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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2105751

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2105751

jeudi 29 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2105751
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantGUERIN

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une première requête enregistrée sous le numéro 2105751, le 25 mai 2021, et un mémoire enregistré le 24 janvier 2023, M. B E, représenté par Me Guérin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler son titre de séjour en qualité d'étranger malade ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de délivrer le titre de séjour demandé, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que le préfet ne justifie pas de l'existence d'un avis rendu par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

- l'arrêté est illégal en raison du caractère irrégulier de la composition du collège des médecins de l'OFII ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 311-39 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le recours formé contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, devant la Cour nationale du droit d'asile, est actuellement en cours ;

- il est entaché d'erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

- il est entaché d'un défaut d'examen ;

- le préfet ne démontre pas que la situation et l'offre sanitaire en Azerbaïdjan ont changé de telle sorte qu'il peut désormais, à la date de la décision contestée, être pris en charge médicalement de manière appropriée dans son pays d'origine ;

- il est entaché d'une erreur de fait quant à l'appréciation des conséquences d'une exceptionnelle gravité et de la possibilité de bénéficier d'un traitement approprié en Azerbaïdjan ;

- le préfet n'a pas pris en considération les circonstances humanitaires exceptionnelles liées à sa pathologie, à la situation en Azerbaïdjan et à sa qualité de demandeur d'asile ; sa situation personnelle justifie son admission exceptionnelle au séjour ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 novembre 2021.

II. Par une seconde requête enregistrée sous le numéro 2206253 le 17 mai 2022, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées le 24 janvier 2023, M. B E, représenté par Me Guérin, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 avril 2022 par lequel le préfet de Maine et Loire a refusé qu'il se maintienne sur le territoire français, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de délivrer le titre de séjour demandé, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs à l'arrêté pris dans son ensemble :

- il est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen ;

En ce qui concerne la décision portant refus de maintien sur le territoire :

- elle est illégale en raison des irrégularités entachant l'avis du collège des médecins de l'Office français de 1'immigration et de 1'intégration (OFII) ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale dès lors que la décision portant refus de titre de séjour est illégale ;

- elle méconnaît l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

Des pièces complémentaires produites par M. E le 17 mai 2023 n'ont pas été communiquées.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mai 2022.

Par une lettre du 15 mai 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation présentées par M. E contre la décision portant refus de maintien sur le territoire français dès lors que celles-ci sont dirigées contre un acte non décisoire.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée le 4 novembre 1950 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique les rapports de Mme Caro.

Considérant ce qui suit :

1. M. B E, ressortissant azerbaïdjanais, né le 7 février 1984 à Bakou (ex URSS), est entré en France le 22 août 2018, muni d'un visa C de huit jours et s'est maintenu au-delà du délai autorisé. La demande d'asile déposée par l'intéressé, le 18 septembre 2018, a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 18 septembre 2020. M. E a bénéficié d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, désormais reprises à l'article L. 425-9 du même code, valable du 10 août 2020 au 9 janvier 2021. Le 6 novembre 2020, l'intéressé a demandé le renouvellement de son titre de séjour pour raisons de santé. Un arrêté portant refus de séjour a été édicté à son encontre le 22 mars 2021. Par décision du 16 février 2022, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), a confirmé le rejet de sa demande d'asile. Le préfet a alors pris, le 6 avril 2022, à l'encontre de M. E, un arrêté portant refus de maintien sur le territoire français, obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixation du pays de destination. Par les requêtes susvisées, nos 2105751 et 2206353, M. E demande l'annulation de ces deux arrêtés des 22 mars 2021 et 6 avril 2022.

Sur la jonction des requêtes :

2. Les requêtes nos 2105751 et 2206353, présentées par M. E, concernent le même requérant et présentent à juger des questions semblables. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler le titre de séjour de M. E en qualité d'étranger malade :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme F C, directrice de l'immigration et des relations avec les usagers à la préfecture de Maine-et-Loire. Par un arrêté du 3 mars 2021, régulièrement publié et consultable sur le site internet de la préfecture, le préfet de Maine-et-Loire a donné délégation à Mme C à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, énonce les considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde. Il vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, notamment le 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il rappelle le parcours migratoire de M. E depuis son arrivée en France, mentionne sa demande de titre de séjour et indique qu'un avis a été émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 2 février 2021, avis duquel il ressort que si l'état de santé de M. E nécessite une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de titre de séjour litigieux doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. () ". Aux termes de l'article R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 313-22.() / Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège () ".

6. D'une part, le préfet de Maine-et-Loire ayant versé dans la présente instance l'avis du collège de médecins de l'OFII du 2 février 2021, M. E n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté est entaché d'irrégularité faute pour le préfet d'apporter la preuve qu'il a recueilli cet avis.

7. D'autre part, il ressort de l'examen de l'avis du 2 février 2021 du collège de médecins de l'OFII, versé au dossier par le préfet, et du bordereau de transmission joint, que cet avis a été émis par un collège de trois médecins du service médical de l'OFII, au vu d'un rapport établi le 7 décembre 2020 par un quatrième médecin qui n'a pas siégé au sein de ce collège. Il s'ensuit que l'avis a été émis dans le respect des dispositions des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment dans le respect de la règle selon laquelle le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. En outre, l'avis porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration émet l'avis suivant " qui fait foi du caractère collégial de l'avis jusqu'à preuve contraire, preuve qu'aucun élément du dossier ne vient établir. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l'avis du collège des médecins de l'OFII a été signé par les trois membres du collège dont les noms figurent au-dessus de leurs signatures. Il résulte de ce qui précède que l'avis du collège des médecins de l'OFII doit être regardé comme ayant été pris au terme d'une procédure régulière. Ainsi, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie devant l'OFII doit être écarté en toutes ses branches.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 311-6 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, l'invite à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 511-4, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. / Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent article. ". Aux termes de l'article R. 311-37 du même code, alors en vigueur : " Lors de l'enregistrement de sa demande d'asile, l'administration remet à l'étranger, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, une information écrite relative aux conditions d'admission au séjour en France à un autre titre que l'asile et aux conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements que ceux qu'il aura invoqués dans le délai prévu à l'article D. 311-3-2. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 311-38 du même code, alors en vigueur : " A compter de la délivrance de l'information mentionnée à l'article R. 311-37, le demandeur d'asile qui souhaite introduire une demande de titre de séjour sur un autre fondement doit le faire dans le délai prévu au même article D. 311-3-2. ". Aux termes de l'article R. 311-39 du même code, alors en vigueur : " Lorsque la demande d'asile a été définitivement rejetée, le préfet prend, sans délai, une décision sur la demande de titre de séjour. ". Aux termes de l'article D. 311-3-2 du même code, alors en vigueur : " Pour l'application de l'article L. 311-6, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné au 11° de l'article L. 313-11, ce délai est porté à trois mois. ".

9. M. E soutient que la décision attaquée est contraire à l'article R. 311-39 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet n'a pas attendu le rejet définitif de sa demande d'asile pour statuer sur sa demande de titre de séjour pour raisons de santé. Toutefois, il résulte des dispositions précitées qu'un demandeur d'asile qui estime pouvoir également solliciter le séjour sur un autre fondement est tenu de le faire dans le délai fixé par l'article D. 311-3-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Faute que ce délai ait été respecté, une demande ultérieure pourrait être rejetée comme irrecevable si elle ne se fondait pas sur des circonstances nouvelles. La circonstance que la demande d'asile a été rejetée ne fait en revanche pas obstacle au dépôt d'une demande de titre de séjour, mais conduit normalement le préfet, si ce rejet est définitif, à examiner cette demande de séjour sans délai. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu par le requérant, il ne résulte pas des dispositions précitées de l'article R. 311-39 que le préfet devait attendre, pour se prononcer sur la demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade présentée par M. E, que la CNDA se soit prononcée sur le recours formé par l'intéressé contre la décision de l'OFPRA.

10. En cinquième lieu, si le préfet de Maine-et-Loire a repris à son compte la teneur de l'avis du collège des médecins de l'OFII, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué qu'il ne s'est pas cru lié par cet avis mais a porté une appréciation propre au cas d'espèce pour estimer que l'intéressé, eu égard à l'ensemble des circonstances relatives à sa situation personnelle, ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que le préfet se serait estimé en situation de compétence liée et aurait méconnu l'étendue de sa compétence en refusant de lui délivrer le titre de séjour sollicité.

11. En sixième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet a procédé à l'examen de la situation administrative et personnelle de M. E. Il s'ensuit que le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier doit être écarté.

12. En septième lieu, d'une part, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte-tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

13. D'autre part, pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.

14. Le collège de médecins de l'OFII, par son avis du 2 février 2021 dont le préfet de Maine-et-Loire s'est approprié le sens sans s'être estimé lié par celui-ci, a considéré, comme il a été dit, que si l'état de santé de M. E nécessitait une prise en charge médicale, un défaut de cette prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, le collège n'était pas tenu de se prononcer sur la possibilité pour M. E de bénéficier d'un accès effectif à un traitement approprié dans son pays d'origine. Pour contester l'avis du collège des médecins de l'OFII, M. E indique qu'il souffre d'une lourde pathologie, reconnue en affection de longue durée, dès lors qu'il présente un handicap pour lequel un taux d'incapacité permanente a été fixé à plus de 80 % et qui l'oblige à procéder à des soins régulièrement et à suivre un traitement constant. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. E a sollicité, auprès du préfet de Maine-et-Loire, son admission au séjour en faisant valoir un état de santé préexistant à son entrée en France qui n'a pas évolué significativement depuis. Il ressort des certificats médicaux et comptes rendus des consultations des 14 septembre, 5 et 12 octobre 2022, tous postérieurs à l'arrêté litigieux, rédigés par deux médecins spécialisés en médecine physique et réadaptation du CHU de Nantes, que M. E présente une diplégie spastique avec pied varus équin opéré à de nombreuses reprises dans l'enfance, pour laquelle les médecins ont préconisé l'adaptation du chaussage thérapeutique sur mesure, en raison d'une plaie chronique malléolaire interne gauche. Ces certificats ne sont pas de nature à établir que le défaut de prise en charge de la pathologie de M. E devrait entraîner pour sa santé des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, en se bornant à soutenir qu'eu égard à la faiblesse des offres de soins en Azerbaïdjan et à son absence de revenus, il ne bénéficierait pas d'un traitement approprié à son état de santé en cas de son retour dans son pays d'origine, le requérant n'apporte aucun élément permettant d'établir que le défaut de prise en charge de cette pathologie devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par conséquent, sans qu'ait dès lors d'incidence la circonstance qu'un traitement approprié de ces pathologies n'existerait pas dans le pays d'origine de M. E, le préfet de Maine-et-Loire pouvait, au seul motif qu'un défaut de prise en charge de son état de santé ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Contrairement à ce qui est soutenu par M. E, le préfet n'avait pas à démontrer que la situation et l'offre sanitaire en Azerbaïdjan avaient changé depuis la date à laquelle un titre de séjour lui avait été délivré de telle sorte qu'il pourrait désormais, à la date de la décision contestée, être pris en charge médicalement de manière appropriée dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés des erreurs de droit, de fait et d'appréciation au regard de ces dispositions doivent être écartés.

15. En huitième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.

16. Si les dispositions de l'article L. 313-14 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettent à l'administration de délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " à un étranger pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, il ressort des termes mêmes de cet article, notamment de ce qu'il appartient à l'étranger de faire valoir les motifs exceptionnels justifiant que lui soit octroyé un titre de séjour, que le législateur n'a pas entendu déroger à la règle rappelée ci-dessus ni imposer à l'administration, saisie d'une demande d'une carte de séjour, quel qu'en soit le fondement, d'examiner d'office si l'étranger remplit les conditions prévues par cet article. Il en résulte qu'un étranger ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre d'un refus opposé à une demande de titre de séjour qui n'a pas été présentée sur le fondement de cet article. En l'espèce, M. E a exclusivement saisi le préfet de Maine-et-Loire d'une demande de renouvellement de son titre de séjour en raison de son état de santé. Il ne peut, par suite, utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Maine-et-Loire n'étant pas tenu d'examiner si le requérant pouvait se voir délivrer un titre de séjour sur un autre fondement que celui demandé.

17. En neuvième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

18. Dans le cas où le préfet se borne à rejeter une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, sans examiner d'office d'autres motifs d'accorder un titre à l'intéressé, ce dernier ne peut utilement soulever, devant le juge de l'excès de pouvoir saisi de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus du préfet, des moyens de légalité interne sans rapport avec la teneur de la décision contestée.

19. En l'espèce, dès lors que le refus de titre litigieux a été uniquement fondé sur la question de l'état de santé de l'intéressé, le moyen tiré de la méconnaissance du droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'appui du recours formé ce refus et ne peut qu'être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête dirigées contre le refus de titre de séjour attaqué doivent être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 6 avril 2022 en tant qu'il refuse de reconnaître à M. E le droit de se maintenir sur le territoire français :

21. Lorsque le préfet se borne, dans l'arrêté obligeant un étranger demandeur d'asile débouté, à quitter le territoire français, y compris dans le dispositif de cet arrêté, à constater au préalable que l'intéressé s'étant vu refuser le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiairene dispose plus du droit de se maintenir sur le territoire français au titre de l'asile, une telle constatation qui ne traduit que l'appréciation, par le préfet, de la réunion des conditions prévues par les dispositions applicables pour décider une obligation de quitter le territoire français, ne revêt en elle-même aucun caractère décisoire et n'est donc pas susceptible de faire l'objet de conclusions tendant à son annulation indépendamment de l'obligation de quitter le territoire français qui en procède. Il appartient, par suite, au juge administratif, s'il est saisi de conclusions dirigées contre l'arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français en tant qu'il formaliserait une telle constatation, de les déclarer irrecevables et de regarder les moyens dont elles sont assorties comme dirigées contre l'obligation de quitter le territoire elle-même.

22. Il est en l'espèce constant que le préfet de Maine-et-Loire, après avoir relevé que M. E n'avait pu obtenir le statut de réfugié, s'est borné, à l'article 1er de l'arrêté contesté, à constater que l'intéressé ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français. Le préfet n'a donc pas, ce faisant, pris de décision susceptible de recours pour excès de pouvoir distincte de l'obligation de quitter le territoire français qui a procédé de cette constatation. Par suite, les conclusions dirigées contre une telle constatation ne sont pas recevables.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 6 avril 2022 en tant qu'il porte obligation pour M. E de quitter le territoire français :

23. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à exciper de l'illégalité des décisions de refus de maintien sur le territoire français et de refus de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étranger malade, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.

24. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme Magali Daverton, secrétaire générale de la préfecture de Maine-et-Loire. Par un arrêté du 7 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de Maine-et-Loire lui a accordé délégation à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de Maine-et-Loire ", à l'exception de certains actes limitativement énumérés, au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant obligation de quitter le territoire français et celles fixant le pays de destination. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

25. En troisième lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, mentionne avec suffisamment de précision les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il vise notamment les stipulations et dispositions applicables de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle le parcours administratif et personnel de l'intéressé, notamment qu'il est de nationalité azerbaïdjanaise, qu'il est arrivé sur le territoire français le 22 août 2018, qu'il a demandé l'asile le 18 septembre 2018, que sa demande a été rejetée par l'OFPRA puis la CNDA et qu'il ne bénéficie ainsi plus du droit de se maintenir sur le territoire, en application des dispositions L. 542-1 et L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a également indiqué que, le 6 novembre 2020, le requérant a sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé et que par un avis du 2 février 2021, l'OFII a estimé que si l'état de santé de M. E nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Le préfet en a alors conclu, au vu de l'ensemble des pièces du dossier, que l'intéressé ne peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et que, par voie de conséquence, il y a lieu de l'obliger à quitter le territoire français en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans qu'il apparaisse nécessaire de lui accorder un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Dans ces conditions et en tout état de cause, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

26. En quatrième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient ainsi aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

27. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Dans les cas prévus aux 3° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français est prise, notamment, après que la qualité de réfugié ait été définitivement refusée à l'étranger. Or, l'étranger est conduit, à l'occasion du dépôt de sa demande d'asile, à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande la délivrance d'un titre de séjour et que lui soit reconnue la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, laquelle doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir toute observation complémentaire, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit d'être entendu, ainsi satisfait avant que l'administration statue sur une demande d'asile, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre à même la personne concernée de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français.

28. En l'espèce, le requérant a pu présenter les observations sur sa situation qu'il estimait utiles dans le cadre de l'examen de sa demande d'asile et de sa demande de renouvellement de titre de séjour en qualité d'étranger malade. Il n'allègue pas avoir sollicité en vain un entretien auprès des services préfectoraux, ni même avoir été empêché de présenter des observations ou des documents avant que ne soit prise la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a été édicté en méconnaissance du principe du contradictoire.

29. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier et de la teneur de l'acte attaqué que le préfet de Maine-et-Loire s'est livré, préalablement à la prise de sa décision, à un examen détaillé de la situation particulière de M. E. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'examen de la situation personnelle du requérant ne peut être qu'écarté.

30. En sixième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision que le préfet de Maine-et-Loire se serait estimé en situation de compétence liée.

31. En septième lieu, M. E n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur de droit en ne joignant pas l'arrêté du 22 mars 2021 à la décision contestée, dès lors que celui-ci lui a été notifié et qu'il a formé un recours contre cet arrêté par la requête enregistrée sous le numéro n° 2105751.

32. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes de l'article L. 541-1 du même code : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 542-3 du même code : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé. () ". L'article L. 542-1 prévoit que : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ".

33. En l'espèce, et ainsi qu'il a été dit, M. E ne bénéficiait plus du droit de se maintenir en France en application des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et compte tenu du refus de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par suite, le préfet était en droit de l'obliger à quitter le territoire sur les fondements des dispositions du 3° de l'article L.611-1 du code précité.

34. En neuvième lieu, M. E ne peut utilement invoquer les irrégularités entachant l'avis du collège des médecins de l'Office français de 1'immigration et de 1'intégration (OFII), ni la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui de conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français. En tout état de cause, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, ces moyens doivent être écartés.

35. En dixième lieu, M. E ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

36. En onzième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. E est entré récemment en France, depuis moins de quatre ans à la date de la décision attaquée, a été débouté définitivement de sa demande d'asile et a fait l'objet d'un refus de séjour en mars 2021. Il ressort des pièces du dossier que la présence de M. E sur le territoire français n'est justifiée que par les délais d'instruction de sa demande d'asile. En outre, son épouse, fait l'objet d'une mesure concomitante d'éloignement. S'il produit le compte rendu d'échographie du 2ème trimestre de son épouse, Mme A D, daté du 15 novembre 2022, attestant que celle-ci est enceinte de 22 semaines et 5 jours, cette circonstance est postérieure à la décision attaquée et, alors que tous deux font l'objet d'une mesure d'éloignement concomitante, l'arrêté litigieux ne peut être regardé comme portant à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée dès lors que leurs attaches culturelles, linguistiques et personnelles se situent en Azerbaïdjan, pays dont ils ont tous deux la nationalité, où M. E a vécu jusqu'à l'âge de 34 ans et où résident ses parents, un frère et une sœur. En outre, le requérant ne travaille pas et ne justifie pas d'une particulière intégration au regard de ses conditions d'entrée et de maintien en France. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'est pas non plus fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire prononcée à son encontre est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 6 avril 2022 en tant qu'il fixe le pays de destination :

37. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision fixant le pays de destination n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Le moyen tiré, par la voie de l'exception, d'une telle illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.

38. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 24, le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

39. En troisième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les dispositions des articles L. 612-12 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate qu'il est fait obligation au requérant de quitter le territoire français, qu'il est de nationalité azerbaïdjanaise et qu'il ne produit aucun élément qui justifierait d'un risque en cas de retour dans son pays d'origine. La décision fixant le pays de renvoi est, dès lors, régulièrement motivée.

40. En quatrième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de Maine-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen sérieux et personnel de la situation du requérant avant d'édicter à l'encontre de ce dernier la décision contestée.

41. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () ". L'article L. 721-4 du même code prévoit que : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi () " Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

42. Ainsi qu'il a été dit, l'état de santé de M. E nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. En outre, M. E, dont la demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et par la CNDA, laquelle a considéré que les menaces qui pèseraient sur le requérant, en cas de retour en Azerbaïdjan, n'étaient pas établies, ne produit aucune pièce dans la présente instance de nature à établir l'existence de risques actuels, personnels et sérieux auxquels il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine, susceptibles de faire obstacle à sa reconduite à destination de ce pays en application de ces stipulations. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi aurait été prise en violation des stipulations et dispositions précitées.

43. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision fixant le pays à destination duquel l'étranger sera renvoyé en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement. Au surplus, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux cités au point 36.

44. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 avril 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé son maintien sur le territoire, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

45. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés aux litiges :

46. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. E sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Guérin.

Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

M. Labouysse, premier conseiller,

Mme Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.

La rapporteure,

N. CARO

Le président,

L. MARTINLa greffière,

S. BARBERA

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

S. BARBERA

Nos 2105751-2206353

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