mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2105774 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LEGRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 25 mai 2021 et le 24 octobre 2022, M. E D, représenté par Me Emmanuel Legrand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 février 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours préalable obligatoire, ainsi que la décision préfectorale du 22 aout 2019 rejetant sa demande de réintégration dans la nationalité française ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire droit à sa demande de réintégration dans la nationalité française ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 400 euros qui devra lui être versée en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- les décisions ont été signées par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
M. D a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 29 mars 2021.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 25 septembre 2024 à 10h45 :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. E D, ressortissant congolais, né le 1er janvier 1949, a sollicité l'acquisition de la nationalité française par la voie de la réintégration auprès du préfet de Loir-et-Cher, lequel a rejeté sa demande par une décision du 22 août 2019. M. D a exercé auprès du ministre de l'intérieur le 22 octobre 2019, conformément à l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, un recours administratif préalable obligatoire, lequel a été rejeté par une décision du 12 février 2020. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cette décision, ainsi que celle de la décision préfectorale du 22 aout 2019.
Sur la décision préfectorale :
2. Aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. / Le silence gardé par le ministre chargé des naturalisations sur ce recours pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet du recours. " La décision par laquelle le ministre de l'intérieur statue sur le recours préalable obligatoire prévu par ces dispositions se substitue à la décision initiale prise par l'autorité préfectorale. Par conséquent, les conclusions de M. D tendant à l'annulation de la décision préfectorale sont irrecevables et doivent être rejetées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entachée la décision préfectorale doit être écarté comme inopérant.
Sur la décision ministérielle :
3. En premier lieu, par une décision du 30 août 2018 publiée au Journal officiel de la République française le 2 septembre 2018, la directrice de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité, compétente à cet effet en vertu de l'article 3 du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, a donné délégation à Mme B C, attachée d'administration de l'État, chargée du traitement des recours administratifs préalables obligatoires au bureau des affaires juridiques, du précontentieux et du contentieux, à l'effet de signer au nom du ministre de l'intérieur des décisions telles que la décision attaquée. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
4. En second lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le degré d'autonomie matérielle du postulant, apprécié au regard du caractère suffisant et durable de ses ressources propres.
5. Pour rejeter la demande de naturalisation de M. D, le ministre s'est fondé sur le motif tiré de l'insuffisance d'autonomie financière de l'intéressé.
6. Il est constant qu'à la date de la décision attaquée, M. D, alors âgé de 71 ans, et retraité, percevait à ce titre, une pension de retraite congolaise d'un montant annuel de 4 524 euros correspondant à 377 euros par mois, complétée par des prestations sociales et notamment une allocation personnalisée au logement. S'il fait valoir que sa pension et, notamment, l'allocation pour adulte handicapé perçue par son épouse leur permettent de subvenir à leurs besoins, il indique néanmoins avoir demandé l'allocation de solidarité aux personnes âgées, qu'il s'est vu refuser par une décision du 11 mars 2021, faute de remplir la condition relative à la détention d'une carte de résident de dix ans. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur, qui a fait usage de son large pouvoir d'appréciation de l'opportunité d'accorder la réintégration sollicitée, a pu légalement, et notamment sans erreur manifeste d'appréciation, rejeter la demande de réintégration de M. D, pour le motif tiré de son défaut d'autonomie financière. La circonstance que ce défaut d'autonomie n'a pas fait obstacle à ce que le préfet lui délivre une carte de séjour pluriannuelle est sans incidence à cet égard, l'octroi de la nationalité française n'étant pas soumis aux mêmes conditions que la délivrance de titres de séjour.
7. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions présentées par M. D tendant à l'annulation de la décision du 12 février 2020 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, doivent, en tout état de cause, être rejetées, ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, au ministre de l'intérieur et à Me Legrand.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
Mme Claire Martel, première conseillère,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
La rapporteure,
J-K. A
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026