jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2105588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2104201 du 17 mai 2021, le président du tribunal administratif de Paris a transmis le dossier de la requête de M. A au tribunal administratif de Nantes.
Par une requête, enregistrée le 11 mars 2021, au greffe du tribunal administratif de Paris, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 octobre 2020 par laquelle l'Agence nationale de l'habitat a refusé de lui accorder le bénéfice de la prime de transition énergétique, dite " MaPrimeRénov " ;
2°) d'enjoindre à l'Agence nationale de l'habitat (Anah) de réexaminer son dossier.
Il soutient que :
- aucun échange n'a eu lieu avec l'Anah entre le dépôt de son dossier et l'adoption de la décision attaquée ;
- s'il avait eu connaissance du problème soulevé par l'Anah, il aurait fait le nécessaire afin de modifier l'intitulé des travaux réalisés ; les travaux réalisés correspondent à l'isolation thermique des combles rampants et non des combles perdus ;
- la décision en litige se traduit par un préjudice financier et il souhaite que son dossier soit examiné à nouveau.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2022, l'Agence nationale de l'habitat, représentée par Me Ramel, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que :
* le recours administratif préalable a été formé, non par le requérant, mais par le gérant de la société ayant réalisé les travaux et en ce qu'il a été adressé au délégué à la protection des données de l'Anah et non au directeur général de l'Agence ;
* elle est mal dirigée dès lors que M. A demande l'annulation de la décision initiale du 6 octobre 2020 et non celle de la décision prise sur recours administratif qui s'y est substituée ;
* le recours administratif préalable n'a pas été formé par le requérant et n'a donc pas permis la conservation du recours du délai contentieux au profit de ce dernier ;
* elle est dépourvue de toute argumentation juridique, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, la requête est infondée.
Un mémoire produit par M. A et enregistré le 28 octobre 2024 n'a pas été communiqué.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Baufumé, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Le Lay, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a sollicité, pour le logement situé à La Gaubretière (Vendée), l'attribution d'une prime délivrée sous conditions par l'Agence nationale de l'habitat (Anah) intitulée " MaPrimeRénov' ". Le requérant a fait réaliser des travaux d'isolation de ses combles. Par décision du 5 octobre 2020, l'Anah a rejeté la demande de prime formulée par M. A au motif tiré de ce que les travaux d'isolation réalisés n'étaient pas éligibles. Par courrier du 13 novembre 2020 adressé à l'Anah, le gérant de l'entreprise ayant réalisé les travaux d'isolation de M. A a contesté cette décision. Par décision du 23 avril 2021, l'Anah a rejeté ce recours. M. A demande l'annulation de la décision du 5 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 octobre 2020 :
2. Aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ". Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " L'administration statue sur le recours administratif préalable obligatoire sur le fondement de la situation de fait et de droit prévalant à la date de sa décision, sauf mention contraire dans une loi ou un règlement ". Aux termes de l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique dans sa version applicable au litige : " L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat () ".
3. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de l'excès de pouvoir qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
4. Il résulte des dispositions citées au point 2 que la décision du 23 avril 2021 de l'Anah rejetant le recours administratif préalable obligatoire s'est substituée à la décision initialement prise par l'Agence le 5 octobre 2020. Dès lors, les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la décision du 5 octobre 2020 ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables. Le requérant doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 23 avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 avril 2021 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L.121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
6. Dès lors que la décision attaquée fait suite à la demande de M. A d'attribution de la prime dite " MaPrimeRénov' ", ladite décision n'était pas au nombre de celles soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable prévue par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de respect d'une telle procédure, à supposer que M. A ait entendu le soulever, ne peut qu'être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime à la transition énergétique : " I. - Les dépenses éligibles à la prime de transition énergétique au titre de travaux et prestations figurent à l'annexe 1 du présent décret et peuvent être réalisées dans un immeuble bâti individuel ou collectif () ". Par ailleurs, l'annexe I à ce décret, dans sa version applicable au litige, prévoit que " Les dépenses suivantes, lorsqu'elles satisfont les critères techniques fixés par l'arrêté mentionné au VIII de l'article 2 du présent décret, sont éligibles à la prime : () / 11. Isolation des rampants de toiture et plafonds de combles ; () ".
8. Il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement des factures des 11 mars et 19 mai 2020, que les travaux que M. A a fait réaliser consistent en l'isolation des combles perdus. Par ailleurs, si M. A soutient qu'il aurait fait modifier l'intitulé de ces factures si l'Anah l'avait informé de manière plus précoce du motif de rejet de sa demande de prime, il ne produit aucun élément permettant d'établir le caractère erroné de ces intitulés. Il ressort, par ailleurs, des photos produites par le requérant que la laine de verre, destinée à l'isolation des combles, a été installée au sol et non sur les rampants de toiture ou les plafonds des combles. Il s'en suit que l'Anah pouvait légalement, par la décision attaquée, rejeter la demande de prime " MaPrimeRénov' " de M. A au motif tiré de ce que les travaux réalisés n'étaient pas éligibles au versement de cette prime.
9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par l'Anah, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les frais du litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de l'Anah tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Agence nationale de l'habitat présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ
La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE Le greffier,
P. VOSSELER
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,²
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026