mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2106834 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juin 2021, M. N'Guessan A, représenté par Me Bourgeois, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer le titre sollicité, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle dès lors qu'elle est entachée d'une erreur de fait ; le préfet a mentionné par erreur une procédure de divorce en 2015 qui n'a pas été engagée et la vie commune a perduré jusqu'en avril 2017 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions et stipulations ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
S'agissant de la décision d'interdiction de retour :
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par une décision du 23 juin 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes (section administrative), M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 95-436 du 14 avril 1995 portant publication de la convention franco-ivoirienne relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Abidjan le 21 septembre 1992 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, au cours de laquelle le rapport de Mme Specht, présidente-rapporteure, a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 29 avril 1981, est entré régulièrement en France le 13 février 2014, sous couvert d'un visa de long séjour en qualité de conjoint de ressortissant de français valable du 23 décembre 2013 au 23 décembre 2014, valablement renouvelé jusqu'au 19 mai 2017. Après la séparation d'avec son épouse, il a sollicité, le 11 avril 2018, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié. Par un arrêté du 26 mars 2019, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le recours de M. A contre cet arrêté a été rejeté par un jugement n° 1904507 du 5 décembre 2019 du présent tribunal, confirmé par une ordonnance du Président de la cour administrative d'appel de Nantes n°20NT00831 du 29 juillet 2020. M. A s'est maintenu sur le territoire français et a sollicité le 17 décembre 2020, du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour au titre de la régularisation exceptionnelle de sa situation sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 7 juin 2021 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et lui interdisant le retour sur le territoire pour une durée d'un an. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs tirés de l'insuffisance de motivation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français contenues dans l'arrêté et de l'absence d'examen particulier de la situation du requérant :
2. En premier lieu, aux termes du de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ". Le 3° de l'article L. 611-1 est relatif à l'hypothèse où l'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour. Au cas présent, les décisions portant refus de délivrer un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français visent les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elles font application, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elles font également état d'éléments concernant la biographie et la situation personnelle et familiale de M. A. Par suite, et alors même qu'elles ne visent pas la convention franco-ivoirienne du 21 septembre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes, ces décisions sont suffisamment motivées tant en droit qu'en fait.
3. En second lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment de la motivation des décisions attaquées que le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas omis de procéder à un examen particulier de la situation personnelle et familiale du requérant avant de décider de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour et de l'obliger à quitter le territoire français.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, M. A soutient que le préfet de la Loire-Atlantique a commis une erreur de fait s'agissant de sa relation avec son épouse en mentionnant que celle-ci a engagé une procédure de divorce en 2015 alors que la communauté de vie entre les époux aurait perduré jusqu'en avril 2017. Toutefois, à supposer que l'erreur de fait invoquée soit établie, il est constant qu'à la date de l'arrêté attaqué, la vie commune du couple était rompue depuis plusieurs années. Par suite, l'erreur de fait alléguée est dépourvue d'incidence sur la légalité de l'arrêté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur depuis le 1er mai 2021 : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
6. A la date de l'édiction de la décision contestée, M. A, qui se prévaut de son intégration personnelle et professionnelle en France, justifiait d'un séjour régulier en France du 23 décembre 2013 au 19 mai 2017, soit une durée de trois ans et demi à la date de l'arrêté attaqué, puis de récépissés de demande de titre de séjour valables du 4 juillet 2018 au 27 mars 2019. Alors qu'il est constant qu'à compter d'avril 2017, la communauté de vie avec son épouse était rompue, le requérant n'apporte aucun élément visant à établir qu'il aurait développé un réseau de relations amicales et professionnelles sur le territoire français. Si M. A a exercé une activité professionnelle au cours de la période durant laquelle il était en situation régulière, a suivi des formations civique et linguistique, a une cousine ainsi qu'un ami en France, ces seuls éléments sont insuffisants pour démontrer qu'il aurait développé des liens suffisamment anciens, intenses et stables sur le territoire français au regard de ceux qu'il a nécessairement conservés dans son pays d'origine, où il est retourné entre janvier et février 2019 et où il a vécu pendant près de trente-deux ans. Ainsi, alors que M. A est séparé de son épouse depuis plusieurs années, et sans charge de famille, la décision portant refus de titre de séjour ne porte pas au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et ne méconnaît donc pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à cet égard.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur depuis le 1er mai 2021, dispose que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
8. Cet article, qui porte sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, n'institue ainsi pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. La délivrance d'un titre en application de ces dispositions ne procède pas d'un droit encadré par des dispositions législatives ou internationales mais procède du pouvoir gracieux de régularisation reconnu à l'autorité administrative. Par suite, le refus de délivrance d'un titre sur ce fondement est soumis au juge de l'excès de pouvoir dont le contrôle restreint ne porte que sur l'erreur manifeste d'appréciation qui aurait pu être commise par l'autorité administrative.
9. Les éléments relatifs à la situation personnelle et professionnelle et à la durée du séjour en France, dont se prévaut M. A, et qui ont déjà été développés au point n° 6, ne suffisent pas à caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tant en ce qui concerne une régularisation de sa situation au titre de la vie privée ou au titre d'une activité salariée. Par ailleurs, M. A ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du 28 novembre 2012, relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, qui est dépourvue de caractère réglementaire. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation à cet égard.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. L'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
12. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle se réfère notamment à l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à l'absence de justification par l'intéressé de l'existence d'une menace personnelle en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision fixant le pays de destination est suffisamment motivée.
13. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant de fixer le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office.
14. En troisième lieu, l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions, invoqué à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an :
15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur depuis le 1er mai 2021 et qui reprend les anciennes dispositions du 6ème alinéa du III de l'article L. 511-1 du même code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
16. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du préfet de Loire-Atlantique du 26 mars 2019, qui est exécutoire, fait obligation de quitter le territoire français à M. A dans un délai de départ volontaire de 30 jours. Cet arrêté n'est pas assorti d'une interdiction de retour. M. A s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà de ce délai de départ volontaire. Il en résulte qu'il se trouve dans le cas prévu à l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel il appartient à l'autorité administrative de prononcer une interdiction de retour, sauf circonstances humanitaires pouvant justifier qu'il n'en soit pas prononcé.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (). ".
18. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit, par ailleurs, faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision, une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
19. La décision d'interdiction de retour en litige constate que le requérant a fait l'objet d'une mesure d'éloignement à l'exécution de laquelle il s'est soustrait. Le préfet a également retenu que le requérant, bien que ne constituant pas une menace pour l'ordre public, ne justifie pas de liens intenses et stables en France, qu'il est marié à une ressortissante française, avec laquelle il n'entretient que des liens formels et n'a aucun enfant à charge. Ces éléments sont au nombre de ceux que le préfet pouvait, sans erreur de droit, prendre en considération pour décider une interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, le préfet, en décidant de cette interdiction, n'a pas commis d'erreur de droit.
20. En troisième lieu, s'agissant de la durée de l'interdiction de retour, compte tenu de la durée et des conditions de séjour de l'intéressé en France, en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire à un an, le préfet n'a pas fait une inexacte application des critères prévus par les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ni commis une erreur d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 juin 2021 du préfet de la Loire-Atlantique doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, et la demande présentée au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. N'Guessan A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Bourgeois.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Specht, présidente,
Mme Baufumé, première conseillère,
Mme Dubus, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La présidente-rapporteur,
F. SPECHTL'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
A. BAUFUMÉ
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026