mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2106374 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOIVIN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 8 juin 2021, le 19 novembre 2021, le 3 août 2022 et le 30 septembre 2022, la société Stockouest, représentée par la SCP Boivin et associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public qui lui a été délivrée par le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire le 29 janvier 2021, ainsi que les redevances adossées à cette autorisation et ayant fait l'objet de deux factures émises les 2 et 19 février 2021 pour l'obligation de payer la somme de 49 970 euros et d'une saisie administrative à tiers détenteur le 22 juillet 2021 ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 49 970 euros mise à sa charge par le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire au titre de l'occupation du domaine public sur la période du 1er janvier 2021 au 30 juin 2021 ;
3°) de mettre à la charge du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire la somme de 1 500 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- la décision du 29 janvier 2021 par laquelle le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire lui a délivré une d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que l'occupation de la dépendance litigieuse a pris fin le 13 novembre 2020, date du procès-verbal de l'inspection des installations classées qui a eu pour effet de libérer la dépendance litigieuse, que cette autorisation a été délivrée en l'absence de toute perspective d'occupation du domaine public par la société Stockouest et que les dépendances prétendument mises à disposition de la société Stockouest ont été mises à disposition des tiers sur la plate-forme internet du Grand Port Maritime en tant qu'espace disponible à partir du 8 avril 2021 ;
- l'institution de servitudes d'utilité publique n'est pas un préalable à la finalisation de la procédure de cassation des activités d'une installation classée pour la protection de l'environnement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 septembre 2021, le 25 mars 2022 et le 1er septembre 2022, le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire, représenté par Me Oillic, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que :
* elle est tardive, en l'absence de preuve de la notification du recours gracieux et de la forclusion du délai de recours contre les factures du 2 et 19 février 2021 ;
* le courrier du 9 février 2021 n'est pas un recours gracieux, faute de demander le retrait de l'autorisation à l'appui d'un ou de plusieurs moyens ;
* les conclusions contre la saisie à tiers détenteur sont irrecevables, la société Stockouest n'ayant pas respecté les délais de procédure prévus à l'article R 281-4 du Livre des Procédures Fiscales ;
- l'autorisation d'occupation litigieuse est fondée dès lors d'une part, qu'aucun état des lieux n'avait été effectué, conformément à l'article 1.5.2 des conditions générales de mise à disposition des terrains du domaine public du GPMNSN, et que de ce fait, la société requérante ne pouvait être regardée comme ayant restitué les terrains en cause à la fin de l'année 2020 et, d'autre part, que la remise à disposition des terrains ne pouvait intervenir avant l'arrêté préfectoral d'institution de servitudes d'utilité publique, lequel a été édicté le 24 juin 2021 ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 6 octobre 2022, le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire a maintenu ses moyens et conclusions.
Par une ordonnance du 12 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été reportée au 24 septembre 2024.
Par un mémoire, enregistré le 23 septembre 2024, la société Stockouest a maintenu ses moyens et conclusions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brémond, premier conseiller
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Emorine, avocat de la société Stockouest.
- les observations de Me Giroud, substituant Me Oillic, avocat du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire.
Une note en délibéré produite par la société Stockouest a été enregistrée le 1er octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La société Stockouest a exploité sur une emprise du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire, 3 rue de la Ville Halluard à Saint-Nazaire, une activité de dépôt d'hydrocarbures entre 1961 et 2009 et une activité de dépôt d'huiles végétales alimentaires entre 1981 et 2015. Elle disposait pour cela d'une autorisation d'occupation d'une dépendance du domaine public du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire. Afin de réaliser les travaux nécessaires de dépollution et de remise en état du site, l'autorisation d'occupation de la dépendance du domaine public a été renouvelée à plusieurs reprises entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2020. Les activités de la société étant soumises à la législation relative aux installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), la société Stockouest a, suite à leur cessation, déposé un dossier de cessation définitive d'activité le 21 mai 2019 auprès de la préfecture de la Loire-Atlantique. L'inspection des installations classées a déposé un rapport le 13 novembre 2020 relatif aux travaux de dépollution de cette dépendance. Le 26 novembre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a donné récépissé à la société de sa notification faisant connaître la cessation d'exploitation de l'installation de stockage d'hydrocarbures. L'autorisation d'occupation a été prorogée par le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire le 29 janvier 2021 pour la période allant du 1er janvier au 30 juin 2021, et a donné lieu à la facturation d'une redevance de 49 970 euros. La société Stockouest demande au tribunal d'annuler cette dernière prorogation et de la décharger de la somme mise à sa charge, fondée sur celle-ci.
Sur les conclusions dirigées contre l'autorisation d'occupation temporaire :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous. () ". Aux termes de l'article L. 2125-1 du même code : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance ". Aux termes de l'article 1.5.2 des conditions générales de mise à disposition des terrains du domaine public du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire relatif à la restitution du terrain : " Au terme de l'occupation, un état des lieux contradictoire sera établi entre le Port et le bénéficiaire ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public a été prorogée du 1er janvier 2021 au 30 juin 2021 par le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire " afin de permettre la finalisation des travaux de remise en état de la parcelle amodiée ". Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier, et alors que la société Stockouest fait valoir ne plus avoir occupé les emprises concernées par l'autorisation après le dernier rapport de l'inspection des installations classées du 13 novembre 2020, que de tels travaux auraient été nécessaires, le rapport de l'inspection des installations classées du 13 novembre 2020 indiquant que la réhabilitation du site avait été réalisée conformément au plan de gestion et au code de l'environnement, et que ce rapport valait procès-verbal de réalisation des travaux. En outre, en se bornant à faire état de la notification le 30 juin 2021 de l'arrêté définissant des futures servitudes d'utilité publique sur cette parcelle, le Grand Port Maritime de Saint-Nazaire ne soutient ni n'allègue que des travaux supplémentaires devaient être réalisés avant la remise à disposition de cette parcelle.
4. Toutefois, dans son mémoire en défense enregistré le 25 mars 2022 et communiqué à la société requérante, le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire fait valoir que la prorogation de l'autorisation d'occupation temporaire était justifiée par la régularisation de l'occupation sans titre du domaine public par la société Stockouest à compter du 1er janvier 2021 faute d'établissement d'un état des lieux contradictoire pour la restitution de la dépendance.
5. Les conditions générales de mise à disposition des terrains du domaine public du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire prévoient, en leur point 1.5.2, qu'au terme de l'occupation un état des lieux contradictoire est établi entre le Port et le bénéficiaire.
6. Il ressort des pièces du dossier qu'aucun état des lieux contradictoire n'a été établi entre le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire et la société Stockouest au terme de l'autorisation d'occupation temporaire qui s'achevait le 31 décembre 2020, et que la société n'a pas sollicité la réalisation de cet état des lieux. Dans ces conditions, la société Stockouest n'a pas remis la dépendance en litige à disposition du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire au terme de l'autorisation précédente, comme le confirme par ailleurs son courrier du 9 février 2021 indiquant que la restitution du terrain pouvait être effectuée à tout moment, sans pour autant avoir sollicité une prorogation de l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. Dès lors, le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire était fondé à proroger l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public de la société Stockouest, celle-ci occupant en droit et en fait la dépendance en litige.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, la société Stockouest n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 29 janvier 2021 par laquelle le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire lui a délivré une autorisation d'occupation temporaire du domaine public du 1er janvier 2021 au 30 juin 2021, ni des redevances adossées à cette autorisation ayant fait l'objet de deux factures émises les 2 et 19 février 2021 pour l'obligation de payer la somme de 49 970 euros et d'une saisie administrative à tiers détenteur le 22 juillet 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin de décharge doivent être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société Stockouest la somme demandée par le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Stockouest est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à la société Stockouest et au Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
Le rapporteur,
E. BRÉMOND
La présidente,
H. DOUETLa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026