoque également la situation familiale de M. B et précise que celui-ci a indiqué être veuf et père de cinq enfants dont quatre mineurs qui résident en Guinée-Bissau. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de titre de séjour doit être écarté. Il ressort de cette motivation et des pièces du dossier que le préfet a bien procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de rejeter sa demande de titre de séjour.

4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 313-11 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".

5. D'autre part, il résulte des dispositions des articles R. 313-22 et R. 313-23 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application de ces dispositions que l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII doit être rendu à l'issue d'une délibération pouvant prendre la forme soit d'une réunion, soit d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. Le caractère collégial de cette délibération constitue une garantie pour le demandeur de titre de séjour. Préalablement à l'avis rendu par ce collège d'experts, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin instructeur, doit lui être transmis. Le médecin instructeur à l'origine de ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet. Il appartient à l'autorité administrative de se prononcer sur la demande de titre de séjour présentée en qualité d'étranger malade au vu de l'avis émis par le collège de médecins.

6. Il ressort de l'avis du 12 octobre 2020 émis par le collège de médecins de l'OFII, versé à l'instance par le préfet, que le médecin, auteur du rapport sur l'état de santé de M. B, n'a pas siégé au sein de ce collège, composé de trois médecins, ayant rendu cet avis au vu de ce rapport. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'avis, signé par les trois médecins membres du collège, porte la mention : " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ". Cette mention fait foi jusqu'à preuve du contraire. En se bornant à soutenir qu'il n'est pas établi que les trois médecins membres du collège auraient rendu leur avis simultanément à l'issue d'une délibération collégiale, M. B n'apporte pas cette preuve contraire. En outre, s'il est allégué que cet avis ne comporterait pas certaines indications, ce moyen doit être écarté comme n'étant pas assorti de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier la portée.

7. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que l'avis du collège des médecins de l'OFII aurait été émis à l'issue d'une procédure régulière doit être écarté en toutes ses branches.

8. En troisième lieu, si le préfet de la Loire-Atlantique s'est approprié la teneur de l'avis du collège des médecins de l'OFII, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée qu'il se serait estimé lié par cet avis pour refuser le titre de séjour sollicité.

9. En quatrième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif ou non à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

10. Pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. B, le préfet de la Loire-Atlantique, comme il a été dit, s'est notamment fondé sur l'avis émis le 12 octobre 2020 par le collège des médecins de l'OFII, avis selon lequel si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut cependant bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de ce pays vers lequel il peut voyager sans risque.

11. Il ressort des pièces produites par M. B et notamment d'un courrier de son médecin traitant du 21 juin 2019 que le requérant souffre d'hypertension artérielle et d'une gonarthrose du genou gauche, pathologies pour le traitement desquelles les médicaments lercanidipine et diclofenac lui ont notamment été prescrits. Si le requérant verse au dossier des documents relatifs à l'état dégradé du système de santé en Guinée, ces documents, à caractère général et qui ne se prononcent pas sur la disponibilité en Guinée de ses traitements, ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation portée par le collège des médecins sur la disponibilité des soins et traitements nécessaires à l'intéressé en Guinée, appréciation que s'est appropriée le préfet. Dans ces conditions, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas méconnu les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer à l'intéressé le titre de séjour qu'il sollicitait.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

13. M. B fait valoir qu'à la date de la décision attaquée, il était présent sur le territoire français depuis presque cinq ans et que ses attaches personnelles et amicales se situent désormais en France. Toutefois, s'il justifie avoir suivi avec assiduité, de 2017 à 2019, des cours de français, il n'apporte aucun élément sur les liens personnels qu'il aurait tissés depuis son arrivée en France. En outre, il ressort du formulaire de demande de titre de séjour qu'il a rempli que M. B est veuf et père de cinq enfants vivant en Guinée-Bissau, dont quatre étaient mineurs à la date de la décision attaquée. Ainsi et compte tenu de ce qui a été dit sur l'état de santé de l'intéressé, le préfet de la Loire-Atlantique, en refusant le titre de séjour sollicité par le requérant, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. En sixième lieu, si M. B soutient qu'il encourrait des risques en cas de retour dans son pays d'origine du fait d'un conflit familial, ce moyen est inopérant à l'encontre du refus de séjour qui n'a pas par lui-même pour effet de renvoyer l'intéressé en Guinée. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation du requérant.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français, fondée sur les dispositions du 3° du I de l'article L. 511-1 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été édictée à la suite du refus du préfet de délivrer à M. B un titre de séjour. Or, il résulte des dispositions de l'avant-dernier alinéa de ce même I que, dans un tel cas, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de séjour. En l'espèce, comme il a été dit au point 3, la décision portant refus de titre de titre de séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté. Il ressort, en outre, des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet a bien procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant de prononcer son éloignement.

16. En deuxième lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas annulée, M. B n'est pas fondé à se prévaloir de cette annulation pour demander, par voie de conséquence, celle de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 511-4 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : / () 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; () ".

18. Ainsi qu'il a été dit au point 11, si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas méconnu les dispositions précitées du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en faisant obligation à l'intéressé de quitter le territoire français.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :

19. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle relève que M. B, de nationalité guinéenne, n'établit pas que sa vie ou sa liberté seraient menacées ou qu'il serait exposé à des traitements contraires aux stipulations dudit article 3 en cas de retour dans son pays d'origine dans la mesure où sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile a été rejetée et qu'il n'a produit aucun élément qui justifierait d'un risque en cas de retour dans son pays. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision désignant le pays de renvoi doit être écarté. Il ressort des pièces du dossier que le préfet, qui ne s'est pas borné à constater le rejet de la demande de protection internationale formée par l'intéressé, a bien procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant de désigner la Guinée comme pays de destination.

20. En deuxième lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas annulée, M. B n'est pas fondé à se prévaloir de cette annulation pour demander, par voie de conséquence, celle de la décision désignant le pays de renvoi.

21. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 513-2 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays que s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

22. M. B soutient qu'il a fui la Guinée afin de fuir les violences familiales dont il aurait été victime de la part de son frère à la suite d'un conflit lié à l'héritage de leur père. Il expose que ce conflit lui a valu d'être emprisonné, soumis à des traitements violents et menacé. Toutefois, il n'apporte à l'appui de ses allégations aucun élément concret et probant permettant d'établir la réalité et l'actualité des craintes qu'il invoque. Dans ces conditions, alors que sa demande d'asile a été définitivement rejetée et que, comme il a été dit plus haut, son état de santé ne fait pas obstacle à son retour dans son pays d'origine, le préfet n'a pas méconnu les stipulations et dispositions citées au point précédent en fixant la Guinée comme pays de renvoi.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 8 janvier 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

24. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. B entraine, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.

25. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au profit de son conseil par M. B, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Loïc Bourgeois.

Délibéré après l'audience du 12 mai 2022, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse, premier conseiller,

Mme Nathalie Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2023.

Le président-rapporteur,

L. MARTINL'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

D. LABOUYSSELa greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. MALINGRE

em

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