mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2106637 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2021, Mme G K épouse A, M. D J, Mmes L A F épouse B, C M épouse E, I H et O A N représentées par Me Néraudau, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2020 par laquelle le préfet de la Vendée a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme K ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Les requérantes soutiennent que la décision attaquée :
- est entachée d'un vice d'incompétence ;
- n'est pas suffisamment motivée ;
- n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- méconnait les dispositions des article L. 313-11 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de humains et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2021, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par les requérantes n'est fondé.
Par décision du 19 mai 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis Mme K au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 10 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
25 octobre 2023.
Des pièces produites par les requérants ont été enregistrées le 24 mai 2024. Elles n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique du 29 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G K épouse A, ressortissante congolaise née en 1959 est entrée en France pour la dernière fois le 22 décembre 2017, sous couvert d'un visa de court séjour. Elle a sollicité le 2 décembre 2019 la régularisation de son séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par une décision du 7 juillet 2020, le préfet de la Vendée a rejeté sa demande. Par leur requête, Mme G K, son mari M. D J, et leurs filles Mmes L A F épouse B, C M épouse E, I H et O A N sollicitent l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête,
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Pour refuser le titre sollicité, le préfet de la Vendée s'est fondé sur la circonstance que Mme K s'est maintenue de manière irrégulière sur le territoire français à l'expiration de son visa de court séjour. Il l'a invitée à retourner au Congo afin d'engager une procédure de regroupement familial.
4. Il ressort des pièces du dossier que le mari de Mme K, M. J, ressortissant congolais né en 1957, réside en France sous couvert de titres de séjour régulièrement renouvelés pour raisons médicales. Il a été reconnu travailleur handicapé par une décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la maison départementale des personnes handicapées de la Vendée du 16 septembre 2019. Il ressort par ailleurs du certificat médical établi par un neurologue du centre hospitalier départemental de la Vendée le 5 mars 2020 que son handicap l'empêche de procéder aux démarches administratives complexes et qu'il est dépendant de ses proches. Il ressort de nombreuses attestations produites au dossier que Mme K s'occupe de son mari. Il ressort également des pièces du dossier que trois de leurs filles, Mmes A F épouse B, née en 1979, Ivoutoughi Ibouetsi épouse E, née en 1982 et Mouloungo, née en 1983, résident régulièrement en France, où elles ont épousé des ressortissants français. Mme A F a par ailleurs acquis la nationalité française. S'agissant de leur dernière fille, Mme A N, née en 1992, si, à la date de la décision attaquée, sa demande de titre de séjour avait initialement été refusée par le préfet de la Loire-Atlantique, elle a obtenu par la suite une carte de résident délivrée par le préfet d'Ille-et-Vilaine. Il ressort d'un certificat médical d'un médecin du centre hospitalier de santé mentale de la Vendée du 26 septembre 2019 qu'elle est suivie pour un stress post-traumatique à la suite d'une agression sexuelle qu'elle a subie en mars 2017 au Congo. Ce traumatisme est la raison de sa venue en France. Mme K qui, précédemment, avait toujours respecté les durées prescrites par les visas de court séjour qui lui avaient été accordés, est restée en France pour s'occuper également de sa dernière fille, traumatisée par cette agression sexuelle. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que Mme K est particulièrement investie dans sa paroisse et dans son quartier où elle accomplit divers engagements bénévoles. Par suite, au regard de l'intensité des liens tissés par l'intéressée en France, les requérantes sont fondées à soutenir que la décision attaquée méconnait le droit au respect de la vie privée et familiale de Mme K.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision attaquée doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, que préfet de la Vendée délivre à Mme K le titre de séjour sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Les requérantes ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, qui est la partie perdante dans cette instance, la somme de 1 200 euros à verser à Me Néraudau sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Conformément aux dispositions de ce dernier article, la perception de cette somme vaudra renonciation de cette avocate au versement de la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle qui a été accordée aux requérantes.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 juillet 2020 du préfet de la Vendée prise à l'égard de Mme K est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Vendée de délivrer à Mme K, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
Article 3 : L'État versera à Me Néraudau une somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G K épouse A, à M. D J, à Mme L A F épouse B, à Mme C M épouse E, à Mme I H, à Mme O A N, à Me Néraudau et au préfet de la Vendée.
Délibéré après l'audience du 29 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026