mercredi 11 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2105711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GOUILLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2021, Madame B A, représentée par Me'Chloé Gouillon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 10 aout 2020 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, rétroactivement à la date de sa demande de rétablissement, soit, à la date d'introduction de sa requête, 5'905,20 euros, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Madame A soutient que la décision attaquée :
- n'est pas motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas bénéficié de l'entretien aux fins d'évaluation de sa vulnérabilité, en méconnaissance de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2023, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- en l'absence de réclamation indemnitaire préalable, les conclusions indemnitaires sont irrecevables ;
- aucun des moyens soulevés par Madame A n'est fondé.
Par décision du 26 avril 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis Madame A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique du
20 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Madame B A, ressortissante centrafricaine née le 25 avril 1990, déclare être entrée en France le 13 décembre 2019. Elle a demandé l'asile 20 avril 2020. Par une décision du même jour, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Par un courrier du 4 juin 2020, que l'administration a reçu le 10 suivant, Madame A a sollicité le réexamen de sa situation. En l'absence de réponse dans un délai de deux mois, une décision implicite de rejet est née. Par sa requête, Madame A sollicite l'annulation de cette décision.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L.'410-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Pour l'application du présent titre, on entend par : / 1° Recours administratif : la réclamation adressée à l'administration en vue de régler un différend né d'une décision administrative'; / 2° Recours gracieux : le recours administratif adressé à l'administration qui a pris la décision contestée ; / 3° Recours hiérarchique : le recours administratif adressé à l'autorité à laquelle est subordonnée celle qui a pris la décision contestée ; / 4° Recours administratif préalable obligatoire : le recours administratif auquel est subordonné l'exercice d'un recours contentieux à l'encontre d'une décision administrative ". Aux termes de l'article L. 411-2 du même code : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / () ".
3. Contrairement à ce que Madame A soutient, le courrier du 4 juin 2020 adressé à l'OFII n'était pas une demande de rétablissement des conditions de matérielles d'accueil, lesquelles n'avaient pas été précédemment acceptées, mais bien un recours gracieux au sens des dispositions de l'article L. 410-1 précitées. Conformément aux dispositions de l'article L. 411-2, ce courrier a eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux mais la décision implicite née du silence l'administration ne s'est pas substituée à la décision du 20 avril 2020. Il suit de là que la requête de Madame A doit être regardée comme étant dirigée contre la décision initiale du 20'avril 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. Madame A soutient que la décision attaquée n'est pas motivée. La décision du 20'avril 2020 mentionne toutefois les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours après son entrée en France sans motif légitime. Dès lors que cette décision comporte les considérations de fait et de droit permettant sa compréhension à sa seule lecture, le moyen devra être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au présent litige : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. () Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. / L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. / () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que Madame A a bénéficié d'un entretien afin d'évaluer sa vulnérabilité lors de sa première demande des conditions matérielles d'accueil, et que cette évaluation n'a pas mis en évidence d'éléments particuliers de vulnérabilité. Si elle n'a pas bénéficié d'un nouvel entretien à l'occasion de son recours gracieux, ni les dispositions de l'article L.'744-6 précité ni aucune autre disposition ne prévoit que l'OFII est tenu d'organiser un nouvel entretien de vulnérabilité avant de se prononcer sur une telle demande. Partant, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : / () 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. / () ". Aux termes de cet article L. 723-2 : " III. - L'office statue également en procédure accélérée lorsque l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile constate que : / () 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; / () ".
9. Il est constant que Madame A a formulé sa demande d'asile au-delà du délai de quatre-vingt-dix jours prévus par les dispositions de l'article L. 723-2 précitées. En se bornant à alléguer que sa situation personnelle " requiert désormais un cadre stable et sécurisant " et qu'elle est une personne vulnérable au regard du " retentissement psychologique causé par les traumatismes subis en Centrafrique ", Madame A n'établit pas que la directrice territoriale de l'OFII a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour le motif précité.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Madame A doit être rejetée en toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Madame B A, à Me Chloé Gouillon et à la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2023.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026