jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2107175 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEVY AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 juin 2021 et le 29 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Levy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2021 du ministre de l'intérieur rejetant son recours dirigé contre la décision du 23 décembre 2020 par laquelle le Préfet de police de Paris avait rejeté sa demande de naturalisation, ensemble ladite décision préfectorale ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision ministérielle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; premièrement, elle bénéficie d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " entrepreneur / profession libérale " et démontre ainsi disposer de ressources françaises suffisantes ; deuxièmement, elle a déclaré aux services fiscaux l'ensemble de ses revenus perçus en France et justifie être à jour de ses impôts locaux et impôt sur le revenu au titre des années 2017 à 2020 ; troisièmement, elle justifie de ressources amplement suffisantes pour subvenir à ses besoins sur le territoire français, et la seule origine de ses revenus lui permettant de subvenir à ses besoins n'est pas à elle seule de nature à faire obstacle à ce qu'elle ait fixé en France de manière durable le centre de ses intérêts ;
- elle méconnaît l'article 21-21 du code civil dès lors qu'elle justifie contribuer au rayonnement de la France et à la prospérité de ses relations économiques internationales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 21-21 est inopérant ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Hannoyer, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante brésilienne née en 1961, demande au tribunal d'annuler la décision du 2 juin 2021 du ministre de l'intérieur rejetant son recours dirigé contre la décision du 23 décembre 2020 par laquelle le Préfet de police de Paris avait rejeté sa demande de naturalisation, ensemble ladite décision préfectorale.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale :
2. En application des dispositions de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, les décisions par lesquelles le ministre statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont déférées et dont les conclusions à fin d'annulation deviennent dès lors irrecevables. Ainsi les conclusions dirigées contre la décision préfectorale sont irrecevables et la requête doit être regardée comme exclusivement dirigée contre la décision ministérielle.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle :
3. Aux termes de l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation () sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions () ". Ces dispositions confèrent au ministre de l'intérieur un large pouvoir d'appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à la personne qui la sollicite. Il lui appartient, lorsqu'il exerce ce pouvoir, de tenir compte de tous les éléments de la situation de cette personne, y compris de ceux qui ont été examinés pour statuer sur la recevabilité de la demande. Au nombre de ces éléments figure, comme cela résulte de l'article 21-16 du code civil, la fixation en France du centre des intérêts de l'intéressée.
4. Pour confirmer le rejet de la demande d'acquisition de la nationalité française de Mme B, le ministre s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressée ne pouvait être regardée comme ayant transféré en France le centre, de manière stable, l'ensemble de ses intérêts matériels, dès lors que ses ressources provenaient, pour l'essentiel, de l'étranger, et qu'elle ne disposait pas de revenus de source française suffisants pour assurer, à eux seuls, sa subsistance.
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B, qui réside en France depuis 2002 avec son époux et sa fille, a depuis 2004 toujours exercé son activité professionnelle essentiellement à l'étranger, notamment au Brésil, son pays d'origine, et qu'elle n'a perçu en France que 600 euros de revenus en 2019, 800 euros en 2018 et 900 euros en 2017. Aucune des pièces produites ne permet de considérer que ces revenus lui permettraient de subvenir à l'essentiel de ses besoins. Si elle soutient déclarer ses revenus en France, à hauteur, pour l'ensemble de son foyer fiscal, de 65 759 euros en 2019, 60 135 euros en 2018 et 67 925 euros en 2017, il est toutefois constant qu'elle n'y paye pas son impôt sur les revenus, tel que cela ressort notamment de ses avis d'imposition sur les revenus de 2019, 2018 et 2017. Il est également constant que l'époux et la fille de Mme B exercent eux aussi leur activité professionnelle essentiellement à l'étranger. Dans ces conditions, et nonobstant les mérites professionnels de Mme B, lesquels ne sont pas contestés, et la circonstance qu'elle bénéficie d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " entrepreneur / profession libérale le ministre a pu, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose pour apprécier l'opportunité d'accorder la nationalité française au ressortissant étranger qui la sollicite, rejeter la demande de naturalisation de l'intéressée pour le motif mentionné ci-dessus sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.
6. En second lieu, aux termes de l'article 21-21 du code civil : " La nationalité française peut être conférée par naturalisation sur proposition du ministre des affaires étrangères à tout étranger francophone qui en fait la demande et qui contribue par son action émérite au rayonnement de la France et à la prospérité de ses relations économiques internationales ". En l'absence de proposition du ministre des affaires étrangères tendant à ce que la naturalisation lui soit accordée, Mme B ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions pour contester la décision attaquée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2': Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le rapporteur,
R. HANNOYERLa présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026