mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2107279 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PASTEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2021, M. B C et Mme D A épouse C, représentés par Me Pasteur, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 mai 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté leur recours dirigé contre la décision du 7 mai 2021 rejetant leur demande de regroupement familial au profit de Mme A épouse C ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de faire droit à leur demande de regroupement familial ou, à défaut, de réexaminer leur demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la condition de ressources énoncée à l'article L. 434-7, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de ses conséquences sur la situation personnelle des requérants ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C et Mme A épouse C ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant marocain né le 15 mars 1987, est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 23 février 2025. En 2020, il a sollicité le regroupement familial au profit de son épouse, Mme A épouse C. Par une décision du 7 mai 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de faire droit à sa demande. M. C a exercé un recours gracieux contre cette décision, lequel a été rejeté par une décision du 28 mai 2021. Par leur requête, M. C et Mme A épouse C demandent l'annulation de cette dernière décision.
Sur l'étendue du litige :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C doivent également être regardés comme demandant l'annulation de la décision du 7 mai 2021 par laquelle le préfet de la
Loire-Atlantique a rejeté leur demande de regroupement familial.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, d'une part, la décision du 7 mai 2021 mentionne les dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et rappelle les cas dans lesquels une demande de regroupement familial peut être refusée. Elle indique aux intéressés que la moyenne mensuelle des ressources de M. C sur la période de douze mois précédant la demande ne correspond pas aux critères d'acceptation du regroupement familial. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et est, par suite, suffisamment motivée.
5. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 et 3 du présent jugement que M. et Mme C ne peuvent utilement soutenir que la décision du 28 mai 2021 portant rejet de leur recours gracieux est insuffisamment motivée.
6. En deuxième lieu, il ressort de la motivation de la décision du 7 mai 2021 que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation des requérants. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet se serait estimé en situation de compétence liée. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille () ". Aux termes de l'article R. 434-4 de ce code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes () ".
8. Pour refuser de faire droit à la demande de regroupement familial présentée par M. C, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé ne justifiait pas de ressources suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille et que son niveau de ressources n'atteignait pas la moyenne nécessaire du salaire minimum de croissance sur la période de référence dès lors que ses ressources mensuelles s'élèvent à 976 euros net sur les douze mois précédant la date de la demande de regroupement familial. S'il ressort des pièces du dossier que la situation professionnelle de M. C a évolué depuis le dépôt de sa demande et que ses revenus s'élèvent, depuis le mois de septembre 2020, à 1 355 euros net par mois, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, M. C ne justifiait pas, sur les douze derniers mois, des ressources suffisantes pour qu'il soit fait droit à sa demande de regroupement familial. Par suite, le moyen tiré de l'erreur dans l'appréciation des ressources de M. C doit être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a épousé M. C en janvier 2020 et qu'elle était enceinte à la date de la décision attaquée. Toutefois, la situation dans laquelle la décision attaquée place les requérants n'est pas définitive et ne les empêche pas de se réunir, même pour des courtes durées. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision porte une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'atteinte excessive portée par la décision contestée à l'intérêt supérieur de l'enfant des requérants du fait de leur séparation géographique doit être écarté. Il en va de même du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur leur situation personnelle.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C et Mme A épouse C qui, s'ils s'y croient fondés, peuvent présenter une nouvelle demande de regroupement familial, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C et de Mme A épouse C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme D A épouse C et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
La rapporteure,
M. E
SAINT-DIZIER
La présidente,
S. RIMEULa greffière,
A. GOUDOU
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026