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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2105617

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2105617

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2105617
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBOEZEC CARON BOUCHE AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 mai 2021, M. H A B, représenté par Me Boezec, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l'a assigné à résidence pour une durée de six mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle méconnaît les dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet a été prise plus d'un an auparavant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2021, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,

- les observations de Me Abidi, substituant Me Boezec, avocat du requérant.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 10 juillet 2019, le préfet de la Loire-Atlantique a édicté à l'encontre de M. A B, ressortissant algérien né en 1993, un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 18 octobre 2019 ayant fait l'objet par le requérant d'un appel rejeté par un arrêt de la Cour administrative de Nantes le 24 janvier 2020. Par un arrêté du 15 novembre 2019, le préfet de la Loire-Atlantique l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours. Par un arrêté du 6 novembre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé son admission au séjour en qualité de parent étranger d'enfant de nationalité française et lui a été rappelé de se conformer à la mesure d'éloignement du territoire français du 10 juillet 2019. Par l'arrêté du 19 mars 2021, dont M. A B demande au tribunal l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique l'a assigné à résidence sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour une durée de six mois.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme F C, cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par arrêté du 8 janvier 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture et librement accessible au public, le préfet de ce département a donné délégation à Mme C, en cas d'absence ou d'empêchement simultané de Mme E D, directrice des migrations et de l'intégration et de M. G, son adjoint, à l'effet de signer, notamment, les mesures d'éloignement concernant les étrangers en situation irrégulière ainsi que les décisions prises pour leur exécution. Il n'est ni établi ni même allégué que ces derniers n'étaient ni absents ni empêchés à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Lorsque l'étranger justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne peut ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, l'autorité administrative peut, jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, l'autoriser à se maintenir provisoirement sur le territoire français en l'assignant à résidence, dans les cas suivants : / 1° Si l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai ou si le délai de départ volontaire qui lui a été accordé est expiré ; () La décision d'assignation à résidence est motivée. Elle peut être prise pour une durée maximale de six mois, renouvelable une fois dans la même limite de durée, par une décision également motivée. / () L'étranger astreint à résider dans les lieux qui lui sont fixés par l'autorité administrative doit se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ".

4. La décision attaquée a été prise sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 731-1 de ce même code, entré en vigueur à compter du 1er mai 2021 et dont se prévaut à tort le requérant. Il ressort des pièces du dossier que si l'intéressé disposait d'un passeport en cours de validité, les mesures de fermeture de frontières édictées dans le cadre de la crise sanitaire liée à la Covid-19 faisaient, à la date de la décision attaquée, obstacle à son éloignement à destination de l'Algérie. Ainsi, alors que l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet demeurait une perspective raisonnable, son assignation à résidence a pu légalement être prononcée sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H A B et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

La rapporteure,

S. THOMASLa présidente,

H. DOUET

La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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