mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2106706 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juin 2021, M. D C, représenté par Me Neraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 novembre 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de manière rétroactive pour la période pendant laquelle il aurait dû en bénéficier ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration de l'intégration la somme de 1 700 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée de l'information préalable prévue à l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni d'un examen de sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 744-7 et L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, l'Office français de l'immigration de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Martel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant afghan né le 24 janvier 1996, déclare être entré en France en novembre 2019 et y a sollicité l'asile. Sa demande d'asile a été enregistrée en procédure " Dublin " le 3 décembre 2019. L'intéressé a, le même jour, accepté les conditions matérielles d'accueil. Après avoir fait l'objet d'un arrêté de transfert vers la Belgique, M. C a volontairement exécuté cette décision. Puis, M. C est revenu en France et a présenté une nouvelle demande d'asile qui a été enregistrée le 13 octobre 2020. Le 25 novembre 2020, le préfet de Maine-et-Loire décidé du transfert de l'intéressé aux autorités belges. Par une décision du 13 novembre 2020, dont l'intéressé demande l'annulation, la directrice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme A B, directrice territoriale de l'OFII. Par une décision du 1er janvier 2016, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur du 15 février 2016, le directeur général de l'OFII a donné délégation à Mme B à l'effet de signer, notamment, les décisions relatives aux conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, lesquelles relèvent des missions dévolues à la direction de Nantes telles que définies par la décision du 31 décembre 2013 portant organisation générale de l'OFII qui prévoit, en son article 8, que " les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de cette décision manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée, vise les articles L. 744-7, L. 744-6 et R. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que l'intéressé n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en présentant une nouvelle demande d'asile en France après avoir été transféré vers l'Etat membre responsable de l'instruction de sa demande. La décision indique également à M. C que l'évaluation de sa situation personnelle et familiale ne fait pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité. En outre, la circonstance que la motivation de cette décision serait erronée en ce qu'elle indique que le retour d'un demandeur d'asile en France, après exécution d'un transfert vers l'Etat responsable de l'examen de sa demande, constitue un non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile, n'est pas, en tant que telle, de nature à caractériser une insuffisante motivation. La décision comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et est, par suite, suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : / () / 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. / Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation mentionnés au 1° du présent article ainsi que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. "
5. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'occasion de l'enregistrement de sa demande d'asile le 3 décembre 2019, M. C a reçu, dans une langue qu'il comprend, les informations prévues à l'articles L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure ainsi invoqué doit être écarté comme manquant en fait.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. C a bénéficié, le 13 octobre 2020, avant que n'intervienne la décision litigieuse, d'un nouvel entretien, au cours duquel il était assisté d'un interprète en langue pachto, afin d'évaluer sa vulnérabilité. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a examiné le degré de vulnérabilité de M. C préalablement à la décision attaquée. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure à cet égard.
8. En cinquième lieu, pour suspendre les conditions matérielles d'accueil de M. C, l'OFII a retenu qu'il avait de nouveau sollicité l'asile en France après avoir été transféré vers l'Etat responsable de l'instruction de sa demande d'asile. Il ressort des pièces du dossier que M. C a exécuté volontairement son transfert vers la Belgique, Etat membre responsable de l'instruction de sa demande d'asile, le 27 janvier 2020 et qu'il a présenté une nouvelle demande d'asile en France le 13 octobre 2020. M. C fait valoir, sans toutefois en justifier, que sa demande d'asile a été rejetée par les autorités belges. Au demeurant, le requérant ne démontre pas faire l'objet à ce jour d'une mesure d'éloignement devenue définitive prise à son encontre par les autorités belges. Il ne démontre pas davantage qu'il ne serait pas en mesure de faire valoir auprès de ces autorités tout élément nouveau relatif à l'évolution de sa situation personnelle et à la situation qui prévaut en Afghanistan ni que les autorités belges n'évalueront pas les risques de traitements inhumains ou dégradants auxquels il serait éventuellement exposé en cas de renvoi dans son pays d'origine. Ainsi, en revenant en France, M. C a méconnu son obligation de respecter les exigences des autorités chargées de l'asile. Par suite, l'OFII était fondé, sans commettre d'erreur de droit, à suspendre les conditions matérielles d'accueil de M. C en lui opposant le motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile.
9. En sixième lieu, si M. C se prévaut de sa vulnérabilité à raison d'une paralysie faciale et de douleurs à la hanche, les ordonnances et convocations à des rendez-vous médicaux produites, si elles permettent de justifier d'un suivi médical, ne suffisent pas à justifier de la gravité de son état et d'une vulnérabilité particulière. Au demeurant, le médecin de l'OFII a, le 31 octobre 2020, identifié un niveau de vulnérabilité de 1 sur une échelle de 3, sans caractère d'urgence, circonstance ne faisant pas obstacle à la suspension des conditions matérielles d'accueil de l'intéressé. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en suspendant les conditions matérielles d'accueil au requérant, la directrice territoriale de l'OFII aurait méconnu l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, Me Neraudau et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 28 août 2024, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Martel, première conseillère,
Mme Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
L. MARTINLa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026